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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 08:00

Les films fantastiques se suivent sur nos écrans, grand comme petit, mais ils souffrent souvent d’un handicap : ils sont pour la plupart terriblement prévisibles ! A force de rabacher les les mêmes thèmes, avec des fins tellement prévisibles (indépendance Day, Armageddon, les récents Star Wars). Là est le paradoxe, des films sensés nous divertir par une explosion en terme d’imagination ne nous emmènent pas bien loin, ni même haut. Aussi quand une exception se présente, il convient de la célébrer.

Les décimales du futur, titre poétique des final programme, demeure une adaptation de l’écrivain Michael Moorckock. Moorckock est un écrivain à part à plus d’un titre, tout d’abord, il s’agit d’un écrivain incroyablement productif. Dans une récente interview de  Comic box, Moorckock raconte sans problème que il lui fallait 3 jours pour écrire un roman et 1 pour un comics, un record en soi ! Et sa production demeure fort renommée notamment avec son legs en héroïc fantasy dont le personnage d’Elric demeure un des fleurons distingués.

Mais Michael Moorckock demeure aussi célèbre pour son personnage de Jerry Cornélius. Il s’agit d’un homme trentenaire aux talents incroyables et multiples à qui rien ne résiste (une sorte de Doc Savage ou de Captain Future). Jerry Cornélius me semble être ni plus ni moins qu’une version idéale de Moorckock lui-même, qu’il réutilise dans plusieurs aventures se situant dans des époques ou des univers différents, certaines variation de ce personnage se rencontrant même ! D’ailleurs, certaines idées récurrentes de Moorckock, comme sa sœur bien-aimé et son frère impie, sont présents dans cette histoire. 

 IL est précisément question de Jerry Cornélius dans notre film, les décimales du futur. L’histoire débute par l’enterrement du père de Jerry, qui est incinéré comme un viking dans une plaine. Des hommes âgés se présentant comme des associés de feu son père lui demandent de leur transmettre un certain document relatif à leurs expériences communes.  Jerry se verra obligé par les événements et les personnages, tous singuliers, a participer presque sans le vouloir à cette expérience finale.

R

assurez-vous, le film transcende ce mince synopsis. Il est même incroyable par la qualité des concepts qu’il brasse, de idées visuelles qu’il nous délivre, ou encore des surprises que recèle la succession des scènes. Le responsable de cette réussite se nomme Robert Fuest, il s’agit d’un réalisateur anglais qui fait partie de la génération émérite de ces réalisateur imaginatif et bouillonnant (Val Guest, Van Baker…) qui ont œuvré à d’excellentes séries télé anglaise telles que Chapeau melon et bottes de cuir. Robert Fuest est d’ailleurs excellent dans la mise en scène, c’est à dire l’art de visualiser et de retranscrire grâce à des artifices, des qualités de narration, et la manière de placer au mieux sa caméra afin de souligner la dramaturgie de son scénario et la caractérisation de ses personnages.

Et l’imagination, Robert Fuest nous a donné avec des films toujours insolites et intéressants comme les deux opus du Docteur Phibes ou encore la pluie du diable. Mais les décimales du futur demeure son coup de maître. Son aptitude a concevoir et a réaliser des idées si ambitieuses, par tous les moyens d’alors mis à sa disposition, font de ce film une perle inégalée. C’est un film qui risque de se loger dans un coin de votre tête par la folie et la somme d’idées déployées. En outre, les décimales du futur est haletant, et la spirale d’événements dans laquelle évolue le brave Jerry Cornélius nous emmène à un terme tout aussi incongru et ironique. De combien de films récents pouvons-nous en dire autant ?

Ainsi je vous recommande plus que chaudement ce film des plus réussi, quelque peu expérimentale, teinté d’ironie et d’une somme incroyable de concepts et d’idées visuelles abouties. Les décimales du futur reste le moyen idéal de découvrir de artistes en même temps, Robert Fuest et Michael Moorecock !

Les décimales du futur est ressorti en 2004 en Dvd dans une collection dirigée par Marc Caro (qui a récemment réalisé un ambitieux Dante 01). L’édition originale en K7 fut éditée par Thorn Emi. Vous pouvez voir le trailer en vo !

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Published by Bastien AYALA
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