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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 08:00

Alex Ross est un cas particulièrement intéressant du domaine des comics. Il s’agit d’un illustrateur hors pair, de l’école américaine de Norman Rockwell (l’illustrateur de génie qui a si bien dépeint  l’Amérique de son temps ) , mais surtout, il est un amoureux des personnages de comics. La plupart de ses travaux visaient à leur rendre hommage, à leur restituer leur panache et leur essence. Or, voilà que son plus récent projet consiste à rendre hommage au héros de l’âge d’or (ce qui a déjà été fait par Dc, même par Marvel). Or, ce qui est plus méritoire, c’est qu’il s’agit des héros du golden age oubliés !

Alex Ross, voilà un artiste fort singulier à tout point de vue. Tout d’abord, il est un génie du dessin et de la peinture. Sous ses pinceaux, jamais les super-héros n’ont paru aussi vivants, aussi réalistes. Le meilleur moyen ou cadeau pour convertir quelqu’un au comics demeure de lui offrir un ouvrage d’Alex Ross, que ce soit Marvels ou Kindom Come. Il est étonnant que, malgré son talent incontestable, Alex Ross n’aille pas tenter une carrière plus lucrative dans l’art (ce qui est une chance pour nous). En outre, Ross adore les personnages de comics, au sens premier de ce terme, il leur voue un réel culte et il se doit se retranscrire leur essence et de les montrer tels qu’il les considère dans leur forme originelle. Ainsi il déteste l’Aquaman de Peter David avec le harpon greffé à la main. Il n’en tiendra jamais compte dans ses projets. Il trouve hérétique de s’être débarrassé de Hal Jordan dans le début des années 90’ ? Kyle Rayner a des chances infimes d’apparaître dans ses projets. C’est pareil pour tous les autres personnages de l’autre firme, Marvel. Ross est définitivement un puriste, un rien intégriste mais il a tellement bien servi ces personnages de légendes qu’on peut passer outre cette obsession.

Après des projets qui n’avaient pas la force ni de Marvels, ni de Kindom Come, Ross nous sort subitement un projet à priori insensé : un revival des héros oubliés de golden age ! En voilà une marotte qui peut sembler un peu excessive, même lorsque l’on est un artiste de sa trempe ! Or ce nouveau projet nommé Superpowers demeure réellement des plus intéressants !

La démarche d’Alex Ross est de reprendre des super héros du golden age qui ne sont plus publiés depuis des décennies et qui sont libres de droit ( la non publication après un délai d’environ 10 ans, peut-être 15 entraîne la déchéance des droits du propriétaire initial). Ainsi, il est temps pour que le soleil se lève à nouveau sur un kyrielle de héros oubliés tels que le green lama, la terreur noire, l’hibou (premier du nom), le combattant américain, les cibleurs, les chats, Strongman, Hydro, Silver Streak, le Blue Beetle toute première version, Captain Futur ( !), Dynamic man & boy et enfin mon préféré, le vrai Dardevil 1ère version !

C’est là une des forces d’Alex Ross, il aime ces personnages et il parvient à leur donner un lustre et un intérêt qui dépasse l’aspect suranné de ces personnages quelque peu rudimentaire. L’intrigue demeure une fois de plus tirée des obsessions d’Alex Ross : un nouveau et immense péril vient mettre en péril la terre et ses habitants, et l’esprit américain vient solliciter et ramener au combat l’américain combattant, au look très 18ème siécle, qui a déjà fait plus que son  temps.

 

Le combattant américain devra retrouver ses anciens alliés, ou leurs équivalents modernes afin de se dresser contre le péril qui pourrait d’ailleurs bien venir de leur propre rangs ! Il s’agit encore une fois d’un schéma que nous a déjà proposé Alex Ross, disons que cette trame a déjà été aperçu dans Kindom Come et Uncle Sam. Mais il ne s’agit ici que du début de l’histoire et que je ne pourrais raisonnablement me prononcer sur le ton de la série, ou de la valeur du scénario même si il me paraît bien intéressant et que les premiers numéros ne servent qu’à exposer une intrigue et les périls.

