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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 08:00
J'apprécie pas mal ce principe de crossover lié aux blogs et aux sites, cette aventure est d'ailleurs destinée à se renouveler. En l'espèce, c'est Iron Sim de Marvel World qui m' a contacté au téléphone pour savoir si je pouvais collaborer pour son site. Je lui ai dit que la proposition était sympa mais franchement, Marvel n'est pas ma tasse de thé et que je réflechirais. Je lui ai donc proposé une série d'articles à suivre en 5 modules qui suivrait l'évolution de l'éditorial chez Marvel depuis l'ère Stan Lee jusqu'à la fin de l'ère Bob Harras. Iron Sim a fait un gros de travail en recheche d'illustrations, cela m'a impressionné, aussi il s'agit d'une belle collaboration.

Pourquoi ? Car il est amusant de vérifier si les grandes réussites artistiques sont l'ouvres d'esprit visionnaires ou alors le fruit d'un relatif hasard couplé avec une certaine liberté laissée aux auteurs ?
Cette série d'articles tente d'y répondre.
Elle fut assez longue à mettre au point, sûrment 5 ou 6 heures plus 1 ou 2 pour les corrections. Mais comme personne n'avait essayé de faire quelque chose sur le sujet, j'ai trouvé un certain intérêt pour le réaliser.
Je me suis arrêté à l'ère Joe Quesada. Pourquoi ? Car il faut toujours du recul pour sainement analyser le présent.
Cependant, il y aurait des choses intéressantes à raconter puisqu'il semble qu'on lui ai laissé, véritablement, les coudées franches au début de son reigne, ou plutôt à celles de son supérieur direct et un brin mégalo, Bill Jemas.
Mais il serait allé trop loin et les actionnaires seraient vite revenus à une ligne éditoriale plus sage.
Un entretien avec un artiste dégoûté m'a appris que les éditeurs n'aiment absolument pas ce qu'ils éditent, et qu'ils n'ont pour fonction que de "rationnaliser" le contenu des comics selon "une ligne éditoriale" de la "firme" !

Le management chez Marvel : du début jusqu’à Joe Quesada.

1ère  partie.  

Marvel est de nos jours une firme de comics majeur. C’est même la firme américaine qui est leader depuis la fin des années 60’ et dont les personnages sont en passe d’être reconnus par le grand public mondial.
Aussi, il convient de se poser une question naturelle : est-ce le fruit d’une direction éditoriale sans failles, qui a su prévoir et anticiper le marché ?
En outre, une fois la place de numéro 1 acquise de haute lutte face à Dc, est-ce que la direction a su mettre en avant les atouts pour maximiser sa position de numéro 1 ?
Bref, est-ce que le hasard a eu sa place dans une firme qui a de beaux jours devant elle et qui va devenir, dans ce siècle, un géant de l’entertainment ?  

Au commencement, dans la seconde moitié des années 30’, l ‘« entrepreneur » Martin Goodman se lançait dans tout ce qui pouvait bien rencontrer du succès dans l’édition populaire. Ce domaine concernait essentiellement les pulps, mais depuis 1935, un nouveau support avait fait son apparition, nos fameux comics !
Un succès retentissant dans un genre particulier secoua le milieu des éditeurs et aiguisa des appétits : le succès de Superman qui fut un coup de tonnerre !
Goodman lâcha donc ses associés pour devenir son éditeur à part entière. Il « eut » finalement les droits de Humain Torch et Namor, par un procédé tout en finesse*.
Puis vint son meilleur coup éditorial, à savoir l’embauche de grands talents que sont Joe Simon et Jack Kirby. Ainsi, les deux hommes devinrent l’essentiel de la rédaction et créèrent un personnage dont on parle encore : Captain America !
Mais Goodman fut fort indélicat sur les royalties de Captain America*, et les deux hommes claquèrent la porte, bien que celle-ci leur fut montrée par le jeune auxiliaire nommé Stan Lee, dont le lien de parenté exacte avec Goodman reste depuis toujours incertain.
Ce fut donc le tout jeune Stan qui prit la direction éditoriale, sauf durant son service dans l’armée de 1942 à 1945 où Vincent Fago assura l’intérim. Il continua pendant de longues années mais la firme faillit s’imposer et devenir bon numéro 3 pendant un moment, mais cette affaire capota de manière assez risible*.
Il s’ensuit donc un vrai marasme, avec une firme au bord de l’agonie qui ne survit que parce que Stan Lee est à la fois rédacteur en chef, principale scénariste et que les bureaux sont réduits au plus stricte minimum !
Le premier coup de chance de la firme fut le retour de Jack Kirby. Bien que dégoûté par son séjour en 1942, il revint néanmoins à la suite d’un différent avec un éditeur de Dc (qui perdit là un joyaux inestimable).
Il y eut donc cette légende non avérée, quoique probable, qui postule que Martin Goodman soumis à Stan Lee l’idée de refaire du super-héros parce que la JLA était le sucès majeur du moment.

