Jeudi 27 mars 2008
Atlaslog.jpeg Timely n'était pas un éditeur majeur, son seul coup d'éclat fut Captain America qui avait connu des ventes records mais dont les créateurs furent spoliés. Malgré le sérial à succès, notre brave Captain s'est effondré et il est redevenu mineur, voire oublié. Comment cet éditeur à réussi à affronter les pires années pour les comics, qui ont vu nombre de concurrents faire faillite ?

Dans les années 50', Timely a changé de nom pour Atlas comics. Ce nom évoque quelque chose de puissant, bien que le grand public américain de l'époque ignore qu'il s'agit d'une chaîne de montagne du nord de l'Afrique. C'est un artifice, Goodman en est très friand. Mais comme il est fin éditeur, il a diversifié sa firme en lui adjoignant d'autres structures. Atlas vint de là, d'un souci de multiplier les structures et les sociétés écrans au cas ou...Cette stratégie est élevée à un certain niveau puisque 59 structures sont réunies sous le sigle Atlas.

Les éditeurs sont au nombre de cinq, dont Stan Lee, qui tutelle une des structures. Atlas chapeaute donc un ensemble se sociétés même si ce terme relève du domaine du juridique. Alors que fait « Atlas » ? De tout ! Tout créneau susceptible de fonctionner. battle03.jpg

Atlas publie donc des histoires dans des domaines divers tels que les comics sur le crime, le drame, l'espionnage, l'humour et le sticom, l'horreur qui fonctionne fort dans ces premières années de la décennie, les récits d'aventure, la romance (genre crée et lancé par Joe Simon et Jack Kirby), le sport, la guerre (le conflit en Corée est proche), et le western (genre majeur au cinéma et à la télévision). 215px-BlackKnight_Atlas1.jpg

Des personnages de cette époque existent toujours même s'ils ne sont pas de premier plan. Patsy Walker est crée, l'ancêtre du Black Knight, Rawhide Kid. Leur réapparition de nos jours n'est pas un événement mais elle fait toujours plaisir aux fans acharnés, il s'agit d'une spécialité maison de ressortir de très vieux personnages sous un léger lifting ou une nouvelle situation.

Mais Atlas connaît deux crises qui sont dus pour une part à la conjoncture, et de l'autre à la volonté d'expansion de Martin Goodman. Cela va laisser Atlas presque exsangue.
Tout d'abord, il y a cette croisade d'ordre moral qui s'abat sur les comics, rendus subitement responsables de pervertir les jeunes esprits. Il y aura donc une défiance nationale envers les comics qui se traduit par un rejet de la part des parents, qui considèrent ce média comme abrutissant. Cette vague a même pour conséquence le fait que certains kiosques ne commandent plus de comics ou ne les exposent plus ! Certains éditeurs et non des moindres, comme Quality ou Fox comics ferment leurs portes, EC comics doit se reconvertir de toute urgence et trouver un créneau (ce sera Mad !). L'instauration du Comics Code obligera à expurger toute violence du contenu. ait09.jpg

Enfin Atlas est confronté à un problème directe, Martin Goodman a confié toute sa distribution à un des plus gros diffuseur du milieu. Ce terme n'est pas choisi au hasard puisque l'Americain News Company est condamné par la justice. Et entraîne dans sa chute presque toute Atlas comics. Il en résulte que la compagnie, après avoir failli se hisser par son volume de production chez les acteurs leaders du marché, redevient la petite firme miteuse qu'elle était à l'origine, supervisée par Stan Lee, dernier capitaine à la barre !

Il faut donc tout revoir, voir même élaguer la production car Goodman a pas mal licencié de personnels et il faut puiser dans les stocks, surtout le matériel non publié qui dort dans un fameux placard. Mais la mouvance de l'époque semble être les monstres. Ce sera quasiment le créneau porteur de Atlas comics, la firme au nom de géant qui est devenu lilliputien. 29-1.jpg

Ces histoires de monstres sont à mon avis un pur bonheur. Il s'agit de profiter du créneau des monstres fantasmagoriques qui peuplent les drive-in et plus rarement, davantage dans les années 60', la télévision. Les histoires que nous avons pu lire, celles de la fin des années 50', sont absolument fabuleuses mais elles sont rigoureusement bâties sur le même schéma bien rodé par Stan Lee dont les talents de conteurs deviennent évidents. Il est à noter que la Charlton produit des histoires similaires, avec au dessin Steve Dikto !

Un monstres arrivent de l'espace, de l'infiniment petit, est découvert par une expédition (cela peut varier), le héros est témoin ou le responsable de l'évènement, le monstre est confronté au monde qu'il veut asservir, la menace est sublimée et semble implacable, le héros ou un savant trouve la parade, le monstre est vaincu, l'humanité respire et les héros concluent sur une parabole sur le destin ou l'existence. De ces histoires, il reste des personnages de monstres comme Fin Fan Fang qui revient de temps à autres.Marvel a la manie d'exploiter jusqu'à la moelle certains concepts ou d'obscures personnages. st079s.jpg

Il s'agit d'un canevas simple, très efficace mais qui contient les germes du style de Stan Lee qui ne changera jamais plus. De plus, Jack Kirby est revenu définitivement en 1958, et son génie graphique viendra servir au mieux les scripts répétitifs de Lee pour donner une dimension graphique époustouflante que le cinéma ne peut égaler. Ces productions ont une constante, elles sont haletantes ! Toutes !

Ainsi, l tta10s.jpg es germes d'un style ultra efficace sont posés mais ils ne concernent pas Atlas, qui va encore changer de nom, ni même les récits de monstres, mais les super-héros que Martin Goodman souhaite relancer après avoir entendu que cela fonctionne à nouveau, au cours d'une partie de golf avec les pontes de Dc. Après tout, cela lui avait bien réussi une première fois, avec Captain America et Jack Kirby

Par Bastien AYALA
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Mercredi 26 mars 2008

timely-logo.jpg Les bases de l’empire actuel de Marvel, qui va sans doute devenir un géant de l’entertainment mondial durant ce siècle, si la réussite des adaptations au cinéma sera aboutie, n’a pas été dès le départ la firme no 1. Il s’agit même d’une structure fort modeste qui fait comme les autres tel que Victor Fox ou  Everett Arnold . Elle prend le train en marche et tente de profiter de ce boom d’édition que demeure les comics.


