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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 09:29

Encore un film pessimiste sur l’avenir de l’humanité, qui s’est écroulée dans un rapide soubresaut et qui agonise toujours. Il s’agit à mon sens du legs intéressant des années 70’ qui conjuguait avec intérêt film à propos et œuvre distrayante. Mais New-York ne répond plus demeure à mon sens réussi par le travail de la somme des talents qui œuvrèrent sur ce film, qui possède un très bon scénario. 

Le scénario du film se déroule en 2012 dans les cendres de la civilisation telle qu’elle s’est écroulée au début des années 80. Le film s’intéresse donc à la situation d’un quartier de New York, qui se divise essentiellement entre deux communautés qui s’affrontent et scrutent les défauts de l’autre afin de porter un coup fatal à son ennemi. Il y a d’un côté la communauté du rouquin, un massif chef de bande sans foi ni loi (cette notion est totalement désuète) face au pâté de maison sécurisé du Baron. Cette faction demeure quelque peu plus constructive ou pacifique. Elle possède un point d’eau non contaminé et son jardinier, Cal ou Carl, est parvenu à reproduire quelques graines, qui pourraient permettre à l’humanité de repartir. 

Un jour se tient immobile tel un homme de bronze un étranger au torse nu. Il se tient au milieu des deux factions et il semble attendre dans la méditation. Le Baron et une escorte vont à sa rencontre. Il lui propose de l’engager comme mercenaire en échange de rations, d’une chambre convenable et même, de « quoi satisfaire ses besoins sexuels ». L’étranger nommé Carson, incarné par Yul Brunner, accepte et il s’intégrera un temps à la communauté.

Il s’agit en effet d’un atout maître face au rusé et déterminé rouquin. Ce dernier semble d’ailleurs content d’avoir un adversaire à sa mesure et il ne cesse de vouloir attendre la communauté du Baron. Celui-ci souhaite secrètement que sa fille, Carl et Carlson partent avec des graines afin de redonner une chance à l’humanité, qui redeviendrait agraire. Mais les hommes du baron parviennent à investir les toits et à tuer Carl dont ils ignorent la réelle importance.  

Le Baron presse le mouvement, il doit extraire au plus vite Carlson et sa fille enceinte (de Carl) avant que le rouquin ne comprenne que la communauté du Baron est en train de se fissurer de toutes parts, et que le trésor que constituent les graines lui échappent. 

Il y a plusieurs éléments réussis dans  New-York ne répond plus, alias The ultimate Warrior, mais il s’agit à mon sens du scénario qui demeure la pierre angulaire du scénario. Le script campe fort judicieusement les réactions d’une micro société qui a fin, qui se délite. Les humains régressent à un niveau presque animal, et il ne faut pas grand chose pour les faire basculer vers un état sauvage de défouloir. Témoin cette scène avec le pauvre membre qui demeure accusé (à tort) d’avoir voler un légume de Carl. Il se retrouve condamné à mort en étant lâché dans la rue encagoulé. Il ne fera pas 10 mètres avant d’être rançonné et égorgé par les gens qui ne font parti d’aucune des deux communauté. Le Baron lui-même ne se doute pas que son autorité demeure bien tenue, et il ne suffira qu’une vague suspicion de détournement de vivres pour que son sort soit scellé, dans une séquence très intéressante. 

 New-York ne répond plus rationalise le thème de la survie. Et pour cela, le Baron dit à Carlson que s’il doit choisir entre sa fille et les graines, qu’il prenne les graines. Le Baron n’envisage d’ailleurs pas que sa communauté puisse réellement survivre, il n’est pas là pour la guider et il attache la même importance à son sort. On est loin de la figure messianique de chef.

L’autre point fort du film demeure l’interprétation, avec Max Von Sydow (le Baron), William Smith (le rouquin) et surtout Yul Brunner. Alors qu’on a tendance à célèbrer Steve Mac Queen, les médias oublient parfois quel formidable acteur était Yul Brunner. Il a joué dans certaines des plus fastueuses productions hollywoodienne des années 50 et 60, il est capable de donner de la personnalité à ses rôles par de fines expressions dans son jeu d’acteur et il demeure très capable physiquement. Yul Brunner demeure un des meilleurs acteurs hollywoodiens qui a jalonné son temps, et il serait temps de le considérer comme tel. Il fut un des plus grands séducteurs, il jouait beaucoup de sa puissance physique mais il hélas mort en 1985 d’un cancer des poumons et son allocution, où il disait regretté d’avoir tant fumer, demeure assez poignante. Yul Brunner apporte beaucoup à New-York ne répond plus, il campe un véritable homme de bronze qui est tantôt un redoutable guerrier qui est capable de laisser poindre une pointe d’intégrité humaine et un vrai charisme pour son personnage. Une bien belle performance en définitive, qui permet de se souvenir de lui comme un acteur complet et très accompli. 

Mais New-York ne répond plus demeure l’œuvre de Robert Clouse, qui n’a pas toujours fait ce qu’il a voulu dans sa carrière. Ainsi, avec le succès mondiale de Opération Dragon,  Robert Clouse a été obligé de réaliser toute sa vie des films d’arts martiaux, ou presque. The Ultimate Warrior fut une production Mgm qui lui laissa carte blanche mais, mille fois hélas, le film ne fut pas un succès et il assombrit les carrières de Yul Brunner et de Robert Clouse, forcé à réaliser un film avec Bruce Lee mort 5 ans plus tôt (le jeu de la mort), de travailler avec son successeur désigné (Jackie Chan), victime du manque d’imagination de producteurs qui pensèrent mécaniquement à lui pour toute production d'arts martiaux. New-York ne répond plus demeure la preuve absolue que Robert Clouse demeurait réellement capable, qu’il était à la fois un solide réalisateur mais aussi un auteur doué pour les films à thèmes. Je rends donc hommage à ce réalisateur décédé en 1997…

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Published by Bastien AYALA
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