Timely n'était pas un éditeur majeur, son seul coup d'éclat fut
Captain America qui avait connu des ventes records mais dont les créateurs furent spoliés. Malgré le sérial à succès, notre brave Captain s'est effondré et il est redevenu mineur, voire oublié.
Comment cet éditeur à réussi à affronter les pires années pour les comics, qui ont vu nombre de concurrents faire faillite ?
Dans les années 50', Timely a changé de nom pour Atlas comics. Ce nom évoque quelque chose de puissant, bien que le grand public américain de l'époque ignore qu'il s'agit d'une chaîne de montagne du nord de l'Afrique. C'est un artifice, Goodman en est très friand. Mais comme il est fin éditeur, il a diversifié sa firme en lui adjoignant d'autres structures. Atlas vint de là, d'un souci de multiplier les structures et les sociétés écrans au cas ou...Cette stratégie est élevée à un certain niveau puisque 59 structures sont réunies sous le sigle Atlas.
Les éditeurs sont au nombre de cinq, dont Stan Lee, qui tutelle une des structures. Atlas chapeaute donc un ensemble se sociétés même si ce terme relève du domaine du juridique. Alors que fait «
Atlas » ? De tout ! Tout créneau susceptible de fonctionner.
Atlas publie donc des histoires dans des domaines divers tels que les comics sur le crime, le drame, l'espionnage, l'humour et le sticom, l'horreur qui fonctionne fort dans ces premières années
de la décennie, les récits d'aventure, la romance (genre crée et lancé par Joe Simon et Jack Kirby), le sport, la guerre (le conflit en Corée est proche), et le western (genre majeur au cinéma et
à la télévision).
Des personnages de cette époque existent toujours même s'ils ne sont pas de premier plan. Patsy Walker est crée, l'ancêtre du Black Knight, Rawhide Kid. Leur réapparition de nos jours n'est pas un événement mais elle fait toujours plaisir aux fans acharnés, il s'agit d'une spécialité maison de ressortir de très vieux personnages sous un léger lifting ou une nouvelle situation.
Mais Atlas connaît deux crises qui sont dus pour une part à la conjoncture, et de l'autre à la volonté d'expansion de Martin Goodman. Cela va laisser Atlas presque exsangue.
Tout d'abord, il y a cette croisade d'ordre moral qui s'abat sur les comics, rendus subitement responsables de pervertir les jeunes esprits. Il y aura donc une défiance nationale envers les
comics qui se traduit par un rejet de la part des parents, qui considèrent ce média comme abrutissant. Cette vague a même pour conséquence le fait que certains kiosques ne commandent plus de
comics ou ne les exposent plus ! Certains éditeurs et non des moindres, comme Quality ou Fox comics ferment leurs portes, EC comics doit se reconvertir de toute urgence et trouver un créneau (ce
sera Mad !). L'instauration du Comics Code obligera à expurger toute violence du contenu.
Enfin Atlas est confronté à un problème directe, Martin Goodman a confié toute sa distribution à un des plus gros diffuseur du milieu. Ce terme n'est pas choisi au hasard puisque l'Americain News Company est condamné par la justice. Et entraîne dans sa chute presque toute Atlas comics. Il en résulte que la compagnie, après avoir failli se hisser par son volume de production chez les acteurs leaders du marché, redevient la petite firme miteuse qu'elle était à l'origine, supervisée par Stan Lee, dernier capitaine à la barre !
Il faut donc tout revoir, voir même élaguer la production car Goodman a pas mal licencié de personnels et il faut puiser dans les stocks, surtout le matériel non publié qui dort dans un fameux
placard. Mais la mouvance de l'époque semble être les monstres. Ce sera quasiment le créneau porteur de Atlas comics, la firme au nom de géant qui est devenu lilliputien.
Ces histoires de monstres sont à mon avis un pur bonheur. Il s'agit de profiter du créneau des monstres fantasmagoriques qui peuplent les drive-in et plus rarement, davantage dans les années 60', la télévision. Les histoires que nous avons pu lire, celles de la fin des années 50', sont absolument fabuleuses mais elles sont rigoureusement bâties sur le même schéma bien rodé par Stan Lee dont les talents de conteurs deviennent évidents. Il est à noter que la Charlton produit des histoires similaires, avec au dessin Steve Dikto !
Un monstres arrivent de l'espace, de l'infiniment petit, est découvert par une expédition (cela peut varier), le héros est témoin ou le responsable de l'évènement, le monstre est confronté au
monde qu'il veut asservir, la menace est sublimée et semble implacable, le héros ou un savant trouve la parade, le monstre est vaincu, l'humanité respire et les héros concluent sur une parabole
sur le destin ou l'existence. De ces histoires, il reste des personnages de monstres comme Fin Fan Fang qui revient de temps à autres.Marvel a la manie d'exploiter jusqu'à la moelle certains
concepts ou d'obscures personnages.
