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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 08:00

 

Charlton comics est un vieille éditeur de comics qui nous demeure un acteur de comics fort intéressant ? Certes, le grand public de comics « mainstream » ne le connaît que par rapport à son pack de « action heroes » racheté puis exploité par Dc, mais il serait infiniment réducteur de ne concevoir la Charlton que sous cet aspect. Retour sur un éditeur qui n’a jamais mis davantage que des moyens modestes mais qui a quand même offert de bons titres.

 

 

La naissance de cet éditeur date de 1944, soit une dizaine d’années après les premiers acteurs des comics. Ses fondateurs se nomment John Santangelo et Ed Levy. Il s’agit d’une société d’édition de presse qui publie de tout ( livres en tout genre, magazine de jeux en tout genre) et vraiment de tout (même des magazine pour le chant !).

 

Charlton comics, son nom définitif, n’est adopté qu’en 1946. A partir de ce moment, la politique éditorial se tourne vers les comics qui constituent un marché à ne pas négliger, mais ce n’est pas le seul ! Il faut spécifier la singularité de Chartlon comics, cet éditeur est surtout un imprimeur qui se sert d’une historique et fameuse imprimante qui lui permet de tout imprimer. Ainsi, des boîtes d’emballages industriels ou de produits ménagers sont alternés sur la fameuse machine qu’il convient de rentabiliser au maximum ! Dans ces conditions, on peut alors concevoir que les comics ne sont pas la préoccupation essentielle de la firme dont la division Chartlon ne constitue qu’un des segments d’un ensemble de cette firme qui est établi dans le Connecticut.

De plus, il est également notoire que la politique de cet éditeur demeure d’attribuer les moins bons salaires du marché pour les artistes. Les gammes proposées sont incroyablement variées, elles vont de l’adaptation des dessins animés du moment, voire même après ce moment puisque la Charlton récupère des licences de seconde main que Gold Key ne trouve plus assez attractives ! Ainsi, pour des personnages comme les Hanna & Barbera, il y a clairement une première ère Gold Key, la période la plus populaire, puis la seconde de Charlton qui la mène jusque à l’arrêt de la licence. Il faut quand même savoir que le papier lui-même est de mauvaise qualité et que chaque publication demeure lardée de publicités assez infâmes. Il s’agit d’une ressource supplémentaire pour les comics en cours dans les années 60’,70’ mais la Charlton a été une des dernières à faire perdurer cette mauvaise habitude pour le lecteur (si on considère le comics en tant qu’œuvre, bien évidemment). 

Mais l’éditeur produit également ses autres titres de comics en interne, et les genres –tout comme ses concurrents sont variés et dépendent de la demande- sont tous abordés. Il y a donc des courants que l’on retrouve chez Charlton dont les comics de guerre (que l’on retrouvera quand même jusqu’aux années 80’), la romance, l’espionnage ou le crime mais surtout l’horreur. Bien évidemment, dans la somme de tous ces titres, il y en a toujours quelques uns qui surnagent du lot, voire qui sont de véritables bijoux. 

 Justement, la force de la Charlton est d’accepter des débutants qui mettent de côté pour l’instant un bon salaire mais qui peuvent ainsi faire leurs preuves. Et la somme des talents qui a débuté chez la Charlton est spectaculaire. Tout d’abord, il y a le fabuleux Joe Gill. Il s’agit d’un grand talent capable de pondre n’importe quelle histoire dans un délai très court, une productivité parmi les plus hautes du marché (comme Stan Lee) mais dont l’inspiration demeure souvent au rendez-vous. Cet artiste décédé en 2007 demeure un des grands oubliés du fandom des comics et son œuvre reste à redécouvrir.

En outre, il y a bien sûr le génial Steve Dikto qui restera attaché de cœur à la Charlton, plus particulièrement à un éditeur avec qui il entretenait une réelle amitié (d'ailleurs, Dikto travailla avec la Charlton jusqu'en 1986).  Dikto travailla d’abord sur les histoires à monstres (celles de la firme étaient fort intéressantes) puis alla chez Atlas et participa au démarrage historique de l’âge d’or et en co-créa  un des meilleurs fleurons : Spider-man.

