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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 08:00

Criminalia est le titre vidéo du film de Lugi Zampa, un cinéaste italien engagé, d’un giallo majeur. Toutefois, il ne demeure connu que des amateurs qui ont eu la chance de le voir lors de sa sortie confidentielle en salles, sous le titre « devine qui va mourir ce soir ? » ou en vidéo, sous le titre inepte de Criminalia. C’est celui que nous retiendrons et il cache, croyez-moi, un excellent giallo à la thématique engagée. 

Criminalia raconte l’histoire d’un journaliste dont la carrière n’a pas progressé, incarné par Johnny Dorelli. Il travaille dans les parties inférieures d’un journal à gros tirage, il écrit des romans criminels bon marchés (des giallo ou gialli, ironiquement ). Il passe de temps en temps voir son fils adolescent qu’il aime mais il se déchire violemment avec son ex-femme. De plus, il a un caractère de beauf violent et envoie lestement bouler tous ceux qui le dérange. Bref, un produit de sa génération, un brin violent quoique pas méchant.

Or, un soir, il reçoit une lettre lui indiquant qu’un présentateur de programmes pour enfants va être tué. Il en fait part à la police en leur donnant la lettre mais celle-ci ne bouge pas. Il va à tout hasard voir le présentateur en question pour l’avertir mais il trouve celui-ci inerte, le crâne défoncé. Il a donc de graves problèmes : il demeure sur les lieux du crime et la police nie avoir eu connaissance de la dite lettre. Au travail, il en informe le vieux patriarche responsable des journaux mais son supérieur directe, qui a vu la lettre, nie par lâcheté avoir lu la lettre en question. Il demeure bien conscient d’avoir loupé une occasion, de s’être fait avoir à la fois par la police et par son ami/supérieur  et il regrette de ne pas avoir exploitée l’occasion.

Il a une seconde occasion grâce à une seconde lettre qui lui indique qu’un joueur de football va connaître le même sort sous peu. Il mitraille donc à l’entraînement et il se rend en même temps que les autres quand un gardien retrouve son corps, le crâne défoncé. Il a juste le temps d’appeler son journal pour avoir la première page alors que la police vient le cueillir pour l’interroger. Le fils du patron souhaite des méthodes plus « novatrices » pour son journal, en clair du sensationnalisme, et il marche avec lui. La police demeure obligé de le relâcher et il obtient enfin sa promotion. Il travaille en tandem avec le fils du chef. Tous les deux décident d’exploiter ce fait au maximum. La population demeure précisément épouvanté et un phénomène de psychose collective augmente spectaculairement les tirages.

Le journaliste et le fils du patron sont surveillés par la police, les lettres sont contrôlées, il ne se passe plus rien. Georgio risque de revenir à son point de départ si rien d’autres ne se passe et que la folie tombe. Avec son fils, il passe devant une carte de la ville et il dessine en rouge un trait reliant les deux premiers meurtres puis il remonte ce trait pour former un V. C’est le V de la mort où tous ceux qui se trouvent dans cette zone sont en danger. Le patron revient de son voyage en Allemagne et on le retrouve mort, la tête encore une fois fracassé, dans le fauteuil de son bureau. Est-ce que Georgio avait finalement vu juste ? Qui est le tueur ? Georgio va-t-il échapper à la police qui lui en veut ?

Criminalia repose sur deux points forts qui s’additionnent.
Le film est un giallo, on doit donc deviner qui est l’assassin. Il nous est donc présenté dès la première demi-heure (il s’agit donc d’un des protagonistes de l’histoire) et nous passons une bonne partie du film à nous demander qui il est réellement. Je peux vous certifier qu’il y a juste de maigres indices, mais que la révélation de celui-ci va vous choquer. Personne n’avait pensé à lui. D’ailleurs, si je passe le film ou je le regarde avec des amis, je fais le jeu suivant : j’arrête le film avant la révélation et je demande à ceux qui ne l’ont pas vu de me dire qui est le tueur ! Il y a toujours 0 % de vainqueurs !

Pour le second point, la thématique du film demeure une incontestable réussite. Le comportement de Georgio symbolise la déliquescence de la société occidentale. Il est opportuniste, il exploite sans vergogne les morts d’innocents, il est immoral. Georgio symbolise la chute des valeurs morales mais il s’en mordra les doigts, intimement. Le journalisme en prend plein son grade. Il est vrai que, en Angleterre par exemple, le Sun ne fera pas dans la dentelle avec le rachat de Murdock l’australien. Le pire sera à venir, en fait il se trouve dans nos propres kiosques avec la presse people qui demeure sidérante de viduité, prête à exploiter, dans une moindre mesure, les malheurs des gens connus.

Le scénario, excellent sur la forme tant que sur le fond, demeure l’œuvre de Sergio Donati, qui a su parfaitement appréhender l’évolution de la société et en faire un scénario dans l’air du temps. Il s’agit donc d’une œuvre à la mécanique scénaristique parfaite, avec une intrigue haletante qui vous entraîne dans une spirale haletante, une caractérisation excellente et une fin bouleversante, qui vous laisse sur une macabre incertitude. L’intépretation de Johnny Dorelli demeure de bon niveau. Johnny Dorelli est une star en Italie et il a épousé 3 tops dont la dernière en date, Gloria Guida n’est ni plus ni moins que la lycéenne elle-même !


 Dorelli demeure un showman accompli avec une carrière passée dans la musique, comme acteur puis présentateur à la télévision. Renzo Palmer demeure toujours autant truculent, de même que la belle Sydney Rome qui nous donne une belle intépretation de la garce vénale. La cerise sur le gâteau demeure la musique de Ennio Morricone, inspiré comme toujours, dont le lancinant thème du Monstre, le titre original du film, peut se loger dans un coin de votre tête longtemps après l’avoir vu !


Note : Il mostro est donc sorti sous le titre Criminalia en vidéo. Il vient de ressortir en Italie et il qualifié par les critiques, enfin, de chef-d’œuvre. Il est vrai que je ne les contredirais pas.

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Published by Bastien AYALA
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