Il s'agit d'un canevas simple, très efficace mais qui contient les germes du style de Stan Lee qui ne changera jamais plus. De plus, Jack Kirby est revenu définitivement en 1958, et son génie graphique viendra servir au mieux les scripts répétitifs de Lee pour donner une dimension graphique époustouflante que le cinéma ne peut égaler. Ces productions ont une constante, elles sont haletantes ! Toutes !
Ainsi, l
es germes d'un style ultra
efficace sont posés mais ils ne concernent pas Atlas, qui va encore changer de nom, ni même les récits de monstres, mais les super-héros que Martin Goodman souhaite relancer après avoir entendu
que cela fonctionne à nouveau, au cours d'une partie de golf avec les pontes de Dc. Après tout, cela lui avait bien réussi une première fois, avec Captain America et Jack Kirby
Les bases de l’empire actuel de Marvel, qui va sans doute
devenir un géant de l’entertainment mondial durant ce siècle, si la réussite des adaptations au cinéma sera aboutie, n’a pas été dès le départ la firme no 1. Il s’agit même d’une structure fort
modeste qui fait comme les autres tel que Victor Fox ou
Mais Timely a d’autres cordes à son arc et, comme
rigoureusement tous les autres acteurs du landernau, elle produit ce qui fonctionne et le super-héros n’est qu’une composante du marché ! Nous voyons apparaître des funny comics (la norme),
des western de guerre (tout le monde en a aussi), des western (le mythe du vieux ouest est encore très présent, leurs ultimes acteurs sont mort il y a peu). Les super-héros sont passés de mode et
ils connaissent un hiatus, en 1949, Captain America, Humain Torch et les autres sont relégués au passé.
IL est réducteur de n’envisager Timely que sous le prisme du
super-héros, loin de là. Ce fut le genre à
Timely n’a pas de réelle identité
propre, n’est pas encore bien identifiable par le grand public et leur seul succès, Captain America, s’est évaporé. Certes, il a vendu des centaines de milliers d’exemplaires, certes il a été
adapté en sérials, mais la guerre se finit en 1945 et le lectorat passe à autre chose, à un nouveau créneau que Timely s’empresse de découvrir afin d’exploiter. Justement, à la tête de Timely, en
qualité d’éditeur en chez et de scénariste principal, se trouve le jeune et pas très coûteux Stanley Lieber qui est entrer comme « gofor » (stagiaire nommé va donc) en 1941 et qui
nourrit des ambitions littéraires. Autant dire que ce n’est pas la Timely d’alors, boîte miteuse et à mauvaise réputation dans le milieu, qui va le satisfaire.
Il s'agit d'une bonne série, sympa et légère où le caractère pas toujours finaud de Ted
Kord s'affirme. Celui-ci est loin des stéréotypes puisqu'il n'utilise que des gadgets dont son vaisseau nommé Bug et qu'il se rapproche plus d'un Spider-man adulte avec le manque de chance. Si
Kord est un génie de la technologie, il ne s'est pas en revanche approprié les pouvoirs de son fétiche, ce qui est comique car on pourrait comprendre qu'il n'est pas assez futé ! La série ne va
pas marcher longtemps, ce qui est dommage pour le personnage, mais sa grande chance demeure son intégration réussie dans la Jla. Si le personnage met quelque temps pour fonctionner, son
association avec Booster Gold sera une des grandes réussites comiques de la série, où comment deux super-héros pas vraiment à la hauteur des calibres en présence, restent terriblement attachants
et forment une grande paire de copains.
Ainsi, la Charlton comics rachète les droits de ce personnage. Firme
très intéressante que la Charlton, il s'agit d'un modeste éditeur puisque basé dans le Connecticut, cette firme veille toujours à garder des coûts de productions bas (ce qui sous entend des
salaires modestes), édite ses comics sur la même et sempiternelle machine. De plus, elle est également dans la production de bois, mais son intérêt demeure de donner sa chance à une floppée de
débutants qui deviendront des pointures pour l'industrie (John Byrne, Denny O'Neil, Bob Layton...) mais aussi de s'être attaché la fidélité de Steve Dikto et de bénéficier des talents de conteur
(à une échelle quasi-industrielle) de Joe Gill !
Ce sera le chant du cygne su pack
action-heroes qui comprend notre Blue Beetle, Captain Atom ; le Peace Maker, Sarge Steele, la Question, Judomaster, Nightshade (personnage fort peu intéressant chez Charlton). Ils seront vendus à
Dc au cours de cette année 1983. D'ailleurs, la Charlton va fermer définitivement en 1986. Un belle épopée pour un éditeur singulier, qui avait sa propre identité.
Mais ce n’est pas là la seule
maison d’édition !
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