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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 08:30

Le gladiateur du futur demeure un film assez incroyable, il s’agit d’une série B avec un budget très mince mais qui demeure au minimum distrayant si vous ne dédaignez pas ce genre de production. En revanche, si vous êtes un tant soit peu indulgent, il s‘agit d’une chouette série B qui mixe une pelletée de thème étonnants et dont le résultat s’avère dynamique !   

Les Italiens ont un cinéma privé qui fonctionne en imitant les succès par vagues. Cela a commencé avec les péplums, les corsaires, et Hercules (dans les années 50’), puis les années 60 (1964 précisément) fut la grande période du western spaguetti, puis le giallo (1969-1974), l’horreur (1979-1982) et enfin l’ultime cycle, le post-nucléaire à la Mad Max.
Le gladiateur du futur est un de ceux-là, il est même le meilleur de la portée. Son réalisateur se nomme Joe D’Amato. Mort en 1999, Joe D’Amato alias Aristide Massacessi demeure un passionné de cinéma qui est né trop tard. Il a commencé, après l’assistanat, sa carrière de réalisateur en 1973 et depuis, il produit, réalise des films sans relâche en courant après tout créneau porteur. Une de ses plus belles contribution demeure la saga des Black Emmanuelle, portée par la sublime Laura Gemser, qui clone Emmanuelle, fantastique succès des années Giscard. Puis il enchaîne un peu près tout mais il réalise une œuvre forte dans le domaine de l’épouvante, Antrophageous, sur le thème de l’ogre qui demeure vraiment étonnant et réussi. C’est cela le talent de Joe D’Amato : la quasi-totalité de ses films ne sont jamais ennuyeux malgré des budgets pauvres.

Le gladiateur du futur demeure étonnant à plus d’un titre,  il est dynamique et plein de rebondissements, mais surtout le film aborde des thèmes en précurseurs. Dans le futur, après la catastrophe nucléaire, le régime en place demeure totalitaire et il organise des jeux télé afin de divertir les masses. Mais en sous-main, il élimine une nouvelle génération de mutants (eh oui !) qui fait peur aux autorités. Les mutants vont demander l’aide au champion de ces jeux, en lui apportant leur aide contre son pire ennemi, à charge pour lui de leur faire passer les territoires hostiles où règnent des hordes de barbares mutants.

 Le génie du film demeure qu’il mixe trois thémes qui que l'on peut superposer dans le film.

D’abord il y a cette première partie qui anticipe the Running man. Les jeux de télévision qui reprennent une mise à mort ne sont pas nouveaux (Rollerball de 1975) mais Joe D’Amato parvient à insuffler ce qu’il faut de rythme et de trouvailles au scénario pour rendre la scène haletante. La rivalité entre les personnages joués par Al Cliver et George Eastman demeure forte, et elle demeure l’une des choses dont on se souvient longtemps après avoir vu le film.

Ensuite, le thème des mutants me paraît assez neuf à l’écran, je ne voit guère que Scanners, et le gladiateur du futur traite de la même thématique que Chris Claremont, ce qui demeure un hasard assez saisissant après mûre réflexion. Mener cette minorité persécutée par les autorités demeurera un énorme challenge.
Justement, le troisième thème du film consiste à reprendre le schéma des 7 mercenaires puisque Luigi Conti engage quelques tueurs habiles qui ont chacun leur spécialité. La trouvaille géniale demeure que le rival du héros viendra leur donner un coup de main au moment opportun. La dernière image du film verra d’ailleurs les deux rivaux, que rien ne semble départager en terme de puissance et de combativité, bondir l’un sur l’autre pour enfin régler leur différent, sur la cargaison d'or de la mission !

Film qui alterne les séquences très vite, personnages intéressants, intrigue qui brasse les mutants et les dangers du post-apocalypse, le gladiateur du futur demeure une petite perle du bis, un film où l’on peut accrocher et qui mérite aussi une attention particulière. Bizarrement, Al Cliver ne me paraît pas être crédible dans ce rôle de premier plan, mais bon.  

Pour l’histoire, Joe D’Amato avait monté sa petite boîte de films nommée Filmrage vers la seconde moitié des années 80, il a essayé jusqu’au bout de proposer des ouvres divertissantes mais le marché des indépendants s’est effondré (les majors ont tout mangé) et il s’est reconverti dans le porno, ce qui demeure triste eu égard aux capacités de cet efficace réalisateur. Justement, il avait constitué une brochette de collaborateurs à qui il se montrait fidèle et dont il tirait parti de toutes les ressources. Citons entre autres Laura Gemser, Gabriel Tinti, George Eastman, Donlad O'Brien parmi tant d’autres !  

 

Le gladiateur du futur fut sorti en salles, où il connu une carrière honorable. UGC l’a sorti en vidéo et M6 l’a diffusé vers 1990 ! Enfin, voici un trailer qui vous donnera une petite idée ! Nanarland relate les carrières de tous les protagonistes cités.

 

 

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Mallox 20/04/2008 08:53

ça donne envie de le revoir. Au moins 20 ans que je ne l'ai pas vu.