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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 08:00

Len Wein est un scénariste qui a essuyé de fort mauvaises critiques dans le fanzinat français. A tel point que je me suis demandé pendant longtemps si il était aussi médiocre que cela. Certes, cette vague d’auteurs qui s’illustra dans les années 70’ (le relais de Stan Lee en quelque sorte) n’a guère plus donné de satisfactions par la suite et tous ont quitté les comics pour d’autres médias. Certes, on peut raisonnablement statuer que leurs histoires ou styles ne valent pas les coups d’éclats de Stan Lee mais quand même, ils ont apporté de bonnes pierres à l’édifice mainstream. Ce qui est justement le cas de Len Wein ! 

Len a commencé avec son pote Marv Wolfman, grands amateurs de comics tous les deux, ont su rentrer chez Dc et s’y installer. Ainsi on a donné une chance à des jeunes de 20 ans qui se sont montrés tout à fait capable ! Len Wein a pris en main quelques séries, dont Hulk où il a donné quelques moments farfelus (le monde sub-atomique où Hulk règne un temps, son idylle avec Jarella) que j’ai l’impression de retrouver avec planète Hulk. Il va prendre un temps le relais de Gerry Conway sur amazing Spider-man mais honnêtement, son passage est moins mémorable que celui de Gerry. D'ailleurs, il ne fait que le prolonger.

Sa version de Thor continue également la vision de Stan Lee et de Jack Kirby  mais le titre a perdu de sa magie et l’univers Asgardien me parait moins bien exploité. Len a surtout crée Man Thing et son quasi double Swamp Thing chez Dc  mais son morceau de choix demeure les X-men. Allez, vous avez peut-être lu un épisode de ce comics qui a lui seul est devenu une machine à cash dont Marvel essaye d’exploiter chaque recoin. 

Donc Len a laisser une grosse emprunte dans le comic book et sa vraie période sera grosso modo de 1968 (premiers débuts) jusqu’ à 1985 avec Watchmen, dont il sera le judicieux éditeur. Il partira avant la fin de la réalisation de Watchmen tout en reprochant la fin à Alan Moore qui se serait trop rapproché d’un épisode de la 4ème dimension. Len Wein ira travailler dans d’autres sphères, dont les dessins animés mais il aura collaboré à l’œuvre majeure des comics modernes. Toutefois, il gardera un pied dans le domaine des comics. 

Mais à mon sens, ses meilleurs moments seront son run sur Batmanau débuts des années 80’, dont il me semble qu’il fut également l’éditeur. Ses histoires sont bizarres, inventives et il s’intéresse à la galerie bigarrée des ennemis de Batman en leur donnant quelques moments mémorables. Il renforce aussi l’entourage de Batman en ajoutant de nouveaux personnages (la série oublie souvent que Bruce Wayne est aussi un homme d’affaires par son héritage). 

Il va surtout donner et conférer un aspect cosmique aux aventures de Superman et de ses alliés qui sera du meilleur goût ! Superman va tracter une planète ! Il va combattre Mongul avec sa cousine Supergirl avec un moment que j’adore : les deux kryptoniens scrutent la planète/arsenal de leur ennemi et leur vision est trop précise pour qu’ils réalisent la gravité du péril : ils se concentrent sur un  point alors qu'ils auraient du choisir une vue d'ensemble pour mesurer  l'ampleur de la menace. Bref, il y a plein de petites touches de ce niveau qui retiennent l’attention et qui confèrent de savoureux moments, même plus de 15 ans après une première lecture ! 

Enfin, Len Wein a repris après Crisis le personnage de Blue Beetle venu de la Charlton qui a revendu ses personnages de la ligne « action ». Len fait à mon sens un fort beau numéro zéro où il narre la mort du premier Blue Beetle (qui a même eu ses aventures publiées en France il y a des décennies, une sorte de clone du fantôme). Celui-ci se sacrifie mais assure le passage de relais à un de ses élèves nommé Ted Kord ! Futur brillant ingénieur mais super héros peu estimé par ses pairs, je fus surpris de son sort dans le spécial Countdown to infinity Crisis (qui a quand même eu le bon goût de ne durer que 80 pages !).

Le second coup d’éclat de Len Wein aura été de repérer puis d’engager Alan Moore pour écrire un bijou, sinon un diamant du comics moderne : sa création Swamp Thing ! Voir son œuvre ainsi sublimée doit être ressentie comme excitant ou blessant dans pour son propre égo ? Il semble que Len a été content même s’il a quitté son poste d'éditeur de Watchmen  au numéro 11 sur 12.  

Len ira travaillé dans d’autres secteurs dont le dessin animé ou la Tv puis il reviendra aux comics pour écrire le peu considéré Gunfire, un héros qui peut canaliser l’énergie résiduelle de chaque objet et le projeter. La série, vers 1993, ne durera qu’une quinzaine de numéros (avec Ed Benes aux dessins !) et Len ira tenter un obscur alliés chez Erik Larsen.

Une anecdote sur Gunfire, Garth Ennis l’aura ridiculiser à jamais dans son Hitman 1.000.000.000 quand son successeur viendra jouer les bons samaritains. Il se grattera sans trop faire attention ses propres fesses et il se transformera lui-même en grenade explosive ! On savait depuis le Spider-man de Stan Lee que c’était difficile d’être un héros mais alors là ! 

Ainsi Len Wein aura planté quelques semences o combien notables pour le comics book, que ce soit en personnages (toujours les X-men , Swamp Thing , le monde refuge de Hulk) que des bons moments qui inspireront de futurs auteurs (Grant Morrison pour les 7 soldiers et le côté cosmique délirant de sa JLA de très haut calibre. 

Le problème de Len Wein est qu’il caractérise à lui seul le problème récurrent des créateurs de comics. Il a cocrée Wolverine dans les fameux deux épisodes de Hulk. Il ne touche rien sur les droits de suite si ce n’est que pour les rééditions de ces histoires. Alors qu’un film sur Wolverine est tourné, est-il normal qu’il ne touche rien alors que le personnage demeure sorti de son imagination (affiné par Chris Claremont, il est vrai) ? Len Wein possède un meilleur contrat de la part de DC puisqu’il bénéficie de 10 % sur les bénéfices relatifs à Swamp Thing qui comptent, rappelons-le, deux films et une modeste série.  

Note : Je vous recommande surtout la très estimable interview de comic box, le no 47, où Len Wein relate le manque de reconnaissance moral et matériel de ce médium qu’il a pourtant fort bien servi ! Notons quand même que Len est toujours ami avec ses potes de sa génération et qu’il suit encore et toujours les comics !

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Published by Bastien AYALA
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