Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /Juin /2008 06:00

La lame infernale demeure un film encore méconnu du grand public. Ce n’est pas demain que Tf1, M6 ou France 2 vous le présentera, et seul Néo Publishing pourrait nous le proposer en Dvd. Et pourtant, il s’agit d’un film de grande qualité qui a un rythme, un enjeu et un propos intéressants qui demeurent servis par une équipe brillante. 

La lame infernale, ou l’âme infernale, se nomme en vo la police requiert de l’aide. Il s’agit d’un giallo très énergique dont l’intrigue se mêle habilement aux séquences d’action qui se succèdent sans temps mort. En fait, le rythme demeure le principal atout de l’histoire. Mais cette histoire, quelle est-elle ? 

Le film se déroule dans les années 70’ en Italie, une décennie bizarre où les pires excès se succédaient en Italie. En voilà un, qui demeure à peine voilé et qui a une résonance bizarre de nos jours, dans notre propre pays. La police découvre une fille de 15 ans qui s’est suicidée par pendaison, dont la porte demeure fermée de l’intérieur. La juge d’instruction collabore avec l’inspecteur de service, joué par le grand acteur allemand nommé Mario Adorf. L’autopsie révèle à la fois le moment de la mort, et une grossesse de deux mois. La police retrouve les parents, qui ne sont pas en Italie et qui semblent éloignés de sa fille. L’inspecteur ne recueille que des éléments mineurs, peu intéressants pour la suite. Seul un coup de fil anonyme, un parmi une longue série, semble un brin troublant. Donc, rien de particulier à ce niveau de l’enquête… 

Mais lors d’une affaire sur des agitateurs politiques, l’inspecteur et la juge d’instruction  visionnent un film sur ces agitateurs. Or, par un grand hasard, ils remarquent avec stupéfaction la présence de la jeune fille, et le tournage du film demeure postérieur à la mort indiquée par le légiste. Nous sommes donc en présence d’un meurtre maquillé. L’inspecteur passe le relais à un autre de ses amis inspecteur. Il lui confie que, du fait que sa fille ait le même âge, il supporte mal l’affaire.  
Le nouvel inspecteur reprend de zéro. Il comprend qu’il s’agit d’une machination et il démonte le fil le plus infime afin d’aboutir à la moindre piste. Ses rapports avec la juge d’instruction demeurent tendus, puis les deux apprennent à se respecter pour leur efficacité et leur engagement dans cette enquête. L’inspecteur parvient à remonter une piste, il semble qu’il y ait une filière de pédophilie qui abuse des jeunes collégiennes. Les pistes avortent une première fois et il ne récupère que des enregistrements qui le mènent nulle part. Or, en réécoutant patiemment les bandes, il se rend compte qu’une des voix des jeunes files, les « rencontres » étant enregistrées, est celle de la jeune fille de son collègue !  
L’enquête reprend de plus belle, et cette fois, les pressions pleuvent sur la juge d’instruction et l’inspecteur. La juge demeure jouée par une actrice très intéressante, Giovanna Ralli, qui ressemble quelque peu à Claudia Cardinale, et qui demeure crédible dans un rôle de femme forte soumis aux pires horreur de la nature humaine. Mais un tueur supprime toutes les pistes et les personnes impliquées dans l’affaire, une à une, puis il s’en prend à la juge. Celle-ci s’en réchappe de justesse, et l’identité du tueur demeure dévoilé : il s’agit d’un jeune bouché fan de moto qui demeure l’ultime pièce pour découvrir la vérité. La traque sera longue, épique, et la police demande l’aide du grand public(la police demande de l’aide). Détail amusant, ce sont deux petites filles qui  renseignent la police pour enfin appréhender ce tueur insaisissable. 
  Le titre du film américain, « qu’avez-vous fait à nos enfants ? » résume bien le thème du film. Il s’agit d’un réseau pédophile de notables, voire de politiques, qui se dissimulent derrière le légalisme et leur respectabilité. Encore une fois, le cinéma sert d’exutoire à des histoires étouffées qui restent cantonnées au niveau local (comme en France la femme flic du courageux Yves Boisset avec Miou-Miou). La fin du film montre que l’affaire sera étouffée en première classe par les politiques, car la liste des « personnalités » demeurent édifiante ! Mais nos héros en ressortiront habités par la volonté d’aller plus loin.  

Brillante dénonciation, la lame infernale demeure donc un brûlot très réussi. Sur un schéma degiallo policier très abouti (le giallo contourne souvent la présence de la police), le film ose traiter d’un fait dérangeant. Mais le rythme du film demeure brillant car dopé par la musique impeccable de Stelvio Cipriani. Nous assistons aux côtés de Claudio Cassinelli à cette enquête en spirales. C.Cassinelli demeure comme toujours impeccable, un comédien doué et qui compose toujours ses rôles avec une grande sensibilité, refoulée derrière un masque de dureté. Massimo Dallamano, directeur de photographie pour Sergio Leone dans pour une poignée de dollars, demeure un grand réalisateur qui nous a hélas quitté trop tôt, en 1976  des suites d’un accident de voiture. La lame infernale demeure la preuve éclatante de son talent qui se retrouve en bonne place parmi une belle filmographie.

  

 

Note : Je vous renvoie à une critique très intéressante de Psychovision, qui aime également beaucoup ce film ! Je vous propose un trailer qui vous mettra dans l’ambiance. Enfin, un nouveau et superbe blog qui propose le choix le plus large jamais vu de documents sur les giallo ainsi que des critiques : le giallo.com !link
Par Bastien AYALA
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