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18 mai 2008 7 18 /05 /mai /2008 08:00

Il s’agit donc de la troisième et ultime vague des comics de Jack Kirby chez Dc comics. Il a livré ses travaux les plus ambitieux avec l'ère New Gods et ses racines, puis il a continué avec le démon et Kamandi. La raison d’être de Omac et de Sandman consiste à s'acquitter des obligations contractuelles de Jack, qui trouve encore et toujours l’énergie et l’inspiration pour mener à bout de nouveaux titres, dont le fameux Omac. 

 

 

1        OMAC

 

Omac est l’abrégé de One Man Army Corps. Il raconte dans un futur particulièrement périlleux le destin de Buddy Balnks, un homme simple et tranquille, qui est choisi par un satellite/ordinateur nommé Big Brother afin d’être l’arme ultime des forces de la paix dans ce futur où les pires excès sont légions et où la morale a bien reculé. 

Buddy Blank fait figure d'exception dans le monde d'Omac, qui a une thématique intéressante.Les gangsters et autres mafias sont en train de supplanter l’ordre établi qui semble vaciller. Les forces de l’ordre n’ont pas de visage pour être le plus anonyme possible. Elles concentrent leur ressource en un seul dispositif : Omac. Il doit venir à bout d’innombrables périls. Lutter seul contre une société qui bascule, voilà un thème de la revanche que j’interprète comme défouloir fantasmagorique de Jack Kirby. Buddy Blanks est un être simple, au sens où il n’est pas perverti et il reçoit le don ainsi de la puissance céleste incarné par un ordinateur protecteur, big brother, qui demeure son seul véritable soutien. 

Malgré la courte vie du titre, 8 numéros à peine, Omac demeure l’ultime grand apport de Jack à Dc et le titre est vraiment trépident. Les menaces sont nombreuses et renouvelées, le dessin demeure fouillé et puissant. Bref, Omac demeure le shérif du futur sombre et incertain. Les périples sont très intéressants et relèvent de l’imagination pure, comme ces voleurs d’océans, titre qui défie l’imagination.  
Jack Kirby fait fort, vraiment très fort, puisqu’il initie et demeure le précurseur du théme cyber punk. Omac n’est pas autre chose, visuellement, qu’un iroquois mélangé à un super-héros grâce à de la technologie capable de le transmuter. Le terme date des années 80 et il demeure à attribuer à William Gibson avec son Neuromancien (1984). Bien que le fond reste classique, la forme demeure réellement audacieuse et innovatante. Mais Jack Kirby n'est pas cité comme source d'influence, pourtant Omac peut quelque peu s'apprécier comme la matrice de ce courant...

Le titre Omac va se clôre au terme de ses 8 petites aventures, très distrayantes, mais une fois de plus l’héritage de Jack sera bien employé par ses successeurs dont John Byrne pour une mini-série de 4 parties en 1988 puis dans Infinity Crisis qui reprend la technologie du Big Brother de manière astucieuse, une fois n’est pas coutume. 

*Omac serait le grand-père de Kamandi. C’est lui qui se ferait tuer au début du titre, ce qui sous-entend qu’il a échoué dans sa mission ! Curieux lien souhaité par Jack Kirby qui demeure très pessimiste sur le destin de l'humanité !

 

2        Sandman

 

Sandman demeure un personnage crée par Jack Kirby avec son compère de jadis Joe Simon. Il s’agit d’un héros mystique qui lutte contre les démons qui menacent d’envahir notre monde grâce aux cauchemar (le péril est rarement mineure chez Jack Kirby). Il s’agit ici d’une nouvelle mouture de cinq numéros qui voit donc le Sandman comme un justicier bigarré et original qui lutte avec des armes assez pittoresques (dont un sifflet ultrasonique) allié à des créatures monstrueuses (la brute et Glob).

Les aventures sont trépidantes et fort recommandables mais qui d’autre que Jack Kirby saurait retranscrire la folie et la magie d’une telle histoire. C’est Michaël Fleischer qui assure les scénarios, étonnant sachant que le King sait réaliser de bonnes histoires. Peut-être se méfiait-on en haut lieu des séries de Jack ?  

Ce qui demeure amusant dans ce titre au concept assez fou, c’est que Neil Gaiman livre un traitement du personnage assez sarcastique puisque le Sandman version Kirby est traité d’abruti fini qui ne se rend pas compte qu’il est manipulé, tout comme son successeur Hector Hall, par ses assistants monstrueux. Ces derniers sont des démons des rêves qui ont volé et se sont appropriés certains pouvoir de Morpheus car ce dernier fut capturé par un mortel. Le Sandman, l’endless, va devoir démêler cette imposture… 

Voilà donc un résumé de l’œuvre magique du grand Jack pour Dc comics, et on peut dire que la malchance, une fois de plus, a sanctionné son œuvre. Un énorme gâchis pour ces œuvres à la substance si riche et si imaginative, au demeurant inégalée, qui demeure le legs fabuleux d’un grand auteur. Jack Kirby a prouvé qu’il pouvait livrer de grandes histoires seul car il demeure un auteur accompli qui peut assurer toutes les étapes d’un comics. Mais on lui a coupé l’herbe sous les pieds. Son retour chez Marvel, au terme de son contrat, demeura mesquin puisque la maison aux idées s’est comportée de manière corporatiste en en laissant que des miettes du gigantesque gâteau que lui-même a confectionné.

Note : Je ne peux  que vous renvoyer avec enthousiasme vers l'excellent blog de Tony Larivière et de Daniel Tesmoingt, de grands fans  de Jack Kirby  mais  dont la culture de  la bande dessinée demeure tellement vaste. Je vous  prèsenterai  ultérieurement  quelques unes de leurs oeuvres.  En attendant,  visitez  le Jack Kirby Blog  !

 

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Published by Bastien AYALA
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Bastien Ayala 19/05/2008 07:06

Bonjour Sté. Neil Gaiman est un fan de Jack Kirby. IL a raconté dans une interview qu'il a failli voir lors d'une convention Jack en personne, mais à cause d'un horaire serré, il n'a pas osé aller à sa rencontre. Il s'en veut toujours, d'autant plus que l'avion en question fut en retard ! D'ailleurs pour sa dernière aventure chez Marvel, il avait un contrat de deux projets et il s'est tourné vers les Eternels grâce à son admiration pour le King. Pour le Sandman qu'il traite d'abruti, il est vrai que seul le talent de Jack permet de faire passer la pilule qu'est cette histoire un peu simpliste et un rien candide.

Ste 19/05/2008 03:57

très bon, je ne connaissais pas vraiment ces Sandman, plus habitué à celui des Endless de Gaiman...
C'est bien un fan de Kirby, il ne l'a jamais caché.