   Alex Ross fait les couvertures, les designs, et la trame ainsi qu’une participation au scénario, qu’il confie comme d’habitude à son équipier Jim Krueger. Le dessin demeure réellement réussi grâce au talent du nouveau venu Carlos Paul (un assistant d’Alex Ross ?). On devine que la trame va être longue et riche, et que l’équipe va rendre hommage à tous ces vieux personnages qui auront l’opportunité inouïe de retrouver leur splendeur d’antan.

Justement, traitons des personnages les plus intéressants. Il y a la première incarnation de Dardevil, obligée d’être renommée le diable défiant la mort, ce qui est amusant. Stan Lee, margoulin avisé, s’est souvenu de l’aura de ce personnage et de son attrait, aussi il a repris le nom pour un nouveau personnage en 1963 qu’il est inutile de relater. Il est amusant de constater que la Marvel en a remis une couche en s’inspirant de son design pour 3-D man. 

Samson est un super-héros de la firme de Victor Fox, Fox comics donc, qui tire sa force de ses cheveux et qui a divers super-pouvoirs. Il apparaît dans une mouture rénovée où il conserve son aspect biblique. Voilà un personnage qui m’a toujours semblé boiteux ! Copie de Superman dont il s’éloigne de son modèle, pour cause de premier procès en plagiat pour Fox comics, il use du concept d’héros biblique qui demeure dans les esprits lors de ces années là même si sa plus flamboyante incarnation à l’écran demeure Victor Mature ! Son point faible demeure ses cheveux qui lui confèrent sa force et que nul ne doit couper ! C’est dommage qu’il n’est pas connu de revival dans les années 70’, avec un second degrés sur la mode hyppie, il aurait été remarquable !

La terreur noire paraît également prometteur avec son look de corsaire d'outre-tombe, même si le personnage d’origine devait être rudimentaire. Encore une fois, on trouve sa version Marvel dans le personnage du moissonneur, frère de Wonder man (tiens, encore un héros du golden age, décidément la Marvel !). 

Le Lama vert a l’air prometteur, il mêle déjà les concepts de super-héros et d’ésotérisme en associant héros et les pouvoirs mystiques de moines tibétains. Cette idée flottera ici et là dans les comics modernes telles que la reprise de Howard Chaykin pour le Shadow ou encore par Warren Ellis dans l’excellent arc change or die qui marque la fin de Stormwatch volume 1 (excellent par ailleurs). Ce Lama vert a des pouvoirs assez importants tels que la lévitation et des sens accrus. Il paraît être au centre de l’intrigue en venant suppléer l’américain combattant. 

Enfin, il y a cette toute première version de Fox comics du Blue Beetle, nommée différemment pour des raisons d’origines le Scarabée ! Il s’agit donc du premier Dan Garret, le jeune policier de rue  qui prend des pilules faites par son allié pharmacien pour aller combattre le crime ! Pourquoi se creuser la tête après tout pour trouver des origines compliquées alors que l’on peut simplement s’adresser à nos commerçants de quartier !

Alex Ross est doué, incoryablement doué. Kindom Come était son oeuvre et elle contient une somme folle de concepts et de personnages habilement remanié. Mais le conflit sur la paternité avec Marc Waid empêche chacun
de détérminer exactement qui a fait quoi. Le problème est que même une star de son calibre n'a pas les franches coudées pour entreprendre ce qu'il veut, comme il veut. Marvel, mais surtout Dc, ne se servent pas de ce formidable artiste qui peut leur amnener un nouveau lectorat grâce à son talent et à la vision (quand elle est bien servie, il faut bien le reconnaître) de ce grand du comics. Ainsi, Comic Box nous a appris que Dan Dido lui a refusé l'accès à la gamme All Star ! Pire, que ce dernier a réussi à s'allinéner Alex Ross ! Aussi Ross va voir un studio qui peut jouer l'outsider, dynamic, et les deux parties gagnent en terme de renommé et de liberté artistique. Le tour est joué.

Bien sûr, il n’y a pour le moment qu’un numéro 0 et le premier de la série régulière. Mais espérons que l’audience américaine soit réellement captivée, comme le numéro 0 le laisse croire par son succès, pour que ces héros constituent une équipe qui retrouve une notoriété voire un engouement, ce qui constituerait le meilleur des hommages !


 

 

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Published by Bastien AYALA
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