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19 juillet 2008 6 19 /07 /juillet /2008 08:00

Luc Merenda demeure quelque peu spécialisé dans le genre  Poliziotteschi. Ce genre triomphe en Italie vers 1975. Il permet à la population le plaisir d’un spectacle assez insolite dans la réalité : la police triomphe intégralement de la mafia ! Si le roi de ce genre, plus précisément de cette vague, demeure le méconnu (en France) Maurizio Merli, il y a bien quelques seigneurs qui traversent ce genre, dont Luc Merenda avec ce très réussi calibre magnum pour l’inspecteur qui date.

Calibre magnum pour l’inspecteur date de 1977, en pleine vague qui voit défiler des légions de flics qui ont pour vocation de stopper la mafia, les malfrats divers et les criminels sanglants. Bref, il y a que faire et le public s’emballe dans les premières années mais le genre s’essouffle avant la fin des années 70. Parmi le peloton, il y a des bons éléments, des moins bons.

Calibre magnum pour l’inspecteur demeure un excellent fleuron du genre, un film solide qui demeure plaisant à voir si on a l’esprit ouvert.  L’histoire raconte l’arrivée à Naples d’un inspecteur peu commode mais détérminé, Luc Merenda. Il analyse la situation et il se rend compte que la famille mafieuse en place demeure l’ennemi principale qui pourrit la situation de la ville. Justement, il reçoit par courriers des informations précises sur ce clan, grâce à une taupe que personne ne soupçonne. Il est aidé par un fidèle et débonnaire allié, joué par le truculent Enzo Cannavale, qui râle devant les opérations du commissaire mais qui s’avère un fidèle allié.

X réussit si bien son entreprise que le clan demeure réellement en difficulté et, malgré les bâtons qu’on lui met dans les roues, il parvient à progresser un peu plus, en coupant un à un les tentacules de la pieuvre locale. Aussi, il subit quelques attaques, et se trouve confronté à un tueur assez retors, Corecane, qui va lui en faire voir. Corecane est intérpreté par un solide acteur, Adolfo Lastretti qui parvient à donner beaucoup de relief à un rôle pourtant stéréotypé. La spirale qui mène au clan va livrer ses secrets, l’indicateur n’est autre que la petite fille du patriarche, qu’il faut sauver d’urgence !

Rassurez-vous, calibre magnum pour l’inspecteur vaut bien plus que ce maigre résumé, beaucoup plus. Il y a tout d’abord le jeu de Luc Merenda, déterminé et patient, il utilise de tous les ressorts pour mener à bien son action. Luc Merenda offre une belle prestation de ce flic qui ne pense qu’à mener à bout sa charge, ce que personne n’avait réellement osé. Il fait équipe avec l’excellent Enzo Cannavale. Très bon acteur que ce Enzo Cannavale. Capable de jouer dans les registres les plus dramatiques, il réussit à rendre attachant le poncif du partenaire un rien lourdaud qui incarne la note comique du film. E.Cannavale a été cantonné aux rôles comiques, c’est bien dommage car il demeure capable de beaucoup plus.

Walter Hill, le réalisateur de 48 heures avec Eddy Murphy et Nick Nolte, se disait le créateur du buddy-movies, l’association de deux partenaires assez différents mais finalement complémentaires. Et bien Michele Massimo Tarentini l’a précédé de quelques années, et avec brio. Lui –même a suivi une formule qui existait déjà, notamment les films de Sergio Corbucci avec un cycle assez brillant qui comprend en autres Companeros !

Calibre magnum pour l’inspecteur demeure un bon film, qui alterne des moments forts comme la poursuite infernale de Luc Merenda d’un train régional, où des malfrats avaient balancé une bombe à l’ouverture des portes (un moment dont les spectateurs se souviennent) ou encore la très tonique scène de poursuite en Fiat (et oui !) après le hold-up de la banque.

La partition musicale demeure assurée par un très grand pro, Fabio Frizzi. Il donne un rythme à cette scène de poursuite qui demeure réellement nerveuse et trépidante. Son score ressemblerait à un frelon qui tournerait dans une boîte, comme si il avait inventé les pulsations de la techno avant l’heure.

Bref, calibre magnum pour l’inspecteur demeure un des must du film de genre. Luc Merenda fait office de shérif urbain et les bad guy sont nerveux et agressifs. Mais la mafia demeure montrée sous un jour assez peu reluisant.  Ainsi une jeune fille qui sert de « compagne forcée » et que le commissaire met dans un hôpital, ce qu’il ne l’empêchera pas d’être exécutée pour avoir parlé. Là encore, le cast est remarquable puisque ce personnage triste demeure jouée par Sonia Viviani, une superbe actrice qui semble avoir de réelles dispostions pour la comédie mais qui, hélas, n'a pas eu de carrière de premier plan.

Je souhaite donc qu'un distributeur avisé, (Néo Publishing ?) resorte bientôt Calibre magnum pour l'inspecteur qui est, définitivement, un solide film d'action qui peut faire pas mal d'ombre à la plupart des produtions d'action françaises de la même époque. C'est un film sec, nerveux, avec de nombreux moments savoureux dont la toile de fond, la camora, demeure hélas toujours aussi nocive. D’ailleurs, quand on voit la situation actuelle des ordures à Naples, on se dit que le titre original, Naples se rebelle, demeure quelque peu visionnaire !

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Published by Bastien AYALA
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