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25 mars 2008 2 25 /03 /mars /2008 10:01
Quality comics est un des nombreux acteurs qui ont tenté de profiter du boom des comics. Dés son début, le fameux golden age où les espoirs de créer des icônes aussi fameuses que Superman ou qu'un Mickey mousse étaient dans tous les esprits. Quality est donc une firme, relativement modeste mais qui reste dans l'histoire grâce à ses personnages  encore publiés chez un concurrent de l'époque, National Publication alias Dc.national4.jpg

A cette époque, monter une boîte de comics n'était pas une affaire de créateurs mais bien d'entrepreneur. Les personnages, les créateurs et le contenu venaient après. Martin Goodman a « eu » Human Torch et Namor comme cela, et l'aventure de Quality débute ainsi.
En l'occurrence, l'entrepreneur en question se nomme Everett M. Arnold, un imprimeur qui se dit qu'il peut tenter sa chance et avoir sa part d'un gâteau qui grossit démesurément. Il s'adresse donc à un studio de production artistique fondé par Harry Chelser puis celui de Jerry Iger et Will Eisner qui forment un studio de production qui fera date. Ce fut une constante de l'époque, de dissocier le créatif de la l'éditorial mais de nos jours, cette pratique d'externalisation n'a plus cours.
Le studio de Jerry Iger et Will Eisner est reconnu de nos jours. Bien que petit, il compte de grands artistes à commencer par Will Eisner lui-même, légende renommée des comics, qui a donné de grands morceaux de bravoure aux comics à la fois dans sa forme (par ses innovations techniques) que par sa portée (il a aidé à l' institutionnalisation des graphics novels). Son personnage le plus connu demeure le Spirit, qui n'est resonnu que par une poignée de convertis en France mais le film de Franck Miller pourrait changer la donne.spiritcover1.jpg

Justement le Spirit demeure une des icônes les plus représentatifs de la firme, il suit le schéma classique du héros urbain et il es représente les meilleurs moments. Un accord spécial avec Everett M. Arnold permit à Will Eisner de garder les droits du personnage qu'il avait crée (ce fut un visionnaire averti). De plus, Everett M. Arnold fit en sorte que le personnage puisse se décliner en strip, ce qui était le signe d'une audience supplémentaire qui pouvait se reporter sur les comics de la firme.kid-eternity.jpg

Pour l'heure, les grandes figures de la firme sont Uncle Sam, le Ray, Miss America, Dollman, Black Condor, Kid Eternity, Human Bomb et Plastic Man !
Mais il y en a eu tellement d'autres ! Des concepts variés de justiciers urbains et des êtres bigarrés à pouvoirs. Il y a une très large kyrielle de personnages qui furent crées et de multiples genres porteurs furent abordés comme la guerre, l'espionnage, l'action, l'humour...
Quality comics justifie son nom grâce à la réelle qualité de ses dessinateurs/artistes qui travaillent pour la firme.
Des grands de l ‘époque comme Jack Cole (le créateur de plastic man) ou Lou Fine (un grand de l'époque qui inspira Jack Kirby) furent certains de ces acteurs de talents.smash14.jpg

Une remarque sur les concepts de la firme, ils ont des connotations très patriotiques qui m'ont paru toujours singulières et trop américains. Uncle Sam est un concept typiquement américain qui nous est difficilement assimilable. Dollman semble être juste un concept basic, et je suis étonné du nombre d'aventures qu'il a eu.
Le plus intéressant de l'époque semble être the Ray, qui est donc le premier super-héros solaire (Photonik est conceptuellement un lointain descendant) et il a connu de bonnes aventures, dues encore une fois à Lou Fine dont on dit que le style est explosif pour l'époque !smash-comics.jpg

Plastic man est une exception pour la firme, il est un personnage dont le traitement et la dynamique se trouve être au croisement du ton des Funny Animals et du super-héros.
Des aventures très détendues et peu sérieuses qui usent des constantes du super-héros sur un ton léger et frais. Une fois encore, Jack Cool possède un énorme crédit créatif et son œuvre une excellente aura. plasticman48-copie-1.jpg

De grands créateurs, des concepts nationaux, Quality comics ne sut enrayer la désaffection de son lectorat et les lecteurs eurent d'autres distractions comme les livres de poche, qui devenaient plus accessibles, et la télévision qui s'implanta pour de bon dans les foyers américains. Il faut également prendre en compte la vague de moralité très forte qui s'abatit sur le pays (le MacCartysme, le Dr Wertham) pour expliquer cette période noire pour les comics. Ainsi Plastic man fut le dernier héros en activité et il s'arrêta vers 1955, seul BlackHawk, des super pilotes continuèrent un peu, jusqu'à ce que Everett M. Arnold se décide à vendre sa firme à l'acteur majeur et numéro 1 depuis le début : Dc comics !

Everett M. Arnold eut, contrairement à des margoulins comme Victor Fox et Martin Goodman, une excellente réputation avec les artistes et les créateurs. Généreux, reconnaissant pour les travaux et les efforts, Everett Arnold était surnommé « l'occupé » tellement il était prolixe( ce surnom lui avait été donné dès l'enfance !). Il a permis à Will Esneir de conserver ses droits sur le Spirit, et ce fut un comportement exemplaire et remarquable, alors que l'industrie est assez féroce et que la notion de droits des créateurs demeure une gageure.
La firme Quality s'arrêta donc en 1956 dans leurs propres pages. C'est une année paradoxale pour car les comics : d'une part elle semble enterrer la fin définitive du golden age, avec des faillites à la pelle, mais del'autre, Dc va bientôt revitaliser ses vieux héros de ce fameux âge d'or comme Flash et Green Lantern.

Ceci sera le début de l'âge d'argent qui donnera une seconde impulsion aux super-héros et agitera de nouveaux les firmes de comics vers une nouvelle direction, que suivra Atlas comics, future Marvel !

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Published by Bastien AYALA
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