Stan s’exécuta, et un tourbillon créatif permit à la firme de s’imposer dans le chœur des lecteurs, ce qui permit à Marvel de sortir de l’obscure condition dans laquelle elle se trouvait, pour venir talonner plus tard la vénérable Dc.
La méthode Stan Lee est fort bien expliquée par Thierry M. dans la rubrique personnalité.
Sachez quand même que le « script » ou plot détaillé tient en une page et peut être interprété de multiples façons. Mais Jack Kirby adopta la meilleure et il conféra aux FF personnalités et rebondissements de haute tenue.
Une fois la compagnie lancée après la grande vague de 1963 (Thor, X-men, Dardevil…), Stan Lee se lassa un peu de tout mener de front. Aussi il se reposa sur une jeune recrue nommée Roy Thomas dès 1965, dont les fonctions devinrent plus importantes à mesure que Stan se détacha de la firme pour une position plus confortable.
En 1968, Goodman vend à Cadence industries sa firme mais exige que son fils Chip en soit le patron*. Ce qui est amusant, c’est que Cadence et Stan Lee eurent une entente secrète pour que, une fois la vente conclue, que Stan prenne de fait la place réservée à son parent.
Ceci provoqua l’ire de Goodman, qui pour se venger, tenta de torpiller Marvel en créant une firme concurrente qui adopta certaines caractéristiques de ses personnages, ou alors les thèmes porteurs du moment*. Ce fut bien sûr Atlas comics qui fut quand généra une intéressante générations de personnages et de concepts!
Pour en revenir à Roy Thomas, cet homme vient du fanzinat, alors qu’il était en parallèle professeur, et c’est surtout un fin connaisseur des comics et de leur évolution. Aussi, il se dit que les super-héros, c’est bien, mais que leur temps peut s’achever pour une autre mode. Alors, il décide de prospecter d’autres horizons possibles et il s’attache notamment à une de ses lectures favorites : Conan de Robert E. Howard !
Sauf que la direction financière ne croyait pas dans l’aventure, alors il proposa aux ayant-droits d’Howard une somme fort maigre, bien inférieure à la location d’un autre barbare qui s’inspirait de Conan et que le créateur refusa !

ussi, le budget pour le lancement fut faible, et Thomas ne put avoir John Buscema.
Il dut se contenter d’un jeune anglais nommé Barry Smith, qui accepta un salaire moindre. Contre-toute attente, ce fut un succès modeste qui s’amplifia jusqu’à devenir un hit.
Ce fut donc le rare cas où un éditeur « sentit » le marché et put créer puis imposer du sang  neuf sur le marché. Aussi en 1972, Roy Thomas fut éditeur en chef et Stan Lee fut publisher de la firme.
 Ce fut quand même un progrès spectaculaire pour une boîte moribonde, avec le minimum en bureau et en personnel administratif, qui connut un sursaut inespéré et rattrapa en moins d’une dizaine d’années Dc, le numéro 1. Ceci est dû à la créativité d’une poignée réduite de quelques hommes (Kirby, Dikto et Stan Lee). Hélas, nous verrons plus tard que les temps vont bien changer…

Pour lire la suite, cliquez ici.

*Je vous renvoie pour des explications détaillées et fort intéressantes au livre de Stan LEE aux éditions de l’hydre. Un ouvrage absolument immanquable !
Je vous incite également à lire le guide Atlas comics aux mêmes éditions de l’hydre !
Il révèle bien des surprises sur des personnages qui sont des extrapolations des principales têtes d’affiches chez Marvel ! Pour le commander, veuillez adresser 8 euros + 1.5 pour le port à Mr Francis Saint Martin, 1 avenue du docteur Dehrs, 64300 Orthez.
Pour une fiche détaillée et complète des artistes cités, veuillez consulter les fiches de Thierry M.


 


 

 

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Published by Bastien AYALA
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