Malgré un salaire moindre, Steve Dikto ne rechignait pas à fournir le meilleur de lui-même et il élabora pour la firme certains des fleurons parmi les plus renommés de la firme : Blue Beetle 2, Captain Atom ou encore la Question. Dikto appréciait la liberté laissée aux créateurs, qui pour lui, compsensait le salaire moindre et la renommée qu'il trouvait chez Marvel dans ses meilleures années. Mais nous ne savons pas tout de ses travaux, notamment les excellentes adaptations de séries C britanniques des années 60’ comme Konga ou Gorgo. Il est amusant que les films, dont sont tirés ces trés bonnes à monstres, paraissent incroyablement statiques par rapport aux visions et aux histoires délirantes que nous offrent Joe Gill/Steve Dikto. Pour ces histoires et tant d’autres perles de la Chartlon, je vous renvoie à un historien avisé*. 

Il y a d’autres talents de premier ordre qui débutèrent à la Charlton, Roy Thomas, Denny O’Neil, Dick Gordiano, Jim Aparo, Steve Dikto (liste non exhaustive) ont été recruté par Dc sous l’impulsion de Carmine Infantino. Cet afflux de sang neuf, auquel il convient d’ajouter Neal Adams, va enfin permettre à Dc d’entamer une meilleure lutte avec Marvel qui bat créativement sur toute la ligne. Dick Gordiano, cumule des aptitudes artistiques et éditoriales, se souvient qu’il a littéralement bondit sur l’offre de Dc qui comprenait enfin un bon salaire et de vraies possibilités de développer convenablement certaines tentatives. D’ailleurs, la division « action heroes » fut fermé en 1967, juste au moment de leur départ ! 

 

La Charlton va oublier un temps ses velléités en matières de super-héros pour se consacrer à des licences de télévision, mais également à ses titres maisons d’horreur ou encore de guerre, qui ne demandaient somme toute pas trop d’effort en terme de construction éditorial ! Ainsi, des adaptations se succèdent aux adaptations avec Cosmos 1999 et la grande licence des années 70’ (pour les ambitions de cette firme, bien sûr) avec l’homme qui valait 3 milliards et Super Jaimie. Mais, il ne s’agit que des licences connues chez nous et il doit y en avoir beaucoup plus !  

 

Mais la seconde vague créative en terme de super-héros demeure le CPl gang. Il s’agit de jeunes artistes qui se regroupent pour proposer à la Charlton des titres clef en main. Des jeunes artistes ? Oui, mais prometteurs comme John Byrne, Roger Stern, Joe Staton, Bob Layton ou encore Roger Slifer qui proposent, sous la tutelle éditoriale de George Wildman, une nouvelle vague de titre parfois très intéressants. Le plus notoire de nomme Doomsday + 1, les débuts de John Byrne pour une histoire à la Terminator sous la plume de Joe Gill.  

 

Comme la vague de la décennie précédente, tous ces bons artistes vont partir vers des carrières plus intéressantes et délaissent la Chartlon (mais qui peut leur reprocher quoi que ce soit ?). Et la CPL gang, tout comme les titres de la Charlton, s’affaiblit quelque peu et l’aventure prend fin en 1978. 

D’ailleurs, tout comme Gold Key, les années 70’ marquent clairement un recul des vente en marchands de journaux et Charlton, subit de plein fouet ce ralentissement, si ce n’est effondrement. Aussi, il y a bien quelques tentatives comme le Charlton Bullseye ( clin d’œil au Marvel Bullpen ?) et les derniers titres de super-héros sont publiés en 1983, année ou ils sont vendus à la Dc (sous l’influence de Dick Gordiano). La firme cesse toute publication de ses activités comics en 1986. Le fond du stock est revendu et éparpillé, dont Atomic Mouse !

Ainsi c’est la fin de l’épopée de cet éditeur familial du Connecticut. La Charlton a toujours été une firme de seconde zone qui n’a jamais été leader dans son domaine, mais qui a toujours suivi la mode et en surfant sur les créneaux du moment. Pour elle, la vague super-héros  n'a été qu'une gamme, ni plus, ni moins, même si elle contribue maintenant à sa légende. Toutefois, la firme a crée des personnages qui subsistent. Ils sont dus à la crème de certains artistes, qui nous ont donné quelques bonnes histoires de premier ordre mais qui nous sont fort peu accessibles. Charlton fut surtout une pépinière incroyabes de débutants qui a permis à quelques générations de talents de faire leurs premières armes. Il s’agit quand même d’un bon bilan !

Note :  *Je vous renvoie une fois de plus à l’émérite Brother Ray, qui a chroniqué avec passion et un soin tout particulier les meilleurs moments de cette firme. Ce qui en France, du fait de son absence, relève de l’exploit ! Certaines des illsutrations de cet article proviennent de ses articles, qui en comportent tellement plus !


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Published by Bastien AYALA
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