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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 08:00

1ère partie
 

Chris Claremont a beaucoup contribué à l’histoire des comics, énormément. Il a quand même porté sur ses épaules savantes le plus gros succès en termes de branches de comics d’un éditeur de comics. Je traite donc d’un auteur qui a repris, crée et développé une somme de personnages et d’intrigues époustouflantes qui demeurent très chers, vraiment très chers, dans le cœur de certains lecteurs de comics.


 

Chris Claremont est né en 1950 en Angleterre. Jeune adulte, il était gagné par la passion de métier d’acteur et il se rendit pour l’occasion à New-York, où les cours d’acteurs et les casting offrent pas mal de possibilités. Afin de subsister, il décroche un emploi peu intéressant chez Marvel qui ne décèle pas en lui tout de suite ses grandes possibilités dramatiques. Aussi il demeure assistant, c’est à dire qu’il demeure dévoué à des travaux éditoriaux où beaucoup d’échelons sont à gravir, que ce soit aller chercher le café, exécuter des directives ou répondre au courrier des lecteurs. Sa première série continue demeure quand même Iron Fist. Il s’agit d’une bonne série qu’il anime avec un nouveau venu qui finit ses obligations chez Charlton Comics, John Byrne. Bizarrement, John Byrne paraît roder son style sur ses premiers épisodes mais ses travaux chez Charlton, à commencer par Rog 2000 (sa création fétiche), démontre que son style était très tôt au point. Iron fist ne durera pas ce qui, commercialement, me paraît inexplicable puisqu’il s’agit de loin de la meilleure période du titre où toutes les menaces demeurent fort imaginatives et originales dans leur agencement (Angar le cri, le retour du Bommerang ). Chris Claremont fera preuve d’une de ses qualités majeures dans sa dramaturgie : une habile caractérisation et un sens de l'épique. 

Len Wein, encore lui, vient juste de relancer les X-men avec le fameux Giant-Size no 1 qui voit le passage de flambeau entre les deux équipes. Len Wein demeure débordé, littéralement, par la confection de ses multiples titres ainsi que ses responsabilités éditoriales. Aussi il donne à Chris Claremont l’opportunité d’écrire le titre des X-men. Ces mêmes X-men demeurent l’un des rares titres crées par le bouillonnant Stan Lee qui ne fut pas un succès à long terme. Même si le titre s’en sorti mieux que Captain Marvel, il fut massacré par Arnold Drake au scénarii qui rendit les aventures des premiers X-men bien compliquées et moins haletantes. Certes, le grand Neal Adams revint au scénarios & dessins, mais curieusement, il ne sauva pas le titre (alors qu’il avait une audience fidèle qui aurait du mathématiquement se reporter). Donc il y eut bien ce relaunch, mais il semble que ce fut une tentative où on ne plaça guère d’espoir puisque Len Wein abandonna immédiatement le titre à  Chris Claremont. 

Pourtant, Chris Claremont fit fort, vraiment très fort. Il donna une substance littéraire à chaque personnage, dont il éleva par ailleurs la personnalité et augmenta de fait son attrait envers le lecteur. Chris Claremont se réapproprie chaque X-man, qu’il traite savamment avec adresse à un moment ou à un autre. Il possède à mon sens un grand talent littéraire appliqué aux comics, il maîtrise tous ses (ces) personnages à qui il donne sens, intérêt et substance. Il s’agit d’ailleurs d’une grande première dans les comics, puisque leurs péripéties demeurent d’une part intéressante, mais de l’autre les personnages intègrent une dimension psychologique réellement nouvelle. 

En outre, il convient de saluer le sens de l’intrigue de Chris Claremont sur les X-men. Chris fait preuve d’un évident talent pour les aventures épiques, qui il est vrai, trouvent un sommet vers la fin du run de Dave Cockrum où ses sagas, la guerre avec les Sh’iar où le rencontre avec Mesmero puis le retour de Magnéto. Ces aventures sont réellement imaginatives, variées et inspirées. En terme de créativité, il s’agit d’un nouveau big bang puisque Chris Claremont insuffle un nouveau souffle créatif qui faisait quelque peu défaut à l’univers Marvel : l’audace et des territoires neufs.

Chris Claremont demeure habilement soutenu en cela par le talent graphique de John Byrne, la paire créative demeure la meilleure des années 70 sur un titre aussi long (je pense également à Steven Engelhart/Marshall Rogers ou Neal Adams /Denny O’Neil). Les X-men redeviennent enfin sensationnels, excitants et il se passe mille choses dans le titre, qui paraît tendre vers de nouvelles frontières qui explosent les anciennes limites de Marvel Comics. Le titre est un succès, John Byrne demeure motivé par l'aventure. Tous sont conscients de tenir quelque chose de nouveau, un ton renouvlé, un souffle innovant et les X-men s’imposent en best seller de la firme. Une belle remontée en quelque sorte, une revanche en définitif. 

Parallèlement, il continue avec John Byrne les splendides Marvel Team up qui ont fait le bonheur des lecteurs de Spécial Strange. Ces histoires où Spider-man fait équipe avec un autre personnage de Marvel demeurent réellement intéressantes. Je retiens pour ma part le team-up avec Red Sonja, qui demeure puissant et éloquent. La paire Byrne/Claremont demeure l’un des tous meilleurs duo artistiques des comics pendant ces années 70, le meilleur même selon la majorité.  

Le talent de Chris Claremont tourne à plein régime. Il se permet de fort habiles sub-plots qui trouvent leurs dénouements plus tard, et même quelques fois bien plus tard. Chris Claremont maîtrise totalement ses personnages, il imprime sa marque « littéraire » appliquée à l’ensemble des personnages qui demeure tôt ou tard traité sous sa plume, qui demeure habile, nous pouvons que en convenir. Les histoires ou les « arcs » demeurent des sommets en terme de déchaînement créatifs. Il y a ce fameux Prothéus qui brûlent des mutants ou des gens pour pouvoir déformer la réalité (on parle des idées bizarres de Grant Morrison, mais l’élève Claremont hérite d’un 10/10 sur ce coup là) ou encore le fameux et quelque peu judicieux club des damnés (l’élite du monde a toujours été mutante, amusant !). Prenons aussi Arcade ou encore le glorieux « days of futur past » qui demeure un classique instantané et qui pose des problèmes de paternités pour les œuvres à venir (Terminator par exemple). Il s’agit à mon sens pour Chris Claremont d’une période de feu, celle où les créateurs peuvent se permettre toutes les audaces car leurs fibres créatives fonctionnent à plein régime (voire les Beatles, des cinéastes divers, il s’agit d’un schéma classique). Tout ce qu’entreprend la paire d’élite, John & Chris, demeure un sommet en termes créatifs et même, osons, ils ont élevés le standard d’écriture des années 70. Plus qu’une performance, mais les problèmes de Chris Claremont vont venir d’un ennemi tapis dans l’ombre et sournois, l’éditeur de chez Marvel !

 

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Published by Bastien AYALA
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