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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 08:00

2ème partie
 

Les maîtres du temps offrent une histoire d’une grande qualité avec ce qu’on nomme de nos jours un twist , bien que je préfère les termes « retournement de situation ». Ce twist est l’acte final, et  celui dLes maîtres du temps demeure  si bien agencé qu’il nous cloue dans notre fauteuil. Seul un autre film plus récent, le sixième sens, a pu atteindre un tel résultat. 

Le début du film nous montre Piel, un petit garçon, qui fuit avec son père une menace invisible et furieusement meurtrière. Le père a à peine le temps d’appeler à l’aide un des ses meilleurs amis, Jafar, qu’il subit un terrible accident. Le père ordonne à Piel, âgé de quelques années seulement, pour se cacher dans une forêt dont le pistil éloigne la menace. 

Jafar ne perd pas de temps. Il cesse toute activité afin de converger sans attendre la planète Perdide. Mais il doit escorter par contrat un prince destitué, assez fourbe. Il est accompagné de sa maîtresse nommée Belle, qui demeure plus noble. Le périple qui mènera vers Perdide sera long et semé d’embuches. 

Simultanément à la progression haletante de nos protagonistes, le petit Piel devra survivre à la forêt de Pistil qui recèle en son sein une pléthore de menaces, mais aussi quelques merveilles et animaux sympathiques. Le périple de Piel verra donc des animaux étranges, dont l’amusant et réussi Ouin-ouin, mais il communique avec un communicateur que lui a laissé son père. Il demeure donc relié à Jafar, Belle et le prince félon mais ceux-ci iront chercher Piel avec l'aide de Silbad.

Silbad demeure un vieux loup de l’espace, qui semble tout connaître et notamment la rare Perdide. Il s’engage aux côtés de Jafar spontanément et il sera utile pour prévenir le petit Piel des dangers qu’il encourt et le rassurer. Sur la planète de Silbad, tous assistent à l’éclosion d’une plante qui donne naissance à des petits êtres télépathes pour qui les pensées peuvent « sentir mauvais ». Deux de ces êtres, Jad & Yula, se joignent au périple de Jafar.

Avant d’ espérer atteindre Perdide, tous seront confrontés à une autre planète étrange peuplée d’anges sans face. Ces anges raisonnent à l’unisson et ils sont tous reliés à un être télépathe, la conscience collective, qui retient tous les naufragés sous son joug. Il s’agira d’une aventure de plus pour Jafar et ses pairs, dont un aura l’heur de se distinguer mais le temps presse, horriblement pour le petit Piel. Il a atteint le centre de la forêt, hors d’atteinte du pistil, qui ne le protège plus des frelons qui ont tué ses parents et une bonne partie de la population.

J’arrête à ce moment de narrer les aventures de Jafar, Piel et les autres. Mais il faut que vous sachiez que la manifestation des maîtres du temps demeure primordiale pour ce récit, qui raconte un des meilleurs paradoxes temporels jamais écrits (à ma connaissance, bien sûr). Le long métrage se scinde en deux parties distinctes, le périple du petit Piel et les aventures de Jafar pour ne faire plus qu’un, sous l’intervention providentielle des maîtres du temps. Ils permettent d’élever le thème du paradoxe temporelle jusqu’à un haut niveau puisque les deux éléments ou lignes de l’histoire en forment une troisième et ultime, qui demeure fort déstabilisante. La réflexion que suscitent Les maîtres du temps, sur la synchronie liée au temps et les paradoxes, demeure lancinante encore longtemps après avoir vu le film. Aussi si vous ne le connaissez pas encore, ou que vous en ayez un souvenir diffus, quelle chance vous avez ! 

 Féerie, mondes étrangers qui sont conçus avec une brillante imagination, caractérisation réussie de la plupart des personnages… Les maîtres du temps demeure une réussite splendide, preuve éclatante que le dessin animé peut prétendre à un niveau très élevé en ce qui concerne l’art. Ainsi la France célèbre le neuvième art avec conviction, pourquoi faut-il que le dessin animé (comptons les œuvres de René Laloux, Paul Girmault et tous les autres animateurs qui n’ont pas eu la chance de s’exprimer) ne soit pas reconnu à sa juste valeur ? 

Note : Je reviendrais peut-être sur le troisième films de René Laloux, Ghandar, qui comporte de beaux moments très poétiques. Mais je voudrais rendre hommage à René Laloux, décédé en 2004, qui a tant compté dans le paysage de l'animation française et qui a aidé tant d'animateurs. Enfin, je vous propse le trailer du film et aussi une critique fort réussie sur l'excellent site Devil Dead.

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Published by Bastien AYALA
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