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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 08:00

Ishoro Honda demeure un grand réalisateur japonais dont certaines des créations demeurent très largement enracinées dans la culture japonaise pop, à commencer bien sûr par Godzilla. Le succès de ce film à monstres fut tel qu’il donna quand même naissance à un courant, ce qui n’est pas peu rien. Ishiro Honda  fut donc prisonnier de ce succès et, devenu un artiste maudit, il a en quelque sorte été condamné à ne faire que du Kaiju-eiga, les films à monstres géants. Toutefois, il est parvenu à se faire financer un film splendide, Motango, qui demeure en quelque sorte son œuvre personnelle, et quelle œuvre !

Motango raconte le naufrage de plusieurs survivants qui échouent sur une île assez étrange. D’une part, les marins de l’équipage ne parviennent pas à l’identifier et de l’autre la végétation elle-même les déconcerte. Ils s’organisent, ils tentent de capitaliser au mieux leurs équipements et ils sont évidemment guidés par l’espoir de rejoindre la civilisation. Mais deux marins trouvent un autre bateau qui a échoué avant eux. Ils trouvent un carnet de bord du commandant mais les faits qui y sont consignés demeurent stupéfiants, guère compréhensibles.

Les faits s’accélérant et l’environnement qui paraît à premier abord inoffensif commence à leur poser des problèmes. Ils entendent comme des voix, des appels lancinants qui ne sont pas réellement humain ni tout à fait des cris d’oiseaux. Puis certains d’entre eux disparaissent. Les faits se recoupent avec les avertissements/observations du capitaine du précédent équipage, qui s’est évanoui mystérieusement. De plus, les provisions s’épuisent, et ils sont obligés de manger quelque végétation qui leur paraît pourtant si étrange. Il y a bien quelque chose qui les guette, quelque chose qui les empêchera de repartir, quelque chose qui orchestre patiemment un piège, elle veut en quelque sorte les assimiler et qui va emmener les survivants aux portes de la folie, quand bien même un seul parviendrait à finalement s’échapper d’extrême justesse…

Motango demeure donc un film qui repose sur une intrigue, celle-ci glisse d’une situation de normalité pour se loger dans un surréalisme des plus psychédéliques. Les héros, ici un couple, ne prennent pas conscience du danger qui se cache, tel certains prédateurs, dans la normalité apparente afin de mieux capturer leurs proies. Il s’agit donc d’une situation de survie, où les règles pour se sortir de ce piège demeurent à découvrir au fur et à mesure. Motango est un film splendide du point de vue picturale. Il est vrai que le cinéma japonais demeure artistiquement abouti et il a expérimenté des courants réellement intéressants. La photographie, en l’occurrence, demeure particulièrement aboutie et elle contribue à distiller une impression de surréalisme que le spectateur ne remarque pas initialement.

Motango aura d’ailleurs une véritable importance pour certains réalisateurs japonais encore en activité. Ils auront été séduit à la fois par le film et par sa portée, en quelque sorte le thème de la drogue qui annihile la conscience en la diluant dans un état de béatitude extrêmement délétère. Matango aura été en avance sur son temps, il préfigure en effet le courant psychédélique de près de 5 ans mais il vous laissera immanquablement un certain souvenir, pour peu que vous ayez l’esprit curieux !

Motango demeure donc l’œuvre de référence pour les initiés d’Ishiro Honda, la première état bien sûr Godzilla. Le succès de Gozilla fut tel qu’il fut condamner à tourner des suites ou des variations sur le même thème. Ainsi, les monstres tels que Varan m’ont beaucoup déçu, de même que les énièmes suites de Godzilla qui entamèrent considérablement l’aura du tout premier. Toutefois, il faut reconnaître que les participations de Ishiro Honda étaient invariablement remarquables par la grâce de ces monstres, hélas interprétés par des acteurs au lieu de la méthode d’animation d’image par image, et que les tonalités chromatiques de ces métrages relevaient presque de l’œuvre picturale. Mais quand même, quelle belle carrière que celle d’ Ishiro Honda qui fut choisi à l’origine pour le premier Godzilla car il avait réussi un film militaire à la logistique et à la technique impressionnante !

Note : J' ai découvert pendant la réalisation de cet article un site réellement intéressant, Astronef magazine. Il s'agit du genre de site/blog/source d'information que j'aime, c'est à dire qui a une culture variée et qui nous emmène dans plein de confins. A découvrir !

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Pierre 03/12/2008 14:05

Tiens ! un bon petit film vu il y a un petit moment sur canal +. Un chouette film !