 



L’entrepreneur de Timely est Martin Goodman, il a commencé dans le pulps avec des associés mais il tente de faire fortune seul. Pour cela, il fait rigoureusement comme les autres, il fonde une société d’édition puis choisit un studio artistique prestataire de services pour avoir un contenu artistique à publier. Ainsi techniquement, le no1 de Marvel comics n’est pas une création en interne mais bien la création d’un studio indépendant du marché. Ce premier numéro atteint quand même le score de 80.000 exemplaires et d’autres créations sont lancées de la même manière. Vous connaissez sûrement Ka-zar, Namor, Human Torch.  Ils ont tous un succès honorable, mais ils ne sont pas les locomotives du marché actuel. En revanche, un héros qui obtient un titre et qui demeure relativement anonyme de nos jours se nomme Red Raven (vu dans un vieux back-up avec Angel).  redraven1.JPG  

Martin Goodman ne se démonte pas. Ce qu’il veut ? Obtenir des résultats ou plus exactement des gains. Il engage pour cela une paire créative de grand talent qui intègre l’éditorial pour produire ses comics en interne, Joe Simon et Jack Kirby. Les deux hommes vont élaborer et mettre au point Captain America, un héros qui surfe sur le souffle et la ferveur patriotique de la seconde guerre mondiale. ¨Pour la première fois, Goodman tient un hit, le comics se vend à 1 million d’exemplaire. Tout le monde est ravi, quoique ce margoulin de Goodman sursoit automatiquement pour reverser les bénéfices à la paire créative. Le stratagème est vite compris par les deux hommes, qui claquent la porte et vont vivre une belle épopée éditoriale de leur côté.  

Captain America vient donc d’une entourloupe envers Jack Kirby par Martin Goodman, ce ne sera pas la seule, ironiquement. Martin Goodman est un requin et il semble que ce soit la norme dans cette belle Amérique qui a connu les affres de la grande dépression.  

180px-YoungMen25.jpg Mais Timely a d’autres cordes à son arc et, comme rigoureusement tous les autres acteurs du landernau, elle produit ce qui fonctionne et le super-héros n’est qu’une composante du marché ! Nous voyons apparaître des funny comics (la norme), des western de guerre (tout le monde en a aussi), des western (le mythe du vieux ouest est encore très présent, leurs ultimes acteurs sont mort il y a peu). Les super-héros sont passés de mode et ils connaissent un hiatus, en 1949, Captain America, Humain Torch et les autres sont relégués au passé.    

Il Comedy.jpg IL  est réducteur de n’envisager Timely que sous le prisme du super-héros, loin de là. Ce fut le genre à  l’origine du succès de la firme mais pas la seul domaine à exploiter. Ainsi le lectorat féminin n’est pas oublié avec l’infirmière de nuit, ou encore la plantureuse Blond Phanthom, adaptation du justicier urbain en mode plus glamour. Les funny animals ont tous un clone de Superman en animaux, Timely propose le sien. Bref, quand il y a un créneau, une niche, Timely l’exploite en espérant récupérer les meilleurs morceaux, quoique n’ayant pas forcément les meilleurs artistes (Martin Goodman visait plus les profits que les investissements). Ainsi, nous pouvons dénombrer une multitude de créneaux qui sont le sport, les récits bibliques, les aventures d’ explorateurs ou encore les récits de chevaliers (dont est issu une première mouture du chevalier noir !). Nellie.jpg

Bref, torch.jpg Timely n’a pas de réelle identité propre, n’est pas encore bien identifiable par le grand public et leur seul succès, Captain America, s’est évaporé. Certes, il a vendu des centaines de milliers d’exemplaires, certes il a été adapté en sérials, mais la guerre se finit en 1945 et le lectorat passe à autre chose, à un nouveau créneau que Timely s’empresse de découvrir afin d’exploiter. Justement, à la tête de Timely, en qualité d’éditeur en chez et de scénariste principal, se trouve le jeune et pas très coûteux Stanley Lieber qui est entrer comme « gofor » (stagiaire nommé va donc) en 1941 et qui nourrit des ambitions littéraires. Autant dire que ce n’est pas la Timely d’alors, boîte miteuse et à mauvaise réputation dans le milieu, qui va le satisfaire.    

Même si ces débuts ne sont pas glorieux, la suite sera encore plus intéressante avec un nouveau nom, un volume de production incroyable, une débâcle due à un diffuseur véreux et le retour du prodige Jack Kirby…

Note : Pour mieux connaître cette période fort intéressante, je vous recommande vivement de commander l'indispensable ouvrage de Francis Saint Martin, au prix de 8 euros + 1.5 de port à Mr Francis Saint Martin, 1 avenue du Dr Dhers, 64300
Orthez. Le must absolu !
Par Bastien AYALA
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Mardi 25 mars 2008
Quality comics est un des nombreux acteurs qui ont tenté de profiter du boom des comics. Dés son début, le fameux golden age où les espoirs de créer des icônes aussi fameuses que Superman ou qu'un Mickey mousse étaient dans tous les esprits. Quality est donc une firme, relativement modeste mais qui reste dans l'histoire grâce à ses personnages  encore publiés chez un concurrent de l'époque, National Publication alias Dc. national4.jpg

A cette époque, monter une boîte de comics n'était pas une affaire de créateurs mais bien d'entrepreneur. Les personnages, les créateurs et le contenu venaient après. Martin Goodman a « eu » Human Torch et Namor comme cela, et l'aventure de Quality débute ainsi.
En l'occurrence, l'entrepreneur en question se nomme Everett M. Arnold, un imprimeur qui se dit qu'il peut tenter sa chance et avoir sa part d'un gâteau qui grossit démesurément. Il s'adresse donc à un studio de production artistique fondé par Harry Chelser puis celui de Jerry Iger et Will Eisner qui forment un studio de production qui fera date. Ce fut une constante de l'époque, de dissocier le créatif de la l'éditorial mais de nos jours, cette pratique d'externalisation n'a plus cours.
Le studio de Jerry Iger et Will Eisner est reconnu de nos jours. Bien que petit, il compte de grands artistes à commencer par Will Eisner lui-même, légende renommée des comics, qui a donné de grands morceaux de bravoure aux comics à la fois dans sa forme (par ses innovations techniques) que par sa portée (il a aidé à l' institutionnalisation des graphics novels). Son personnage le plus connu demeure le Spirit, qui n'est resonnu que par une poignée de convertis en France mais le film de Franck Miller pourrait changer la donne. spiritcover1.jpg

Justement le Spirit demeure une des icônes les plus représentatifs de la firme, il suit le schéma classique du héros urbain et il es représente les meilleurs moments. Un accord spécial avec Everett M. Arnold permit à Will Eisner de garder les droits du personnage qu'il avait crée (ce fut un visionnaire averti). De plus, Everett M. Arnold fit en sorte que le personnage puisse se décliner en strip, ce qui était le signe d'une audience supplémentaire qui pouvait se reporter sur les comics de la firme. kid-eternity.jpg

Pour l'heure, les grandes figures de la firme sont Uncle Sam, le Ray, Miss America, Dollman, Black Condor, Kid Eternity, Human Bomb et Plastic Man !
Mais il y en a eu tellement d'autres ! Des concepts variés de justiciers urbains et des êtres bigarrés à pouvoirs. Il y a une très large kyrielle de personnages qui furent crées et de multiples genres porteurs furent abordés comme la guerre, l'espionnage, l'action, l'humour...
Quality comics justifie son nom grâce à la réelle qualité de ses dessinateurs/artistes qui travaillent pour la firme.
Des grands de l ‘époque comme Jack Cole (le créateur de plastic man) ou Lou Fine (un grand de l'époque qui inspira Jack Kirby) furent certains de ces acteurs de talents. smash14.jpg

