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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 08:00

2ème partie.

Petit point sur le statut de Neal Adams dans ces années 70’ :  Il est un prodige du dessin, il a suscité une ferveur chez des fans de comics, il a brisé des règles de management faisant la navette chez les deux éditeurs, il a livré une bataille pour les droits des artistes. Ajoutons à cela son propre talent qui est grand, il va pouvoir entreprendre ce qu’il désire, en dilettante, ses fans dévoués le suivront dans toutes les entreprises, même les plus incroyables. 

  

Son talent d’artiste est prodigieux. Neal Adams a un talent rare, il capture et retranscrit presque parfaitement l’anatomie de ses personnages. Ses personnages paraissent presque bouger et, justement, le mouvement demeure son point fort. En noir et blanc (le meilleur moyen pour apprécier pleinement le talent du grand Neal), ses personnages semblent presque bouger et l’œil du lecteur accompagnent magnifiquement bien la dynamique des personnages. C’est à mon sens le point essentiel de Neal Adams, sa main exécute parfaitement ce que perçoit ses yeux. Il doit s’agir d’un processus neurologique assez intéressant dont, hélas, je ne possède pas les ressorts. Les dessinateurs affirmés en parlent de temps à autre, l’œil commande la main. Cela donne bien sûr des résultats tels que cela : 

Neal Adams vilipende de temps à autre le média des comics dans les revues des comics, ou plus particulièrement leurs éditeurs qui lui paraissent furieusement peu compétents. L’homme est très prolixe, il a le contact facile et il plaisante en permanence. Son Studio, les crunsty Bunkers, demeure un asile pour les artistes qui veulent faire un break dans la production mensuelle. Neal Adams demeure un chef de bande charismatique capable de se mobiliser pour des causes. Les comics lui paraissent loin. Toutefois, il est approché une ultime fois pour le fameux crossover Classuis Clay/Superman. Il s’agit en quelque sorte du baroud d’honneur de Neal Adams. Son ultime œuvre de grande qualité dans le monde des comics. Il mettra deux ans à le réaliser et le résultat demeure quelque peu intéressant. 

Neal Adams s’éloigne réellement du médium comics, il poursuit ses activités publicitaires qui emploient donc un ensemble d’artistes, certains issus des comics, qui trouvent alors un havre salutaire de revenus. Mais ce qu’il y a de probant, à propos de son influence, demeure la chohorte de disciples qu’il inspire. Je pourrais citer Mike Grell, Rick Buckler, Bill Sienkiewicz, Trevor Von Eden, John Byrne, Alan Davis… Neal Adams n’est pas du genre à dénigrer ses disciples, certains même travaillent avec lui. Jack Kirby a eu en son temps la même influence, Todd Mac Farlaine et Jim Lee auront la leur plus tard. Neal fait éditer un portofolio en 1979 qui présente ces futurs personnages qui seront édités par Continuity et Miss Mystic chez Pacific.

Justement en 1982, un éditeur tente une nouvelle expérience en termes de droits d’auteurs. Pacific comics attire de grandes signatures, Jack Kirby et Neal Adams en publiant leurs œuvres et en leur laissant leurs droits. Il en résulte Captain Victory et Silver Star pour le grand Jack, et Miss Mystic pour Neal Adams. Le résultat est discutable, les comics sont à deux $, pour environ 50 cents d’un comics lambda, les histoires ne sont clairement pas les meilleures œuvres de leurs auteurs et, à cause d'un système de retour de paiements sur stock, Pacific comics fait faillite ! 

Mais Neal Adams ne reçoit pas les arriérées de son salaire, aussi il germe dans son esprit l’envie de produire lui-même des comics en montant pour cela sa propre firme, la mal-nommée Continuity comics. L’œuvre durera sensiblement 7 ans, et c’est une aventure fort savoureuse. Les titres ont des numéros qui se suivent à parfois un an d’intervalle (une firme nommée Continuity !), les concepts et les personnages sont faibles en terme d’intérêt.

Bref, Continuity comics a pour essentiel atout l’aura de Neal Adams que ses fans suivent malgré tout. Mais ils seront moins nombreux, de moins en moins. Les couvertures usent de tous les gadgets possibles, les crossovers sont monstrueux, désordonnés voire anarchique. Dans Deathwatch 2000, certains des numéros de couvertures ne sont pas numérotés ! Des erreurs qui relèvent presque de l’amateurisme. Les scories sont multiples : couleurs affreuses qui rendent la lecture illisible,  numéro  absent de la couveture  sensé  indiqué  la place dans le crossovers... Regardez cette couverture, le dragon est sensé indiquer le numéro de "l'oeuvre"dans la série !

Une association manquée avec Todd Mac Farlaine pour réunir Spawn et Valeria (un succédané de Man-bat !) et  finit de faire sombrer les péripéties de la firme Continuity. Toutefois, une cohorte d’artistes ont fait leurs débuts grâce à Neal et ils lui en sont reconnaissant.

Neal Adams demeure toujours rattachés dans le domaine des comics, que ce soit dans les conventions ou même à l’étranger (semic l’a fait venir sur leur stand une année !). Il semble vouloir tater encore un peu de dessin puisqu’il réalise avec parcimonie des couvertures ici et là. On parle également d’une collaboration avec Franck Miller, assez probablement sur ALL STAR BATMAN, à la suite de Jim Lee (on a le temps de voir venir). Mais honnêtement, son style demeure moins bon, plus automatique et il semble avoir adopté certaines facilités ou automatismes... 

Toutefois, il s’agit bel et bien d’un artiste cardinal, immense qui a fait beaucoup et qui demeure assez savoureux à rencontrer. Même si il a capitalisé sur son talent passé, il a un style, une griffe qui demeure inégalable. Je me pose une question qui nécessite de l’imagination, si Neal Adams était né dans un autre temps et un autre lieu, aurait-il eu le même impact sur un art majeur tel que la sculpture ?

Note : Scarce nous a narrer avec bonheur l'épopée Contiuity comics, qui plombe un peu l'image de Neal Adams, dans les excellents numéros 44 et 45. Vous pouvez consulter ou achetez l'édition de Neal Adams/Batman éditée par Panini en 2005. Même si son trait demeure meilleur en noir et blanc, il s'agit quand même d'un événement passé un peu inaperçu par le plus grand nombre (alors que nos voisins eurpéens demeurent plus avertis) !

 

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Published by Bastien AYALA
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Bastien Ayala 03/05/2008 14:36

Bonjour Yann,
j'ai vu ces quelques planches, de mémoire environ 6, dans un trade paper back qui se nomme, je crois, X-men Visionnaries. Le style de Neal tend un petit peu vers John Byrne,ce qui est étonnant, et le début voit la mort de Magnéto. Dans une interview, Neal racontait que Jim Shooter lui avait fait un contrat qui laissait à désirer ! Mais le plus étonnant, c'est que Chris Claremont a remanié son script puisque le début montrait la mort de Magnéto. Quelques pages vraiment étonnantes donc !

Yann 03/05/2008 03:23

Neal Adams avait accepté, dit-on, de bosser sur Avengers à la condition que Stan Lee accepte de le laisser s'amuser sur les X-men, qui était une série sur le point de s'éteindre à l'époque... On lui doit la fameuse aventure avec les Sentinelles entre autres... Il devait réaliser "Dieu Crée, L'homme Détruit" avec Claremont et il aurait même fait les crayonnés de quelques planches que je n'ai jamais vues! As-tu connaissance d'un site où nous pourrions voir ces qqs inédits?