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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 08:00

Les histoires de Superman avant Crisis sont rarement intéressantes. Il y a le sempiternel suo Cary Bates et  aux commandes du titres et rien de bien de folichon ne se passe vraiment. Sur un total de près de 45 Superman poches & géants que j’ai achetés, il n’y a guère qu’une seule histoire qui soit réellement excitante. C’est infime ! Il convient donc de vous présenter une histoire réellement de premier plan, qui puisse se célébrer telle quelle !

La forteresse de la peur traite bien sûr de la fameuse forteresse de la solitude de Superman qui demeure en Artique. Il s’agit de sa base, qui contient des choses extraordinaires que ce soit un musée de monstres alien, des armes qui défient l’imagination, ou encore les mannequins de ses amis ou ennemis. Bref, on a là un bon décor qui ne sert presque jamais puisque les aventures de Superman ne servent qu’à rabâcher le même et sempiternel schéma : Superman face à une incongruité ou Superman face à un ennemi qu’il battra sans effort. Le cliché de Superman trop invincible vient de ces histoires qui demeurent statiques, atones. Alors qu’en face Marvel triomphe, DC réagit peu.


Toutefois, c’est Gerry Conway et Ross Andru qui s’y collent. Les deux artistes sont étonnamment bon chacun dans leur partie et ce spécial Dc 26, la prestigieuse et réellement événementiel collection de chez DC (le 27 sera quand même Hulk contre Batman) nous propose une bonne histoire. Superman stoppe un météore avec quelque difficulté. Sous l’effet du choc, une anomalie temporelle lui fait voir la terre dans une heure. Or, celle-ci va mal puisqu’elle explose. Il a juste une vague certitude, il en sera indirectement la cause. Le Superman invincible hésitera donc entre sauver ses proches ou risquer de les perdre face à un échec : comment peut-il causer la perte de la planète qu’il défend si chèrement ?


Gerry Conway a de l’imagination et fait preuve d’audace, il s’agit de qualités rares lorsque cela concerne Superman. Ross Andru demeure toujours aussi bon, lorsqu’il s’agit de concevoir des armes époustouflantes, des scènes de destruction dantesques (la terre explose) ou des monstres débridés. L’adversaire de Superman se nomme Dominus, il s’agit à priori d’un nouveau venu qui est prêt à faire exploser la Terre-1 pour aller se réfugier sur une autre terre. Ses plans ont une précision mécanique, ils dépendent d’un centième de seconde, et il s’agit d’un grand génie. Une réactualisation adroite  de ce profile de génie demeure l’excellent Red Son, où Superman s’efface devant le triomphe de Lex Luthor. La forteresse de la peur pourrait vaguement être considérer comme un vague prototype.


Le pari de Gerry Conway consiste à proposer une histoire intéressante qui tire parti de tout l’univers fabuleux, mais mal exploité de Superman. Sa forteresse contient des monstres, des armes, des pièces fantastiques réellement impressionnantes et Gerry parvient à orchestrer le tout pour fourbir une histoire réellement intéressante : Superman doit anticiper le cataclysme de la terre qui aura lieu dans une heure pile. Mais comment ? Pourquoi ? Superman doit découvrir le mode opératoire de Dominus. Pour une fois, il envisage réellement l’échec et il prévoit même une arche pour les ultimes rescapés de sa Terre.


Il est rare que le Superman pré-Crisis soit réellement intéressant hormis les récits à événements (contre Spider-Man, Classius Clay). Gerry Conway parvient à tirer parti de la mythologie Superman pour proposer quelque chose de frais, d’intéressant malgré un univers et des ressorts usés jusqu’à la corde. La partie graphique de Ross Andru demeure également appréciable. Sans avoir un style spectaculaire, R.Andru sert fort bien le preux chevalier de Krypton part un trait efficace et puissant. La forteresse de la peur peut s’apprécier comme un catalogue ou un résumé de l’univers de Superman, qui se compte quand même en décennies et Gerry Conway parvient encore à apporter quelque chose de nouveau et d’intéressant sur le personnage, icône pour le grand public d’alors mais modèle de statisme pour le lectorat de comics. Bizarrement, je n’ai guère lu de célébration ou de critique de cette aventure, qui attirerait votre attention sur cette intéressante histoire, considérons que maintenant c’est fait !

Alors, quel fut l'héritage de cette histoire ?

 

Tout d'abord, la forteresse de la peur puise dans le capital des vieilles histoires de Superman.

Ensuite, Alan Moore saura s'en souvenir dans son histoire avec Dave Gibbons paru en France dans Comics U.S.A.

Plus tard, on retrouve tout cet imaginaire féérique dans ses histoires de Suprême.
C'est, à mon sens, une sacralisation de fait.

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Published by Bastien AYALA
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