Une remarque sur les concepts de la firme, ils ont des connotations très patriotiques qui m'ont paru toujours singulières et trop américains. Uncle Sam est un concept typiquement américain qui nous est difficilement assimilable. Dollman semble être juste un concept basic, et je suis étonné du nombre d'aventures qu'il a eu.
Le plus intéressant de l'époque semble être the Ray, qui est donc le premier super-héros solaire (Photonik est conceptuellement un lointain descendant) et il a connu de bonnes aventures, dues encore une fois à Lou Fine dont on dit que le style est explosif pour l'époque ! smash-comics.jpg

Plastic man est une exception pour la firme, il est un personnage dont le traitement et la dynamique se trouve être au croisement du ton des Funny Animals et du super-héros.
Des aventures très détendues et peu sérieuses qui usent des constantes du super-héros sur un ton léger et frais. Une fois encore, Jack Cool possède un énorme crédit créatif et son œuvre une excellente aura. plasticman48-copie-1.jpg

De grands créateurs, des concepts nationaux, Quality comics ne sut enrayer la désaffection de son lectorat et les lecteurs eurent d'autres distractions comme les livres de poche, qui devenaient plus accessibles, et la télévision qui s'implanta pour de bon dans les foyers américains. Il faut également prendre en compte la vague de moralité très forte qui s'abatit sur le pays (le MacCartysme, le Dr Wertham) pour expliquer cette période noire pour les comics. Ainsi Plastic man fut le dernier héros en activité et il s'arrêta vers 1955, seul BlackHawk, des super pilotes continuèrent un peu, jusqu'à ce que Everett M. Arnold se décide à vendre sa firme à l'acteur majeur et numéro 1 depuis le début : Dc comics !

Everett M. Arnold eut, contrairement à des margoulins comme Victor Fox et Martin Goodman, une excellente réputation avec les artistes et les créateurs. Généreux, reconnaissant pour les travaux et les efforts, Everett Arnold était surnommé « l'occupé » tellement il était prolixe( ce surnom lui avait été donné dès l'enfance !). Il a permis à Will Esneir de conserver ses droits sur le Spirit, et ce fut un comportement exemplaire et remarquable, alors que l'industrie est assez féroce et que la notion de droits des créateurs demeure une gageure.
La firme Quality s'arrêta donc en 1956 dans leurs propres pages. C'est une année paradoxale pour car les comics : d'une part elle semble enterrer la fin définitive du golden age, avec des faillites à la pelle, mais del'autre, Dc va bientôt revitaliser ses vieux héros de ce fameux âge d'or comme Flash et Green Lantern.

Ceci sera le début de l'âge d'argent qui donnera une seconde impulsion aux super-héros et agitera de nouveaux les firmes de comics vers une nouvelle direction, que suivra Atlas comics, future Marvel !

Par Bastien AYALA
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Lundi 24 mars 2008
Lucio Fulci avait connu un échec en salles avec son dernier film, le très bon Emmurée vivante. Il végètait au purgatoire des réalisateurs TV pour réaliser des shows de peu d'intérêt et même un documentaire sur la technique de la voile ! Mais un grand succès dans le domaine de l'horreur est annoncé : la suite du fameux Nuit des morts-vivants et les producteurs italiens, fins margoulins, s'affolent. Il va donc en résulter cet excellent film qui s'inspire de son modèle pour lui faire de l'ombre, un cas unique !
affiche-francaise.jpg

Fabbrizio De Angelis est un producteur qui veut voir son retour sur investissements, aussi il saisit l'occasion de la nouvelle vague de zombies portée par le leader américain, Dawn of the dead coproduit par Dario Argento. Pour mettre en marche sa production, il va contacter un efficace scénariste, Dardano Sachetti et sa femme Elsa Briganti, puis il fait faire une affiche de production,  il se rend aux marchés du film pour prévendre son film et amasser l'argent qui lui permettra de financer son produit. Une fois qu'il a l'argent, il en garde une part, puis il met sur pied une équipe pour boucler le tout. Sa bonne idée aura été de contacter Lucio, après la défection de Castelari, qui végète malgré son talent et son tempérament. De Angelis a été impressionné par l'emmuré vivante, ses qualités techniques, et son inclination morbide. Alors il réunit Lucio Fulci et son crew technique pour le film. Fulci revoit le scénario de Sachetti avant le tournage car il est excellent pour visualiser le script et en appréhender les défauts.

Le tournage se fait sans problèmes majeurs mais le casting n'est pas de première main. Il y a Luigi Conti, alcoolique notoire, puis Ian MacCulloch. Un cas ce MacCulloch, c'est en quelque sorte le Roger Moore du Z. Il n'a pas plus de trois expressions d'acteur dans son répertoire, et il regarde les pires atrocités avec le regard perdu d'un quidam qui ferait la queue à une caisse d'un supermarché ! Saisir les plans où il cache sa calvitie demeure un des petits plaisirs du fan du film. Richard Johnson demeure le nom prestigieux de ce film, il intérprète avec beaucoup de conviction le médecin confronté à l'impossible qui cherche une raison à ce cataclysme au lieu de fuir. Une rumeur laisse entendre que Lucio et son équipe tournent à toute vitesse pour boucler le tournage afin de profiter du cadre idyllique du tournage ! affiche-italienne.jpg

Idyllique ? Pas pour les protagonistes de l'histoire, jugez plutôt :
Un bateau de plaisance parvient au port de New-York mais il semble ne pas avoir de membres à bord. La police fluviale l'accoste et les deux policiers sont attaqués par un gros zombie, celui de l'affiche française, qui criblé de balles, tombe finalement dans l'eau.
La police fait une enquête, de même qu'un reporter et la fille du propriétaire du bateau. Tous les indices mènent vers Matul, aux Caraïbes. Un petite île perdue que les protagonistes vont rejoindre en louant un bateau dont les propriétaires ont assez peur de se rendre là-bas. Lors d'une baignade, une des deux femmes se fait attaquée par un zombie ! Il s'agit d'une scéne réellement stupéfiante qui confronte un cascadeur et un vrai requin ! Une performance jamais égalée par aucune autre production, même Holywoodienne !

