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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 08:00

L’attaque des crabes géants demeure un film longtemps inédit en France. Il n’est jamais sorti en France en salle, ni plus tard en vidéo. La seule information que l’on pouvait connaître de ce long métrage était la photo d’un des crabes en question qui, il est vrai, ne rend pas service au film. Mais il s’agit pourtant bien d’un film bien plus intéressant que ce qu’il laisse paraître à première vue. 

  ’attaque des crabes géants demeure l’œuvre de Roger Corman, qui est à lui tout seul une institution aux USA. Homme de culture qui a notamment étudié en France, Roger Corman est entré comme coursier dans un des grands studios puis il commençait à gravir les échelons. Mais lors d’un projet qu’il avait sauvé du désastre en sous-main, il s’est vu voler les honneurs par un de ses supérieurs hiérarchique. Dégoûté par cette mésaventure typiquement hollywoodienne, Corman s’est rabattu vers l’auto-production puis il s’est associé un temps avec l’AIP, un studio fondé par le père de Jack Nicholson. Il a beaucoup œuvré pour l’AIP, dont des films à monstres qui nécéssitaient de faibles budgets. Justement, l’économie demeure un des traits essentiels de la carrière de réalisateur et de producteur (plus tard) de Roger Corman. Il était capable de tourner en très peu de jours, on parle de deux pour son record, la petite boutique des horreurs, et il réalisait des films de qualité et parfois haletants.

Justement,  L’attaque des crabes géants est un de ceux-là. L’histoire narre une équipe scientifique qui vient sur un atoll où ont lieu des essais nucléaires. Il s’agit en fait de la seconde équipe, puisque la première a disparu (on pense aux tempêtes tropicales particulièrement violentes). L’équipe débarque sur l’île paradisiaque mais les catastrophes commencent. Un marin meurt lors du débarquement, l’hydravion explose. Bref, les pires présages s’amoncellent mais il ne s’agit que d’un hors d’œuvre pour cette poignée de scientifiques soumit au pire danger que l’on peut concevoir.  

Il est inutile d’en raconter plus sans effilocher le suspens, l’intrigue tourne bien entendu autour de crabes géants, mais le scénario deviendrait vite inepte une fois le danger révélé. Or, le scénariste Charles B. Griffith n’a pas aussi exagéré la taille des crabes lors de la mutation, mais ils absorbent en plus les souvenirs de leurs victimes par télépathie. Ainsi, les scientifiques sont appelés par leurs collègues qu’ils recherchent et tombent dans des pièges mortels. Le scénario est vif, les scènes s’enchaînent sans aucun temps morts et le film demeure haletant. De plus, les crabes parviennent à abîmer la structure de l’île qui se désagrègent par pans entiers. Aussi, il n’y a nulle part où aller et la confrontation avec les crabes, à priori désespérée, demeure inévitable à mesure que les issues se réduisent.  

L’attaque des crabes géants additionne des éléments de qualité, un scénario qui est épique, une mise en scène qui parvient à rester haletante, des acteurs fort convaincants, une musique des années 50’ d’orchestre et une belle photographie en noir et blanc. Il s’agit de qualités qui n’ont guère plus cours de nos jours. La musique est parfois inexistante et elle manque de puissance, les acteurs ne sont pas issus du théâtre, les scénarios ne révèlent aucune surprise et on sait même qui va être tué (les seules interrogations sont comment et dans quel ordre ? ) et la réalisation ne capture pas l’essence du suspens, du rythme ni ne parvient à impliquer le spectateur dans l ‘histoire.   De plus, l'attaque des crabes géants ne dépare pas au milieu de classique des années 50' et 60' comme Tarentula ou Them (les fourmis), même s'il s'agit bien d'une production mineure !

Ironiquement, l’attaque des crabes géants propose le contraire de tous ces points, sauf bien sûr les effets spéciaux qui sont faméliques ! Roger Corman ne s’embarrassait pas avec les coûts et la part réservée aux SFX était une portion congrue, comme tout poste de budget d’ailleurs ! Pour une autre de ses productions nommée les sangsues géantes, il a bien voulu rémunérer le type des SFX à condition que celui-ci joue dans le film ! Et il ne s’agit que d’une infime anecdote qui fait la légende de Roger Corman.

Pour ce film, vous avez le droit au trailer, puis à la critique de agressions animales (excellent site comme ceux qui sont disponibles dans les liens). C’est le téméraire éditeur Bach  Film qui édite des films fort intéressants à des prix modiques. Profitez-en !

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Published by Bastien AYALA
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