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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 08:01

Vai Gorilla est un petit film policier italien nerveux dont le thème sera repris par une grosse production américaine, bodyguard, qui connaîtra en 1991 un succès mondial. Pour notre vai gorilla, il s’agit d’un honnête film de policier italien, le politcheiszo, dont je vous présente les qualités.

  Tout d’abord, le contexte de vai gorilla demeure intéressant puisque l’Italie, pays où la mafia demeure un acteur de poids, fait parfois penser à un far-ouest dans certains de ses pires aspects. Le racket du pizo existe encore, la mafia s’attaque à chaque faille de l’administration (et il y en a !), corrompt les députés ( et il y en a !) et ralentit le développement. Le genre poli naît du mécontentement énorme de la population puisque dans le début des années 70’, l’Etat semble clairement dépassé et ne prendra jamais la mesure du problème, coupée de la réalité de la rue où la criminalité se développe spectaculairement.
  

 Vai Gorilla se passe en 1978, le film présente un entrepreneur de travaux, Renzo Palmer, qui subit des menaces puis se retrouve bastonné pour qu’il cède, mais celui-ci a de la volonté. Un jeune homme passe par hasard et il intervient de manière héroïque puisqu’il parvient à mettre en déroute les racketteurs. L’entrepreneur y voit la providence et il l’engage comme garde du corps. Le personnage joué par Fabio Testi, un acteur assez incroyable, se retrouve donc à jouer le gorille, ce qui permet au film de nous narrer quelques moments fort amusants : il accompagne le patron pour voir sa maîtresse, puis l’épouse du patron pour ses propres « distractions », il se fait huer comme un gorille par les ouvriers du chantier…

Au moment où la routine paraît s’installer, les rançonneurs tirent sur le patron avec un fusil de haute précision, et la tournure des événements paraît sérieuse. Il s’avère que se trouve à la tête des malfrats un redoutable ancien militaire d’élite qui refuse de faire une croix sur le magot que représente l’entrepreneur, et ce n’est pas un tireur amateur apprenti garde du corps qui va le dissuader, la lutte sera mortelle et chaque partie va fourbir ses stratégies.  

Vai Gorilla demeure un film sympathique, une solide série B qui est notamment due au talent de réalisateur de Tonino Valeri. Une drôle de carrière ce Tonino Valeri, ancien assistant du grand Sergio Leone, que l’on dit dirigiste et maniaque du détail, il a eu l’opportunité de diriger le culte « mon nom est personne » mais Sergio Leone lui a saboté la chance qu’il lui a donné en tournant en douce des scènes peu fameuses. Les critiques ont retenu ce couac et la paternité du long métrage lui demeure encore contesté, alors qu’il est établi que Tonino Valeri a réalisé le film dans son ensemble. Sa carrière en a pâtit (on dit le milieu du cinéma redoutable) mais il démontre de vraies qualité de metteur en scène pour Vai Gorilla : le ton du film est sec et solide, les péripéties sont nerveuses et une scène demeure haletante, le piége de l’ascenseur où Fabio Testi se retrouve dans le vide. Bref, vai gorilla lui doit beaucoup en terme de dynamisme.  

Fabio Testi est un ancien cascadeur qui a eu l’opportunité d’avoir sa chance en tant qu’acteur et qu’il a saisi. Il a joué dans une myriade de films dont certains très estimables mais il a surtout franchi la série B pour aller jouer dans des films d’auteurs ou sous la direction de grand réalisateurs comme Claude Chabrol avec Nada (très intéressant en ce qui concerne les cellules politiques extrémistes et qui anticipe de quelques années l’arrestation de la cellule action directe). Fabio Testi a été célebré comme il se doit par Santiago Segura dans le troisième et culte Torrente, la série espagnole culte. Fabio Testi demeure très attaché à ses films et il est très respectueux du cinéma de genre. Il y a Renzo Palmer qui joue l’entrepreneur, un acteur opulaire en Italie au physique et au charisme impressionnants dont Nanarland nous retrace l’étonnante carrière. Notons également que la musique est signée par Fabbio Frizzi, un des meilleurs musiciens de l’époque qui a signé des excellentes compostions. Justement, il dynamise les séquences d’action de vai gorilla et le fait que la BO soit inédite est fort regrettable.

Vai Gorilla se finit bien, le héros d’origine modeste part finalement avec la fille de l’entrepreneur, sous sa taçite approbation. Une petite note de tendresse pour un film hautement recommandable bien que, hélas, il ne soit jamais sorti en France et qu’il n’ait pas connu de succès en Italie. Mais son relatif descendant, bodyguard (hi ; hi ; hi), lui, a explosé des records mondiaux, quelle injustice...

 

Note : Je vous propose également  de consulter  la critique de Psychovision qui  diffère  de la mienne, histoire de varier les avis !

 

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Published by Bastien AYALA
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