Arrivé sur l'île, ils s'aperçoivent qu'une sorte d'épidémie a ravagé l'île et que le dernier point de civilisation semble être une vieille église en bois qui sert de dispensaire au médecin local. Ce dernier leur demande d'aller chercher sa femme qui se situe à l'autre bout de l'île, et de la ramener avec la voiture au dispensaire. Mais, est-il encore temps ? zombi2.jpg

Or, les zombies ont déjà investi cette partie de l'île et le sort de l'épouse sera l'un des plus authentiquement gore que l'on ait jamais vu. Les héros repartent le plus vite possible, poussé par un puissant instinct de survie.
Sur le chemin, un zombi traverse la route et en l'évitant par réflexe, ils se trouvent à mi-chemin du seul salut provisoire : le dispensaire ! zombies-nuit.jpg

Quand les survivants arrivent au dispensaire, l'épidémie est à son summum, tous les cadavres de l'île se lèvent et vont agresser les vivants. Pire, ils convergent vers l'ultime lieu qui leur résiste, le dispensaire, où se trouvent le docteur, ses assistants et des malades qui sont en train de rendre leur dernier souffle. Il y a une scène fantastique où nos héros arrivent avec beaucoup de difficultés à quelques mètres du dispensaire. Sur leurs talons, des formes spectrales des zombies se détachent et l'on entend même leur souffle roque et menaçant. La beauté picturale de ce plan est de toute merveille. Là, nos héros vont revivre un Fort Alamo version zombi qui sera gore mais épique. La représentation du péril extrême est un des points fort du film et il ne quittera plus nos protagonistes.

Une poignée d'entre eux va rejoindre le bateau et partira rejoindre le continent.
Ils se demandent si ils doivent avertir les autorités et les médias, mais ils savent qu'on les prendra pour des fous. Toutefois, le zombi du début ainsi que le policier agressé n'ont pas été inactifs puisque l'invasion de New-York est en marche... zombi5.jpg


Voilà donc l'histoire de ce film très réussi. Sa structure repose sur le thème du piège. Une fois que les quatre héros posent le pied sur l'île malgré les avertissements, ils sont exposés au risque. Pire, en allant chercher la femme du médecin, ils traversent l'île pour une odyssée de l'horreur et du péril. Enfin, quand ils atteignent finalement sur leur moyen de fuir le l'île, le bateau, ils se rendent compte que le péril sera partout !

Ce sentiment d'angoisse est fabuleusement distillé par Fulci et, quand il se concrétise, le choc du gore et de la violence demeure total. Les personnages meurent dans la douleur, les zombies sont bien la personnification de la mort, ils n'ont que pour seul réflexe d'agresser les vivants.
Un autre point de détail qui demeure très intéressant, les héros entendent ,quand ils sont sur le chemin de la maison du docteur, les tam-tam des rituels vaudous. On nous explique que les habitants sont partis de réfugier sur une partie de l'île. S'agit-il du lieu où tout à commencé ? La clef du mystère se trouve la-bas ? Cet élément à toujours été occulté par les critiques et nul n' y a fait allusion.

Pour ce qui est de la destinée du film, le film va avoir un gros succès dans les circuits spécialisés (30 millions de $ de chiffre d'affaires). Lucio va enchaîner sur Frayeurs, l'Au-delà, puis la maison près du cimetière et sa carrière et son talent vont être reconnue.
Ce qu'il y a d'amusant, c'est que ce film qui est à la base une copie, va engendrer lui-même des copies ! Ce sera le très gore et infiniment Z Zombi Holocaust avec le sémillant mais nul Ian Mac Culloch. L'enfer des zombies se nomme en Italie Zombi 2, Dario Argento n'a pas apprécié. De fausses suites se nommeront Zombi 3, il y en aura au moins 3 ! L_Enfer_des_Zombies_Ed_Simple_200p.jpg

La superbe édition vidéo de Neo publishing qui a produit deux Dvd. Le second collector demeure fort exigent en termes de contenu !

Le génie de Lucio Fulci sera reconnu, mais aucun producteur ne viendra le chercher même si les réalisateurs connaissent son travail,  George Romero lui-même avoue avoir vu ce film !
Une nouvelle ère du film d'horreur est naît de fait, même si ses auteursn'en furent pas conscients. L'avènement de la vidéo va consacrer Lucio Fulci et lui offrir une visibilité mondiale, ainsi qu'une reconnaissance du public. Mais lui-même n'en profitera que fort peu. Les italiens n'étant pas cabables de profiter du boom de la vidéo, ils sont manquer de renouveler ce pan de leur industrie autrefois si dynamique !
Quel  dommage pour ce réalisateur d'être ostracisé pour son appartenance au domaine de l'horreur (la critique officielle a toujours eu un violent dédain pour ce genre, surtout à l'époque). Mais grâce à cette période gore, nous avons pu prendre connaissance de certaines œuvres antérieures qui sont également de premier plan.
Pour la dernière version de l'île du docteur Moreau, le premier réalisateur voulait lui rendre hommage ! En tout cas, une légion de fans (qui se renouvelle) vont apprécier le talent du réalisateur, qui doit être supplée par une bonne équipe technique pour être efficace, et celui-ci leur livrera encore quelques œuvres qui resteront !

  Pour commander le film, cliquez ici. Pour lire une autre critique afin de varier les opinions, je vous recommande psychovision. Le trailer qui suit devrait vous inciter à le faire. Enfin, je vous signale l'excellent et exigeant site française de Lucio Fulci qui demeure relativement récent : Lucio Fulci.fr !

Par Bastien AYALA
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Samedi 22 mars 2008
Marvel comics s'est rapidement imposée première dés le boom de Stan Lee/Jack Kirby dans les années 60', mais elle n'a jamais pu bénéficier de la capacité de pénétration des médias dont profitait Dc depuis les débuts. Rappelons que les sérials de Batman et de Superman, ainsi que son dessin animé très coté des studios Fleisher, ont permis à Dc de s'imposer comme le détenteur de licences les plus connues par la société américaine.
Qu'en est-il de Marvel, la numéro 1 du marché et de ses fameux personnages ? drstrange5_large.jpg

L'ironie est que Captain America, né en 1941, s'est imposé assez vite à l'écran avec son sérial de la Républic. Le problème est que ce fut là un essai isolé dans le golden age. Durant le silver age, lorsque le feuilleton de Batman cartonnait, Marvel n'eut qu'une vague de cartoons.
Il s'agit de deux types de productions distinctes, la première est le fameux dessin animé de Spider-man supervisé par Ralph Bakshi (qui est passé avec 10 ans de retard en France), puis d'une série de cartoons indigents et aux chansons françaises outrancierment ridicules qui animent les comics cases par cases. Ils semblent que ces derniers soient ressortis en 2006 après une vieille diffusion disparate en k7 vidéo. Bref, la Marvel accuse un retard en terme de diffusion dans les autres médias.                                                                                                                              strange-poster.jpg

Mais ô victoire annoncée, le célébrissime Stan Lee abondonne ses fonctions éditoriales (après avoir abandonné de scénariser) pour devenir le représentant et VIP de Marvel. On attend de lui qu'il débloque la situation. Aussi, quand le Superman de Richard Donner casse la baraque de plusieurs pays, quatre titres sont adaptés, à la télévision. Le deal est signé avec Universal, le problème est qu'il s'agit de la division télé de Universal.
Qui dit télévision dit rigueur budgétaire puis formatage pour mettre au point une formule simple et que l'on peut répéter à longueur de saison. De ce quator de choc (pour nos esprits), seul Hulk est décent voire intéressant (les deux téléfilms furent visibles en salles). Captain America s'écroule au bout de deux téléfilms (dont seul le premier nous est parvenu en salles), Spider-man a eu deux téléfilms (les deux en salles également) puis 13 épisodes en série télé. Tous furent exploités en salles en France, tous sauf un grand absent, le docteur Strange !

