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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 08:00

Je suis parfois bien désolé de chroniquer des films ou des bandes dessinées confidentiels ou assez dur à trouver. Une fois de plus, les 7 bérets rouges s’inscrivent dans cette catégorie. Il s’agit d’un film que j’ai acheté dans un vidéo-club qui liquidait son stock. J’avais listé une kyrielle de films et mon ami/mentor Patrick Moschietto voulait ce film. Je jette toujours un coup d’œil sur les films qu’il prend, aussi j’ai commencé à regarder le début des 7 bérets rouges. Le début de ce film m’a si choqué que j’ai arrêté le film, téléphoné à mon ami pour lui demander ce qu’était ce film au juste. Je vais donc vous le chroniquer. 

Le début voit une tribu africaine faire un rituel de guerre, puis une femme blonde est mise sur une croix pour être violée par de multiples hommes. Les guerriers vont sur un site voisin avec des torches. Là se trouvent quatre mercenaires, les fameux bérets rouges, qui sont attachés en croix. Les guerriers portent leurs torches devant le visage des soldats, qui reculent instinctivement puis sous la torture. Le soldat qui se trouve derrière demeure empalé par une tige en fer qui demeure déclenchée par le soldat torturé dans son dos. Cette séquence demeure si sadique que j’ai cru me retrouver devant les pires moments de Cannibal Holocaust : une débauche de violences et de tortures qui secoue par son réalisme et fait du spectateur un témoin directe.

J’ai quand même repris le film, assez secoué, et la suite demeure plus intéressante. Nous sommes en Afrique noire, une zone géographique riche en matières premières dont les multinationales ont pour but de s’emparer malgré les populations locales qui constituent pour elles une contingence. Leurs agents locaux sont des mercenaires, en l’espèce des bérets rouges, qui doivent agir dans des opérations coup de poing afin de terroriser une population qui se rebelle.  

La mission voit donc 7 bérets rouges qui doivent aller rechercher des documents pris sur la précédente expédition. Les 7 bérets rouges sont quelques soldats locaux, une soldat, un chef un brin psychotique qui enrôle de force un guide connaissant le territoire où il faut se rendre à pied. La mission se passe « bien » puisque les 7 bérets massacrent un village, avec sadisme, et ils doivent maintenant regagner la zone occupée bien que les forces « rebelles » soient alertées et elles les talonnent. Les 7 vont devoir affronter des embûches mortelles. Ils perdront certains des leurs, un par un, pour le grand climax qui verra une attaque insensée d’un train investi par les bérets rouges qui seront confrontés à une armée numériquement trop nombreuse. 
Vraiment une réussite atypique que ce film de 1969, sorti en France en 1973 ! Les 7 bérets rouges demeure un film haletant, où le danger qui revêt la forme de la cruauté la plus absolue demeure omniprésente et il frappe sournoisement. Il y a en outre une réflexion intéressante de la condition des mercenaires en Afrique, qui sont le bras armé d’exploiteurs dans une partie du monde que personne ne regarde mais dont les habitants sont forcés de réagir. Le film ne cite pas expréssement le pays mais un des titres étrangers se nomme Congo Hell. Les paysages sont splendides, réellement. Un encart au début annonce que l'équipe du film s'est rendu dans des lieux où aucune équipe de tournage ne s'est rendue auparavant.
 Les mercenaires eux-mêmes sont d’anciens soldats professionnels qui tuent sur demande. Leur portrait n'est pas flatteurs car ils sont soit fous, soit désabusés. Dans l’ensemble, les 7 bérets rouges proposent des profils psychologiques assez intéressants. 

Certains acteurs de ce film demeurent remarquables sinon pittoresques. Ainsi le guide/témoin de l’histoire est joué par Ivan Rassimov, un très intéressant acteur yougoslave qui aura tourné dans de très bonnes productions italiennes dans les années 70. Il intérprétera des rôles marquants, mais souvent dans des compostions de méchants. Ivan Rassimov  aurait pourtant pu jouer sans problème des rôles de « bons », il nous a quitté en 2003. Il y a le grand Serge Nubret, un de plus impressionnants culturistes français, qui a eu la chance de jouer dans des films fort intéressants, comme les Titans de Duccio Tessari ou encore Hercule contre Goliath.
Serge Nubret demeure peu connu du grand public, mais il demeure réellement intéressant comme acteur et son rôle dans les bérets rouges permet de conférer une réelle humanité à son personnage.
Il y a enfin le fameux Kirk Morris, un ancien maître nageur qui eut la chance de se trouver dans la mouvance des péplums dans les années 58-64. Il aura joué dans ces années là quelques péplums dont certains sont appréciés, comme Masciste en enfer de Ricardo Fredda ou encore le pas si nul Goldocrak à la conquête de l’Atlantide. En revanche, Il demeure peu apprécié des amateurs qui le classe parmi les mauvais acteurs. A mon sens, le péplum est un genre si limité pour l'intérprétation et les intrigues que cela ne se remarque pas. En tout cas, Kirk Morris aurait pu jouer Musclor sans problème ! Et les 7 bérets rouges demeure son avant-dernier film.  

Enfin, il s’agit d’un très bon film du réalisateur nommé Mario Siciliano qui aura hélas exercé dans quelques films érotiques qui auraient peut-être eu une certaine côte pour les connaisseurs. Mario est mort en 1987, ce film montre qu'il avait des dispositions pour proposer des films intéressants... Je me réfère aux excellents fanzines qui sont le charognard, Médusa ou encore d’autres qui font honneur la cinéphilie et qui vont chercher l’information assez rare… tout comme ce film qui mérite d’être découvert !

 

 

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Published by Bastien AYALA
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