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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 08:00

José Luis Garcia Lopez demeure assez peu connu du public français. Il y a plusieurs causes à cela, l’artiste travaillait surtout pour Dc (publié de manière parcimonieuse en France), il n’était pas très productif et enfin, il n’a pas un style explosif. Il convient donc de revenir sur cet artiste au talent certain qui a quand même une belle cote auprès des lecteurs avertis.

José Luis Garcia Lopez est né en Espagne, il suit enfant sa famille pour déménager en Argentine. Il s’avère que le petit José Luis a de véritables dispositions pour le dessin. Aussi il tente, jeune adulte, de travailler dans l’industrie locale. Mais il réalise que de meilleurs salaires et perspectives de carrière sont plus favorables aux USA. Aussi il a commencé par travailler pour Charlton comics, mais il est accepté par DC comics, et s’installe pour cela à New-York en 1974. 

José Luis Garcia Lopez ne demeure pas un forcené des comics mensuels. Il débute quand même dans un back-up de Superman. Il finit rapidement par réaliser quelques numéros qui sont remarqués et qui ont des qualités techniques évidentes. Certes, il n’a pas à proprement parler un style spectaculaire, comme disons Neal Adams, mais il a une ligne claire et il demeure, en quelque sorte, un piller efficace de la firme. José Luis enchaîne avec quelques Batman, Tarzan, le Joker, Jonah Hex, Hercule (une bonne série méconnue encrée par Wally Wood) qui présentent les mêmes qualités graphiques : un style solide et efficace. José Luis est d’ailleurs choisi pour réaliser les chartes graphiques de la firme, et il faut convenir que lorsqu’il a du temps, José Luis Garcia Lopez produit des œuvres de sublime qualité. C’est bien simple, il se partage l’essentiel des travaux de chartes graphiques avec Neal Adams pour cette décennie.

Comme récompense, on confie à  José Luis Garcia Lopez la réalisation de Batman/Hulk, le second grand crossover de Dc et Marvel. Les deux firmes soignaient réellement l’événement à l’époque, bien mieux que certaines horreurs insipides des années 90. Len Wein était familier des deux personnages, aussi il s’occupa du scénario, qui n’est guère trépidant. Le sensationnel de la rencontre prime donc sur l’intrigue. Le plus naturellement du monde, Bruce Banner trouve un emploi mineur chez Wayne industries. Il se révèle doué et cela n’échappe pas à Bruce Wayne qui aimerait le traiter. Mais le Joker vient faire le trouble fête, et ses pouvoirs sont anormalement immenses. Il est en fait l’envoyé du modeleur de mondes, une création de Len Wein pour Hulk, qui lui confère une magie afin d’ébaucher des pièges diaboliques.  

Cette aventure ne demeure pas, encore une fois, un sommet créatif. Mais elle est suffisamment intéressante, quoique que mineure si ces personnages n’appartiendraient pas à des écuries concurrentes. José Luis Garcia Lopez va continuer à constituer un atout pour DC, que l’on ressort de temps à autres soit pour un événement de prestige, soit parce qu’il est attaché à un projet que son prestige suffit à concrétiser. Il est vrai que le pilier de DC des années 80, qui a commencé à travailler pour l’éditeur historique à la fin des années 70.

 José Luis Garcia Lopez demeure donc voué à intéresser des amateurs avertis, il a quand même une audience attentive, sur des projets divers et variés. Ainsi, il dessina une série peu réussie de Sf nommée Atari force, puis Cinder & Ash (une série militaire intéressante) puis il fit des fill-in de luxe sur Teen Titans (Perez étant occupé sur Crisis). Il revint de temps à autre pour des séries ou des événements, histoire de demeurer lié avec la firme avec laquelle il demeure fidèle et qui est, il est vrai, réellement fidèle avec ses employés historiques.

José Luis Garcia est plus discret dans les années 80 mais on le remarque sur le duo original de mercenaires nommés Cinder & Ashe. Un essai intéressant de la part de DC pour proposer autre chose, Cinder & Ashe bénéficie des scénario de Gerry Conway que l'on dit inspiré sur ce titre. Minie-série en 4 parties, Cinder & Ashe propose des éléments intéressants, une certaine approche ambitieuse des personnalités des personnages, un mercenaire et une fille qu'il a élevée. Une paire de solide professionnels pour un titre qui sort des sentiers battus, Cinder & Ashe demeure une incartade remarquée pour sortir des sempiternels sentiers battus.

 

Ultérieurement, il dessina le fameux arc « venom » scénarisé par Denny O’Neil, qui met en place la drogue utilisée par Bane qui va faire voler le Bat-universe avec Knightfall. Batman ne parvient pas à sauver une fillette coincée sous des pierres, aussi il adopte une drogue puissante capable de maximiser ses forces musculaires. Cela fonctionne un temps, mais son caractère devient réellement agressif et il change, jusqu’à en devenir dépendant ! Batman devient un junkie, une révolution bien menée. José Luis Garcia Lopez participe aussi à des épisodes de Jla classified, et au retour (bien peu événementiel) de Donna Troy (un cas où une mort n’intéresse que l’éditeur, tellement elle est téléphonée).

Une belle carrière, ponctuée par de solides ou très exposés projets chez Dc, José Luis Garcia Lopez gagne quand même à être connu mais surtout reconnu. Ainsi, il n’y a pas que des stars qui oeuvrent dans les comics mais également des artisans solides, qui peuvent alterner comics et dessins publicitaires, José Luis Garcia Lopez en est l’exemple le plus manifeste.

Anecdote : j'avais appris l'existence de Hulk/Batman sur le dos de certaines couvetires de Sagédition, l'éditeur historique de DC, qui a publié de beaux albums. Or, j'ai cherché comme un fou cet album, rare, sans guère de succès. Puis un jour j'en ai trouvé un dans une pile d'albums de Hulk. Je pensais alors avoir trouvé le graal mais j'en ai quasiment trouvé deux autres coup sur coup. Depuis, Semic l'a republié. Tant mieux car le plus grand nombre doit avoir accès à toutes ces oeuvres et cela ne me plait guère de chroniquer des oeuvres ou des films qui sont dures à trouver.

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Published by Bastien AYALA
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