Etait-il trop nul ? Les distributeurs français ne croyaient-ils pas en son potentiel ?
Je me suis posé ces questions pendant bien longtemps jusqu'à la découverte d'un extrait sur youtube, que je vous propose qui m'avait bien refroidi. Finalement, le verdict final s'est fait après la vision de l'objet mystique ,le téléfilm en question semble n'avoir jamais été exploité en location nulle part, ni ressorti ultérieurement. Y avait-il une volonté de la cacher ? drstrange8_large.jpg

Stephen Strange est en l'espèce un médecin psychiatre. Une de ses patients se jure qu'une sorcière d'un autre plan dimensionnel veut se servir d'elle pour gagner notre plan et conquérir le monde. Des signes étranges, événements ou accidents se produisent et notre héros doute, tandis que sa patiente paraît de plus en plus sous l'influence d'un tiers. Il demandera conseil chez un maître de l'occulte, l'ancien, qui lui dévolue le rôle de sorcier suprême. Le destin l'a choisi pour affronter Morgane La Fey...

Ce téléfilm n'est pas une franche réussite et, une fois de plus, il adopte certains éléments du comics et en délaisse d'autres. Ainsi Cléa, Wong et le sorcier suprême sont présent, mais ce dernier est un bon américain ! Toutefois, l'ensemble se laisse regarder avec beaucoup d' indulgence. Les moyens de la télévision obligent à des décors en cartons pâte, souvent mal éclairés et des effets spéciaux basiques et flashy. Donc, vous avez toute latitude pour vous faire propre avis. 3d_dr_strange_medium.jpg

L'acteur principal, Peter Hooten, n'a pas connu une longue et distinguée carrière. J'ai eu la surprise de le voir au générique d'un Joe D'Amato, 2020 Texas Gladiator, pur joyau du cinéma bis italien tourné dans des usines désaffectées depuis les années 50' ! Son interprétation n'est pas mauvaise, elle semble même être un des points positifs du téléfilm.
Les effets spéciaux sont ce que la télé US peut produire de convenable en raison de l'exigence de l'œuvre, c'est basique mais ça suffit à peine.

Le sujet de l'histoire qui consiste à opposer Strange à la Fée Morgane est par contre décevant.
Qu'à fait Stan Lee pour assurer un minimum de cohérence par rapport à son œuvre ?
Revenons un peu sur le docteur Strange, il s'agit d'un personnage dont la meilleure période, celle de Steve Dikto, voit ce personnage lutter dans des dimensions psychédéliques et des menaces intangibles que seul son dessin pouvait nous représenter. Il s'agit d'une réussite majeure du neuvième art, que le cinéma pouvait difficilement égaler. D'ailleurs, Steve Dikto lui-même était passablement énervé que l'on est pu interprété ces visions graphiques comme une ode au mouvement Hippie ! 18066-111106-1-strange-tales_400.jpg

Ce téléfilm était censé être le premier d'une série, un pilote, mais il n'a pas du rencontrer beaucoup de succès puisque rien n'a suivi. Est-ce vraiment à regretter ?
Sinon, un projet de film à traîné pendant longtemps à Hollywood avec pour réalisateur un temps attaché, Francis Ford Coppola himself. Mais là encore, le potentiel commercial du projet ne semblait pas en phase avec les attentes du public (selon les visions des producteurs, bien sûr). Toutefois, comme la Marvel va produire elle-même ses œuvres, gageons que le docteur Strange nous parvienne tôt ou tard (dans la prochaine décennie). Alors, il faudrait qu'elle explore les fabuleuses visions de Steve Dikto !

Note : Superpouvoir revient sur les adaptations manquées de notre docteur !

Enfin, pour vous faire une idée, cliquez !

 

Par Le Royaume des Avis
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Samedi 22 mars 2008
3ème partie : morts en série...

Nous sommes dans les années 80, au début. Dick Gordiano est un éditeur bien installé qui a du poids. Charlton est en demi sommeil depuis quelques années et Dc négocie les droits du pack « action héros » qui comprend Blue Beetle, la Question, Captain Atom, Peacemaker, Sarge Steele, Judomaster et Nightshade ! C'est en 1983 que les droits sont vendus mais les personnages dorment quelques temps, pour être finalement intégrés de force dans l'épopée Crisis en 1985, qui est véritablement un grand brassage pour la firme. D'ailleurs les versions Charlton de ces héros vont être intégrées tel quel, certains seront remaniées. Qu'en sera-t-il pour notre Blue Beetle ?

Il participe à Crisis où il est plutôt mis en valeur, mais c'est bien la version Ted Kord que l'on retient. Son retour se produit dans Secret Origins 2 écrit avec talent par Len Wein. Il reprend le passage de flambeau entre les deux Blue Beetle, Garett et Kord. Le premier est le professeur/super-héros qui tombe dans un piège sur une île. Il meurt héroïquement en passant à Ted Kord la source de ses pouvoirs, le fameux scarabée bleu.
Cette histoire est plutôt bonne, de haute tenue et la charge émotionnelle est bien présente.
Ii s'agit d'une transition en bonne forme et le Blue Beetle II (ou III si on compte l'original) débute dans sa série avec Len Wein et dessinée par Paris Curis. 3142_4_01.jpg

Il s'agit d'une bonne série, sympa et légère où le caractère pas toujours finaud de Ted Kord s'affirme. Celui-ci est loin des stéréotypes puisqu'il n'utilise que des gadgets dont son vaisseau nommé Bug et qu'il se rapproche plus d'un Spider-man adulte avec le manque de chance. Si Kord est un génie de la technologie, il ne s'est pas en revanche approprié les pouvoirs de son fétiche, ce qui est comique car on pourrait comprendre qu'il n'est pas assez futé ! La série ne va pas marcher longtemps, ce qui est dommage pour le personnage, mais sa grande chance demeure son intégration réussie dans la Jla. Si le personnage met quelque temps pour fonctionner, son association avec Booster Gold sera une des grandes réussites comiques de la série, où comment deux super-héros pas vraiment à la hauteur des calibres en présence, restent terriblement attachants et forment une grande paire de copains.
Leurs éclats de rire, leurs tentatives pitoyables de draguer Wonder Woman, ou leurs gags en firent un duo très appréciés par les lecteurs. Ils ont été fort bien personnifiés par Keith Giffen. Ils s'agit d'une autre orientation que la série de réféence, les X-men de Claremont. Dc réussit donc à proposer un comics différent du leader mais tout aussi intéressant.

