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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 08:01

La guerre des gangs réalisé par Lucio Fulci en 1980 demeure vraiment un film à part. Il détonne par sa violence, son propos mais aussi son mode de production, qui est singulier dans le cinéma. Retour sur un film qui ne s’oublie pas une fois vue et dont la production demeure incongrue.

La guerre de gangs se nomme en vo Lucas le contrebandier. Il relate la violente intrusion à Naples d’un gang français, dirigé par le marseillais joué par Marcel Bozzuffi. Celui-ci supprime méthodiquement tous les chefs locaux, dont le frère du héros nommé Lucas joué par Fabbio Testi. Il s’en suit une spirale de violence assez extrême (Lucio ne lésine pas sur le gore) où les survivants peu nombreux de la mafia napolitaine vont devoir s’allier pour contrer le brutal et féroce Marseillais . D’ailleurs, la vieille génération va aider ses homologues lors du climax final assez hallucinant.  

 

Pour l’instant, rien ne distingue la guerre des gangs d’un autre film de ce genre italien. Il faut apprécier la brutalité choquante du film, puisque jamais film noir n’aura aussi bien mérité cet épithète. L’univers de Lucas s’effondre, les mafieux se font éliminés dans un déchaînement de violences sadiques,  Naples n’est pas montré comme une carte postale et la photographie est sombre. La musique signée par Fabio Frizzi est excellente et elle dynamise le film en lui donnant un tempo effréné. L’interprétation est excellente puisque des têtes d’affiche aux rôles les plus obscures, tout acteur est intéressant ou pittoresque.  

L’autre particularité du film se situait dans les coulisses. La première productrice du film a planté le film au milieu du tournage, en ne payant personne (très italien comme méthode), aussi les mafieux de Naples ont pourvu au désistement en finissant la production du film ! Ainsi, le film demeure favorable aux mafieux, des sortes d’entrepreneurs qui constituent un rempart contre la drogue que veulent amener les étrangers ( !). Lucio Fulci, qui était un gros baratineur devant l’éternel, se ventait de manger lors du tournage avec des pontes de la mafia dont certains furent arrêtés après. 

Le film connut une petite carrière en Italie, il fut distribué de manière erratique mais il essuya de bonnes critiques, malgré la violence. Bizarre pour une presse qui étrillait les films d’horreurs dont ceux de Lucio ! Incroyable également ce mode de production, ceci rappelle le mafieux américain qui a produit et exploité Gorge profonde, dont massacre à la tronçonneuse fut un rejeton indirecte ! 

Note : Je vous renvoie à l’excellente critique de Psychovision (que je remercie pour le prêt des photos, chaleuresement), qui propose un angle d’analyse différent et complémentaire. Le trailer se trouve ici. Scherzo a sorti le film au début des années 80’ en k7, mais Néo publishing pourrait nous faire la surprise de le sortir en dvd, un jour prochain !

 

 

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Published by Bastien AYALA
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