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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 08:00

David Allen était un magicien des effets spéciaux qui n'a helas jamais eu la reconnaissance qu'il mérite amplement. Ses contributions aux films auxquels il a collaborés étaient tout simplement le clou du spectacle et l'homme avait un projet magique dans ses cartons, une petite merveille qui ne demandait qu'à nous éblouir...


S’il y a bien quelque chose dans le cinéma qui permet de susciter sans délais la poésie, le rêve et enflammer l’imagination, c’est bien l’animation ou plus exactement, la Stop-Motion. Qu’est-ce que la Stop-motion ? Il s’agit en fait de l’animation image par image qui permet d’incruster avec des prises de vue réelles monstres ou éléments fantastiques dans un film afin de donner l’illusion d’une interaction avec les acteurs. Plus exactement ? C’est la fabuleuse méthode qui a servi au premier King-Kong, aux films de Ray Harryhausen et, il est l’objet de cet article, David Allen !

David Allen est né en 1944 aux USA. Il a vu très tôt, lors d’une des multiples rediffusions qui permirent au film de consolider sa postérité, King-Kong. Tout comme Ray Harryhausen, Dennis Muren ou encore Jim Danforth, il fut à la fois soufflé et enflammé par le déluge de magie que seule cette technique permet. Et sa vocation est trouvée : il va lui consacrer sa vie.

Comme tous les apprentis magiciens des effets spéciaux, le jeune David bricole dans son garage avec des moyens rudimentaires mais il aspire à plus, tellement plus. La stop motion constituent à mon sens le pinacle des effets spéciaux : le gigantisme au cinéma n’a été bien servi que grâce à cette méthode, uniquement. La plupart des films qui ont employé cette méthode ont réellement tenu les promesses que leur affiches montraient, des héros humains aux prises avec des monstres improbables, sortis des meilleurs contes pour enfants ou issus de la Sf ou encore de la mythologie grecque.

Hélas, par rapport à l’affaire King-Kong, où les salaires des cadres vinrent se greffer au budget alloué à Willis O’Brien, la Stop-Motion a mauvaise réputation alors qu’en réalité, elle concerne son animateur, un atelier, un solide dispositif d’éclairage et énormément de patience ! Plusieurs animateurs se distinguèrent du lot, surtout par le talent et par les productions auxquels ils participèrent. David Allen n’a hélas pas eu droit aux fastes de Ray Harryhausen, il a surtout côtoyé Charles Band. Pour voir l’amour que David Allen portait à King-Kong, cliquez ici !
David Allen a commencé par de petites productions locales américaines. Des films aux budgets et aux circuits de distributions limités, mais qui peuvent servir en quelque sorte de carte de visite (ce qui est toujours mieux que les courts métrage). 

Il se fit donc la main, après de l’assistanat auprès de ses aînés accomplis, sur des productions mineures, ce fut donc ce monstre du lac au cratère qui demeure quelque peu sympathique, soyons indulgent, car il bénéficie de son apport en Stop-motion. David Allen travaille dans diverses productions, retenons Epouvante sur New-York et son monstre ailé (pourquoi pas après tout) puis des contributions plus prestigieuses à des films avec ILM comme Le secret de la pyramide. Pour ce film, des vitraux d’une église s’animent pour attaquer un malheureux, il s’agit d’une hallucination. Réussi, l’effet sera nominé pour un oscar. Mais ce que je vais retenir sera sa collaboration avec Charles Band.

Pour une chronique assez honnête sur Charles Band, je vous renvoie à Nanarland. Band produit vite, quelques fois beaucoup, mais il n’a hélas pas l’envergure du Roger Corman des meilleurs jours. Si David Allen travaillait pour lui, c’est certainement pour la latitude que lui laissait Band pour réaliser son travail : il n’avait pas à partager l’animation et il concevait puis signer les effets, en étant même parfois réalisateur. David Allen apporta beaucoup à Charles Band, il parvenait de fait à dynamiser une production quelconque pour la rendre mémorable, en regards des moyens financiers et créatifs investis.

David Allen parvient donc à rendre intéressant ce film (produit ?) nommé Dongeonmaster où un adolescent doit aller sauver sa fiancé détenu par un sorcier maléfique. David Allen parvient à sauver le film dans le segment où le héros doit faire face à un géant de pierre. Ses seules armes sont celles que lui fournit son ordinateur, qui lui permet de défier la magie. David Allen sauve réellement le film, puisqu’il réalise ce segment. Il est vrai que la Stop motion nécessite une étroite collaboration entre le réalisateur et l’animateur, réellement une connexion. Encore une fois chez Charles Band, il y a bien une étincelle de génie dans la conception, mais le résultat fait toujours défaut.



Aussi David Allen resta quand même lié à Charles Band. Il donnait vie à des monstres divers, en quelque sorte la seule promesse tenue parmi une foule d'autres que présentaient les affiches de ces films, souvent décevants voire miteux. On le trouve donc aux effets de Puppetmaster (le premier est bon). Il a d’ailleurs réaliser le second qui bénéficie d’une critique convenable. Mais il a surtout épaulé Charles Band, dans sa chute avec des films de plus en plus indigents, voire même des remontages des anciennes séquences déjà réalisées pour des soucis budgétaires (très faible budgets donc). Nous pouvons quand même apprécier son art dans Subspecies, RobotWars ou Crash & Burn (qui se partagent le même robot !) ou autre Oblivion. C’est peu pour un tel artiste mais Charles Band lui faisait pleinement confiance pour la réussite des effets spéciaux. C’est à la fois peu et beaucoup, puisque les ordinateurs CGI ont remisé, définitivement, la stop-motion sans jamais avoir proposé un fragment de la poésie inhérente à cet art.

Et David Allen ?  Il travaillait toujours à  la concrétisation de son Primieval jusqu’à sa mort, en 1999.  Il nous a laissé avec une promesse non tenue hélas qui reste un songe, ce film qui aurait dû receler mystères, poésies, fantastique et émerveillements… Vous en avez vu beaucoup vous des films qui proposaient une telle odyssée ?

Note : J’ai eu la grande surprise de constater, pour la réalisation de cet article/hommage, que le livre de référence dans le domaine de la Stop-motion est français, et qu’il a été réalisé par Gilles Penso ! Allez tous consulter son blog, je vous l’ai déjà proposé.

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Published by Bastien AYALA
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