L'abondon de Giffen porte un coup à la série et ses successeurs seront moins capables, si ce n'est moins inspirés. Un aspect du personnage qui sera fort intéressant, Ted Kord a un problème cardiaque qui le condamne à court terme.

Bob Layton et Dick Gordiano parviennent à faire publier une mini-série de 6 épisodes sur une équipe composée de ces « actions-héroes ». Ce sera qui, c'est un grand regret, ne sera pas mémorable pour ses qualités en terme d'histoires ni de dessins trop « old-school ». Le scénario voit la Jla exiler dans les limbes par un ennemi mystique, puis une menace d'ordre mondiale planer sur la terre et enfin l'intervention de cette team réunie de manière improbable. La bonne idée aura été les 6 couvertures que forment ces personnages dessinée par Bob Layton et le traitement de  Nightshade. 7223-51450-1-l-a-w--living-assau_150.jpg

  Un nouvelle incurision de haute tenue Giffen/De Matteis / Maguire reprendra le ton et la plupart des personnages pour deux mini-séries. La magie reprend et les personnages passent leur temps à se chamailler, à se déchirer mais surtout à s'aimer de manière fraternelle. A leur tête se trouve le milliardaire/bonimenteur Maxwel Lord. Le titre et la formule plaisent, le succès est au rendez-vous. Les fans espèrent lire des mini-séries de temps à autres sur cette réunion hétéroclytes de personnages haut en couleur dont la performance et l'infaillibilité ne sont pas les points forts.

Dc a toujours un peu flotté par rapport à Marvel en terme d'agressivité commerciale ou d'ambitions en terme de lutte. Dan Dido va venir puis il décrète un grand chambardement pour un nouveau Crisis qui fait suite à un Identity Crisis fort réussi. Dans ce genre de saga, il faut un élément marquant (en clair, tuer quelqu'un) et Dan Dido indique que Nightwing et Blue Beetle sont à surveiller. Nightwing  a failli y passer  ! Peu engageant comme gestion de l'événementiel. 18410-107912-2-countdown-to-infinit_150.jpg

Blue Beetle II y trouve son sort funeste lors du prologue Countdown to Infinity Crisis par les mains de Maxwel Lord. C'est à la fois regrettable pour l'intérêt que l'on porte à ce personnage mais aussi à la destruction de fait de l'ère Jla de Keith Giffen que le trio venait de reprendre avec bonheur...En tout cas, si Dan Dido s'intéresse encore de cette manière aux personnages de Dc, on va assister à une hécatombe ! IL est à noter, que le héros se savait condamné suite à de graves problèmes cardiaques...

La saga Infinity Crisis qui ressent la direction éditoriale très forte introduit le nouveau Blue Beetle, le III du nom. Jamie Ryes trouve le scarabée dans l'épisode 5 lors de la destruction du rocher de l'éternité et la mort du sorcier Shazam. Le scarabée bleu est une fusion des deux approches des Blue Beetle en mixant la technologie et un héros diablement humain. Il jouera un rôle décisif dans la découverte de Big Brother et ce sera tout. le-nouveau.jpg

Il s'en suit une série continue avec Keith Giffen, Cully Hammer et John Rogers. Il s'agit d'un ton proche de Spider-man dans l'approche mais Invincible est déjà passé par là, et il a fait mieux. Le titre descend dans les profondeurs des ventes, il est peu intéressant et il s'agit d'une tentative loupée. Dommage d'avoir tué un grand personnage alors que celui-ci aurait aisément pu être créer différemment, et  son aura est bien moindre que les précédents...

Enfin, le Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore rend hommage aux deux premières incarnation de Blue Beetle à travers le personnage du Hibou qui entretient des liens de maître/ élève avec la première incarnation. Il est à noter que la première intention de Moore fut de reprendre ces personnages de Charlton mais Dick Gordiano aurait un peu frémi. Mais il est avéré que Dc avait des plans pour les « action heroes » de Charlton (titre en solo pour Captain Atom, Blue Beetle puis la Question, Sarge Steele inclus dans Suicide Squad ).
Dommage pour ces héros qui auraient de fait pu être adaptés au cinéma si les héros de la Charlton furent séléctionnés... 09watchmengroup.jpg

Ainsi, Blue Beetle est personnage qui a connu une destinée singulière et pittoresque dans le monde des comics. Il est né lors du golden age où il a été adapté en daily strips, en show radio puis s'éteint. Sa seconde ère le voit revenir sous un second concept qui le dénature totalement,  après un hiatus, il revient sous le crayon d'un des plus grands artistes du média pour enfin être racheté une seconde fois, puis finalement mourir pour une ultime réincarnation.  Il s'agit définitivement d'un personnage secondaire, copie de models existants mais qui aboutit à une caractérisation réussie, pour finalement aboutir à une nouvelle mouture pour le moment décevante. Enfin, sait-on jamais...

 

Par Bastien AYALA
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Vendredi 21 mars 2008

2ème partie

Blue Beetle a donc cessé d'exister avec l'effondrement de Fox comics, qui coïncide avec l'essouflement des super-héros. Mais le personnage semble avoir eu quelque résonance significative dans le domaine des comics, qu que soit le lectorat et ceux qui se trouvent aux commandes des firmes. Retour sur un destin surprenant.

Le super-héros est un genre à priori mort pour les comics. La plupart ont cessé d'exister et le gros du lectorat plébiscite plutôt les funny animals (influence de Disney) ou encore le western (genre ultra populaire). Mais il y a un événement télévisuel qui se produit à la télévision, il s'agit de la première série de Superman qui a un énorme retentissement pour les kids. Cette version avec George Reeve demeure dans tous les esprits, et son succès est énorme (deux saisons en noir et blanc, le reste en couleur). Une fois de plus, Superman stimule l'industrie et l'avènement du silver age, que ce soit chez Dc ou en ce qui nous concerne, pour le Blue Beetle et les autres personnages de l'âge d'argent, qui lui doivent beaucoup.

Charltlo.jpeg Ainsi, la Charlton comics rachète les droits de ce personnage. Firme très intéressante que la Charlton, il s'agit d'un modeste éditeur puisque basé dans le Connecticut, cette firme veille toujours à garder des coûts de productions bas (ce qui sous entend des salaires modestes), édite ses comics sur la même et sempiternelle machine. De plus, elle est également dans la production de bois, mais son intérêt demeure de donner sa chance à une floppée de débutants qui deviendront des pointures pour l'industrie (John Byrne, Denny O'Neil, Bob Layton...) mais aussi de s'être attaché la fidélité de Steve Dikto et de bénéficier des talents de conteur (à une échelle quasi-industrielle) de Joe Gill !

