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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 08:00

Au risque de me répéter,  j’estime que l’animation demeure un art majeur auquel on devrait laisser toute latitude afin de créer et de se développer comme un confluent du 7ème art, à part entier. Au lieu de cela, on a la sempiternelle formule à la Walt Disney qui  nous rabâche rigoureusement la même histoire en ne modulant que les personnages. Pourtant, Ralph Bakshi, Myagasaki, Paul Grimault ou encore René Laloux ont montré quelques unes des immenses possibilités de cet art. Il y a encore un auteur majeur qui reste à célébrer, Wan Lai-Ming , dont le film le roi des singes demeure un des plus pures joyaux jamais vu ! Le roi des singes contre l’empire céleste s’attache au personnage de Su Wu Kong, le roi d’une tribu de singes qui semble vivre en relative autarcie. Il vit en effet avec sa bande de joyeux petits singes qu’il exerce aux arts martiaux dans une montagne retirée. Le problème demeure qu’il demeure si puissant qu’aucune arme ne semble lui convenir. Il va alors voir son voisin le dragon des mers et lui demande une arme appropriée. Ce dernier lui amène des armes chaque fois plus massives mais aucune ne lui convient réellement. Aussi, pour le braver, le dragon des mers lui montre un bâton qui soutien son océan et il lui promet que, si il parvient à le retirer, il pourra l’emmener.

Cela ne semble causer aucun effort particulier à notre roi singe qui parvient aisément à le réduire et il l’emmène. Furieux malgré sa parole, le roi dragon s’en va se plaindre au tout puissant céleste qui connaît mal ce singe. Un vieux conseiller l’engage à faire venir ce singe du monde d’en bas afin de le soumettre en l’obligeant grâce à un poste quelconque.

On lui confie donc les écuries célestes, mais une inspection désobligeante le fera monter sur es grands chevaux. Le roi singe s’emportera mais le conseiller du tout puissant tente de temporiser la situation. Aussi, on lui confie la garde du verger céleste qui contient des pêches pouvant rendre immortel. Son rôle sacré consiste à ce que personne n’en mange puisque chaque pêche met 3000 ans à pousser et on ne les mange que lors d’un banquet céleste. Le roi singe n’en a que faire et il en boulotte quelques unes.

Cette fois, ce sera l’ire du roi céleste, appuyée par le conseiller qui enverra ses légionnaires célestes, son prince ainsi que des dieux guerriers pour asservir puis exécuter ce roi mineur et terrestre si peu obéissant. Le roi singe parvient en effet à conter les attaques des troupes célestes mais les forces demeurent tellement nombreuses, et lui ainsi que son peuple sont si inférieurs numériquement…

 Voilà pour l’histoire du roi des singes contre l’empire céleste, qui s’apprécie véritablement comme un conte. Un fort beau conte par ailleurs, qui recèle plusieurs niveaux d’interprétations et qui met en scène un panthéon céleste de la mythologie chinoise qui demeure véritablement captivant.  Le roi des singes contre l’empire céleste nous propose ni plus ni moins qu’une plaisante invitation dans une culture qui nous est hélas que trop étrangère. Mais elle demeure réellement riche et fabuleuse, un délice pour les esprits réceptifs.

Le roi des singes contre l’empire céleste demeure emprunt de poésie qui se remarque sur tous les plans du long-métrage. Les dessins et l’animation retranscrivent à chaque instant une grâce, une délicatesse, un charme qui accompagne chacun des personnages dans une succession d'image qui dégage une grâce et une poésie incroyable.

Le point fort du roi des singes contre l’empire céleste demeure l’extrême qualité de sa réalisation, qui se hisse sans peine à un niveau artistique pour en devenir un acmé. Tout demeure magistrale dans ce film : les couleurs, l’animation, le design des personnages qui évoluent tout en grâce. Ce film daterait de 1961 et il est produit par le régime chinois. Je soupçonne que de très grands artistes ont participé à cette réalisation et qu’ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes. La beauté esthétique du roi des singes contre l’empire céleste fait honneur aux estampes chinoises et les couleurs demeurent absolument splendides. Il s’agit probablement du métrage d’animation le plus beau que j’ai vu et les visions irréelles qu’il retranscris demeurent fabuleuses.

Le roi des singes contre l’empire céleste demeure une production qui nous est venue fortuitement, presque par hasard et avec près d’une vingtaine d’années de retard.

Il fut proposé au marché du film à Cannes en 1981. Il fut acheté par une des télévision puis sa diffusion eut lieu quelques années après, un samedi après-midi de mémoire sur une de nos trois chaînes d’alors (qui étaient publiques). Il a laissé un fort souvenir à ceux qui ont eu la chance de le voir, dont moi. Il semble qu’il serait passé également sur TMC pendant les fêtes de Noël. En vidéo, c’est Open Vidéo qui nous l’a proposé en 1982 puis, quelques années plus tard, l’audacieuse firme Haxan dont la direction fut constituée d’excellents cinéphiles. Mais à propos, qui est le réalisateur de ce film ?


Invitation : Un petit extrait du film ?

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Published by Bastien AYALA
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