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3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 08:01

Dario a déjà réalisé l’oiseau au plumage de cristal en 1969 puis le chat à 9 queues. Ce dernier demeure intéressant, mais quelque peu inabouti en raison d’un assassin qui n’est pas clairement mis en valeur et un résultat quelque peu bancal. Mais Dario s’associe à Luigi Cozzi, qui demeure un passionné de Sf pour ourdir ce troisième giallo de sa trilogie animale en 1971. Le résultat demeure une œuvre très aboutie qui alterne le rire, le frisson et la manipulation du spectateur avec un grand brio. 

Tout repose sur le scénario, qui demeure nébuleux dans un premier temps afin de d’emprunter une seule et unique ligne à la fin, pour révéler une vérité tortueuse. Un jeune artiste nommé Roberto demeure suivi depuis quelque temps par une mystérieuse silhouette qui le suit à distance raisonnable. Quand il essaye de venir à sa rencontre, l’homme mystérieux se volatilise. Un soir, alors qu’il se retrouve seul, il suit l’homme jusqu’à un théâtre vide et il l’aborde. Une mystérieuse silhouette masquée par un masque grotesque allume un projecteur sur le balcon et prend des photos de la scène, où Roberto et l’homme mystérieux ont un échange vif. L’homme sort un cran d’arrêt que Roberto lui arrache des mains et le retourne accidentellement contre lui. L’homme meurt tandis que le troisième larron prend moult photos.  

Roberto s’enfuit mais il demeure tétanisé par cette nuit. Lors d’une party chez lui, il souhaite changer de disques mais en fouillant la pile de ses propres disques, il trouve des photos de la scène. Son malaise augmente… La nuit, alors qu’il dort avec sa femme, il entend un bruit suspect, il se lève et il est étranglé par un filin d’acier. L’assassin lui dit qu’il le laissera mijoter encore un peu. Roberto demeure obliger de se confier à son épouse, campée par l’excellente Mismy Farmer, elle se doute de quelque chose et intime à Roberto d’aller à la police. Mais Roberto ne veut pas se rendre coupable d’un meurtre d’autant que le cadavre vient d'être retrouvé. 

David demande l’aide  son grand ami, Dieu (diminutif de Dieudonné), joué avec truculence par Bud Spencer. Ce dernier lui dit que sa nemesis demeure tordue et qu’il doit faire face au pire. Justement, la bonne est tuée dans un parc public. Les menaces se font plus ressentir et sa femme le supplie de partir ailleurs sans rien dire à personne, afin d’échapper au fou. Roberto engage donc le seul détective privé qui accepte l’affaire, joué par Jean-Pierre Marielle avec un grand brio. Il s’agit d’un détective un peu folle, qui a raté jusque là toutes ses affaires, absolument toutes. Il lui dit que statistiquement, l’affaire de Roberto se doit d’être réussie et il accepte l’affaire. Il prend tous les papiers relatifs à Roberto et étudie. Il semble trouver une piste qui l’amène dans un asile. Il demeure cependant suivi par le tueur, et ce dernier le tue en lui injectant un sérum mortel dans le cœur. Le détective meurt, heureux, car il a quand même résolu une enquête. 

Roberto demeure seul, sa femme l’a quitté mais sa cousine arrive pour quelques jours. Il y a une relation intéressante entre les deux êtres, ils ont un fort penchant l’un pour l’autre qui n’a jamais été exploité car Roberto est marié. Mais ils se laissent aller et ils passent un tendre moment ensemble, une parenthèse enchantée dans l’épreuve que vit Roberto. Mais lorsque celui-ci demeure parti, le tueur revient et il trouve cette si jolie fille et il l’a tue.

Roberto demeure finalement obligé d’appeler la police qui n’y comprend rien. Elle prélève la dernière image greffée sur la cornée de la victime et, en la développant, tous verront enfin le visage de l’assassin. Or, l’image qui demeure révèle consiste en 4 mouches sur un velours gris ! Personne ne comprend plus rien !

Le giallo demeure donc un art qui consiste à manipuler le pauvre spectateur que nous sommes. Et nous sommes formidablement mystifiés, avec maestria par Dario qui maîtrise son film de bout en bout. Il parvient à distiller des séquences d’angoisse comme on distillerait des gouttes ou des plumes sur une surface, lentement mais posément sachant que chaque plume serait une émotion. La mécanique du récit demeure brillante, la fin demeure évidente mais nous sommes plongés dans un raisonnement qui fait fi de l’évidence. Dario excelle à alterner de plaisantes séquences de comédie, avec Dieu ou le détective, ou des séquences d’émotion pure, grâce à cette si belle cousine.  Ces séquences permettent de  reâcher la tension, de jouer avec une certaine poèsie , et de rendre le héros plus crédible . Dario oubliera  quelque peu cette formule, dommage.

David devra donc faire le rapport avec les quatre mouches du titre si il voudra s’en sortir vivant, et surtout comprendre. C’est cela le génie de Dario, nous acculer à vouloir comprendre par un frisson morbide tout en ressentant les angoisses de David. Ennio Morriconne assure avec brio la bo du film, qui demeure inspirée et lui-aussi participe à la distillation de la peur. Ennio a toujours dit que la musique était un élément de narration qui devait suppléer le film, comme un auxiliaire de la mise en scène. Le thème du film participe à cette splendide mécanique de suspens qu’est quatre mouches.

Note : Le film demeure le grand inédit de Dario Argento en Dvd. Il semble qu’il y ait des problèmes de droit sur le titre, peut-être la Paramount qui n’a que faire de ce film, pourtant l’un des meilleurs de Dario. Enfin, il semble qu’une superbe ballade ait été composée par un groupe de rock de légende nommé Deep Purple mais, à cause d’une sombre histoire de quotta, ce soit Morriconne que Dario ait rappelé à la rescousse.

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Published by Bastien AYALA
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