Ainsi, le Blue Beetle va connaître une seconde vie. D'abord une publication de ses vieilles aventures, puis enfin un revamping qui comprend l'influence de Superman. Lisez plutôt :
L'archéologue Dan Garrett ( deux T) trouve sur une antique momie un scarabée bleu qui lui confère des pouvoirs suprahumains (en fait, super) que sont le vol, la force et des éclairs d ‘énergie. En criant les mots « Dja Kaji », Dan Garrett pourra faire triompher le bien...

Cette version de Joe Gill au scénario est sympathique mais ne suscite pas l'adhésion du lectorat. Le Blue Beetle version Dan Garratt, loin de son prédécesseur Dan Garret, va être oubliée un temps, mise de côté...Quel dommage mais là encore la providence va stimuler ce personnage, ou plus exactement son nom.

Le nouveau Blue Beetle est celui qui restera le plus populaire. Il s'agit de Ted Kord, un petit génie de l'électronique qui décide de livrer un combat pour la justice. La chance de cette nouvelle mouture demeure de bénéficier d'un grand talent. Steve Dikto est auréolé de son passage sur Spider-man, hit en termes de ventes, et qui revient chez Charlton. Il s'affaire à Captain Atom et, sur des back-up (histoires de complément vouées à tester de nouveaux concepts), il prend en main le nouveau destin de notre Blue Beetle. Il est amusant de noter que le concept, l'aspect, et la représentation graphique de Dikto font de cette version un hommage à cet insecte dans ce qu'il paraît de plus ridicule, mais aussi de plus sympathique ! D'ailleurs, les Beetles sont en vogue depuis ces années et je ne peux m'empêcher de noter une influence lointaine. 350px-Blue_Beetle_v.3_1.jpg

Il est assisté, non par Joe Gill (il devait avoir 7 histoires à scripter dans la semaine), mais par Gary Freidrich. Ce dernier n'aurait pas marqué les esprits si ce n'est sa participation à un certain Ghost Rider customisé en biker spectral & napalm. A-t-il touché de l'argent de ce désastreux mais rentable film, je n'en suis pas certain hélas...

En tout cas, notre Blue Beetle connaîtra 6 histoires de compléments dans Captain Atom, puis Il aura le droit à cinq histoires seulement dans son propre titre. Pourquoi une si courte carrière ? Parce que Carmine Infantino, nouvellement promu éditeur en chef de Dc, recrute pour renouveler les talents. Il va faire une razzia chez Charlton puisque Jim Aparo, Denny O'Neil, Steve Skeates, Joe Gill (pour un temps), S.Dikto et surtout Dick Gordiano.

Mais si la Charlton podruit moins de comics à super-héros, elle publie quelques adaptations de séries télévisées avec l'homme qui valait 3 milliards, super Jaimie, Cosmos 1999...
Il s'agit d'un créneau qui permet de conquérir une audience, mais celle-ci est volatile une fois que la série est finie, l'intérêt des lecteurs/spectateurs s'envole. Mais Charlton aura encore quelques coups d'éclats avec surtout le fameux Doomsday+1, une assez bonne série de Sf qui rappelle Terminator, Mondwest, le tout grâce aux talents conjugués de Joe Gill et de John Byrne. six-million---man.jpg

La Charlton voit son chiffre d'affaires diminuer, son attractivité s'effriter auprès des lecteurs de comics. Il est amusant de constater que le créneau du comics de divertissement, (série télé, funny animals...) était plus important il y a 30 ans en France tant qu'aux USA. Mais le baroude d'honneur est en quelque sorte la publication en 1983 du Charlton Bullseye, une belle anthologie qui reprend les meilleurs passages de la firme, les meilleurs moments et les plus fantastiques récits. 3069-21263-1-charlton-bullseye_150.jpg

CharltonBullseye_logo.jpg Ce sera le chant du cygne su pack action-heroes qui comprend notre Blue Beetle, Captain Atom ; le Peace Maker, Sarge Steele, la Question, Judomaster, Nightshade (personnage fort peu intéressant chez Charlton). Ils seront vendus à Dc au cours de cette année 1983. D'ailleurs, la Charlton va fermer définitivement en 1986. Un belle épopée pour un éditeur singulier, qui avait sa propre identité.

Mais notre Blue Beetle va encore vivre (et son contraire) bien des péripéties chez Dc, qui va lui réserver une caractérisation fort réussie mais aussi un destin tragique !

A consulter : les articles de Brother Ray, le spécialiste français de la Charlton qui œuvre sur  Buzz comics. Ses articles sont fouillés, divers et variés. Il vous emmènera dans des recoins très intéressants du comics !

 

Par Bastien AYALA
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Vendredi 21 mars 2008

Merci à tous d'être aussi nombreux, 125 visiteurs alors que ce blog est tout neuf,

il finit aujourd'hui sa première semaine d'existence, est très plaisant.

Je vais continuer dans cette voie puisque j'alternerais une partie film et des dossiers

comics. D'ailleurs, sont bientôt à venir des gros dossiers que sont Timely et Atlas comics.

Vous connaissez sûrement ces firmes sous un autre nom actuellement, en tout cas, leur évolution

demeure passionnante et recèle d'étranges surprises. 16-1.jpg

 

Le site est encore ne construction mais tout devrait être bientôt en place. Blue Beetle va bientôt revenir dans sa seconde partie. Alors faîtes passer l'info !

Par Le Royaume des Avis
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Jeudi 20 mars 2008

1ère partie

Pour illustrer mes propos sur l’émergence des super-héros ainsi que leur évolution, j’ai retenu un personnage qui a connu plusieurs péripéties en terme d’édition et transposition dans divers médias. Le Blue Beetle est né durant l’âge d’or, il n’a pas survécu à la fin du genre super-héros bien qu’il est été un temps adapté dans d’autres médias. Il va renaître, connaître une nouvelle incarnation, être racheté, mourir puis enfin connaître un ultime avatar. C’est beaucoup pour un modeste personnage, mais il s’agit  surtout d’un processus passionnant.

FoxIcon.gif Tout d’abord, présentons Victor Fox. Il s’agit d’un entrepreneur au nez fin qui voit un nouveau marché s’ouvrir en face de lui : les comics. Voulant avoir sa part du gâteau, il se devine éditeur et adopte les pratiques commodes du moments, certaines maisons d’édition commandent à des studios artistiques du contenu et des nouveaux personnages. Ainsi il s’adresse au fameux studio de Iger et Will Eisner. Victor Fox leur demande une mouture de se qui fonctionne le mieux, qui est sensationnel et qui lève le marché par le haut : un personnage comme Superman ! WonderComics0001.jpg

Le studio s’exécute et pond Wonder-man, une copie qui paraît peu fameuse de l’archétype de tous les héros. Dc surveille cela de prêt et intente un premier procès pour plagiat. Iger & Eisner racontent de bonne foi la volonté manifeste de Victor Fox de s’inspirer de Superman.

Fox perd, Wonder-man disparaît, et Iger & Fox ne sont pas payés des sommes pour les travaux les plus récemment effectués. Ce renard de Fox décide donc de fabriquer un nouveau personnage qui ne soit pas sujet à des problèmes de copyright. Quoi de plus standard que le justicier urbain, déclinable à toutes les sauces dans les pulps, radiophonics, sérials, littérature et films ?

Le schéma est simple et éprouvé : un homme décide de se dresser contre le crime en utilisant une identité secrète, il prend un alias, patrouille dans la ville et affronte victorieusement les vilains. A quelques détails prés puis en modulant des paramètres, vous pouvez fabriquez Tarzan (lieu), Zorro (le temps), le Frelon vert (la technologie), Dick Tracy (la fonction) ou encore Batman (l’importance du costume). blue_beetle48.jpg

Bref , il s’agit d’une formule éprouvée qui permet de créer sans effort un nouvel héros grâce à ce « moule ».
Ce sera Le Blue Beetle, un jeune policier patrouille la nuit sous le costume et l’identité secrète du Blue Beetle, la terreur des malfrats et des ennemis de l’amérique. Dan Garett n’a que pour lui son courage, une force obtenue grâce à un aide pharmacien (qui lui fait des pilules) et une volonté de rendre la justice. Le Blue Beetle, ennemi implacable du crime qui se dresse contre… Franchement, ce n’est pas un summum de créativité ! undefined

Mais le personnage connaît un certain succès après ses débuts en 1939 dans Mystery Men Comics, relatif mais il parvient même à être transposé dans d’autres médias. Il connaît un show radio de 4 mois, car Victor Fox oublie de payer convenablement la chaîne radio. Il est aussi publié dans les strips avec à la plume de Charles Nicolas.

Pendant la seconde guerre mondiale, un navire de combat américain a même pour nom de baptême le Blue Beetle ! undefined

Mais la mode super-héros passe, le personnage termine sa publication vers 1948 et Victor Fox, criblé de dette, revend ses personnages dont le Blue Beetle. Aussi, ce héros somme toute stéréotypé qui a quand même connu des adaptations en shows radios et en daily strips rejoint les limbes des comics. Mais comment diable a-t-il réussi l'exploit de traverser les époques pour parvenir jusqu’à nous ?

Remerciements à Michel Fabrice Pons pour le prêt de son ouvrage sur le Blue Beetle. Je te dédie cet article !

Par Le Royaume des Avis
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Mercredi 19 mars 2008

Le premier comics date de 1933, il s’agit de FUNNIES ON PARADE no 1. C’était juste un recueil de strips sur les animaux, genre dont viennent les créations de Disney, et qui ouvrait une nouvelle manière de rentabiliser du matériel. L’essai est dû à une opération marketing de Procter & Gamble (très connus et faisant autorité pour le marketing, le groupe est présent dans chaque supermarché avec des produits d'entretien tels que Mr Propre). newfun1_1.jpg


Il s’en suivit un nouveau créneau qui aiguisa des appétits et des vocations dans le monde de l’édition. Malcom Wheller-Nicholson   fonde National Allied Publications, qui publie des titres avec du matériel original dans NEW FUN COMICS 1.

 Ainsi de fait, un nouveau créneau s’ouvre et des talents doivent remplir toutes ces pages. Les comics ont un certain succès, les ventes décollent et cette industrie neuve pousse comme un champignon. Les titres sont vite nombreux mais des créneaux sont à découvrir. Justement, les exploits du Shadow, du Green Hornet, ou des héros des pulps ont ouvert un boulevard : celui du héros sans peur et sans reproches qui est exemplaire en terme de moralité. Donc, toute les constantes du héros deviennent institutionnel, le héros est noble, il se dévoue pour le bien (notion limpide à l’époque) et a une identité secrète. Il s’agit ni plus ni moins qu’une représentation idéale d’un modèle masculin supérieur qui sert de modèle aux kids. De ce schéma déclinable à l’infini, va naître en1938 le héros absolu qui est connu par une bonne partie du globe : Superman ! Acheté à un tandem de jeunes créateurs qui en veulent, Mrs Shuster et Siegel, il naît dans Action Comics 1 et son succès est stupéfiant ! fleischer-title2-thumb.jpg

Ses ventes décollent, ses imitateurs aussi, et il traversent les médias pour se diffuser dans la société et devenir, à terme, une icône. Sa captation par d’autres médias est très rapide, sérial avec Kirk Allen mais surtout les fameux dessins animés d’une firme de grande réputation, celle de Max et Dave Fleicher, les quasi-concurrents de Disney qui ont crée Popeye et Betty Boop. Cette firme produit des cartoons de grande qualité mais ils ne se sont pas imposés en salles comme l’a fait Disney. Leur version de Superman est celle à qui Alex Ross rend hommage dans Kingdom Come et vous la retrouverez sans doute dans les solderies. Pour l’époque, c’est en tout cas le summum. Notons ironiquement que nombreux jeunes artistes des comics commenceront dans cette usine à cartoons, dont Jack Kirby ! bigallamerican.jpg

Une autre firme se nomme All-américain, cette firme est dirigée par Harry Donefeld et Max CGaines (son fils aura un rôle majeur dans les années 50’). Ils créent Flash, Green Lantern (Alan Scott) et Hawkman ! La firme a un certain succès, et National Publication achète le catalogue de la firme à bon prix (une constance chez Dc) en 1940.  Le premier comics qui réunit ces héros est All-Star Comics 1. Le titre voit d’ailleurs la première réunion d’héros et crée le concept de super-groupe !

undefined Mais ce n’est pas là la seule maison d’édition !
Il y a Centaur, MLJ, Quality, Fawcett, la Fox et le fameux Timely (où exerce le Jack Kirby) de Martin Goodman !La liste est loin d’être exhaustive et les destinées de ces firmes seront diverses. Certaines disparaissent mais d’autres ont des personnages qui se publient encore ou sont des référence dans la culture américaine. C’est donc la période de l’âge d’or des comics, où un jet de héros surgit dans l’enthousiasme et vont conquérir le lectorat. Notons que le mode super-héros triomphe, mais qu’il n’est pas le seul en lice (guerre, policier, funny animal…).

Mais les ventes explosent, et les tirages décollent pour atteindre le million d’exemplaire pour certains tirages. La meilleure vente est bien sûr Superman, quoique Captain Marvel le talonne de prés voire le dépasse parfois ! L’effervescence et les doutes de la seconde guerre mondiale renforce le besoin de héros simples pour le jeune public qui s’identifie aisément à eux.

Aussi les super-héros sont une denrée appréciée mais cette circonstance va-t-elle durer ?

Les super-héros vont –ils connaître un long fleuve tranquille qui les mènera là où nous les connaissons maintenant ?
Rien n’est moins sûr !

Par Bastien AYALA
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