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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 08:00


Le premier Nuit des morts-vivants est le fruit d’une collaboration entre aspirants professionnels soucieux de réaliser un film qui permette de lever des fonds afin de faire leurs preuves.  Romero et Russo ont donc pris une histoire classique d’horreur mais ils ont en quelque sorte maximisé les enjeux. Ainsi les morts se lèvent et personne ne sait comment réagir, ni surtout identifier comme il convient la menace ou encore l’enrayer.  La thématique qui importe, à mes yeux, demeure que les morts commencent à former une vague qui semble néanmoins être endiguée à la fin de cet opus. La Nuit demeure un excellent exercice de genre, une bonne mécanique de la terreur qui entraîne le spectateur dans une spirale.


En 1978, George Romero s’associe à Dario Argento afin de produire LA suite. Est-ce que le premier était le fruit d’un heureux hasard ? Ou alors l’alchimie d’une savante addition de talents ? Est-ce que Romero était bien le démiurge de l’œuvre et pouvait-il faire aussi bien ?
La réponse est oui, mais il a augmenté les enjeux, de façon dramatique.
La vague des morts-vivants est en train de monter, de tout ravager. Elle est en train de traverser toute l’Amérique et ses décideurs ne peuvent l’enrayer.
Ainsi, le génie du film demeure de montrer en arrière-plan la société qui est en train de s’écrouler, pouce après pouce. Les meilleurs scènes qui illustrent ce propos demeure le départ de l’hélicoptère lors d’un plan des building. Toutes les lumières de ces édifices s’éteignent les unes après les autres. Mais le summum est atteint avec la partie de chasse des réservistes, militaires et chasseurs qui vont taper le carton sur des Zombies. Passons sur le fait que ceux-ci étaient des humains il y a peu. Les militaires font preuves d’une inconscience qui frise la folie !

Le Jour des morts-vivants demeure à mon sens mon préféré de la trilogie. La caractérisation des protagonistes demeure de premier ordre. Les survivants paraissent crédibles et ils personnifient chacun, de manière latente ou évidente, une psychose due à la situation. Là encore, George Romero a augmenté les enjeux de manière drastiques : les morts ont gagné !
1 humain pour 400.000 zombies, quel espoir reste-il ?
Ainsi la vague qui est apparue, puis qui a atteint son zénith, a submergé les humains. La civilisation, pire le genre humain, est annihilé.

Aussi, j’attendais logiquement Twilight of the dead, le crépuscule des morts donc. Ce qui était vaguement annoncé aurait dû être, à mon sens, la résurgence du genre humain qui serait parvenu, en toute dernière extrémité, à endiguer le fléau des morts-vivants. Est-ce que l’humanité serait repartie de ses cendres ? Quelle société aurait-elle rebâtie ? J’attendais ce point final avec impatience, comme la dernière pièce maîtresse d’un artiste qui livre l’œuvre de sa vie. 


Pour le dernier opus en date, le Diary of the dead, nous n’avons pas non plus une poursuite de l’œuvre mais à une sorte de suite/remake du premier. Le point de vue intelligent, Romero est réellement créatif, demeure de remmettre en perspective l’apparition de la vague des morts-vivants. Le film demeure incroyablement performant du point de vue technique, une splendide réussite de la part d’un réalisateur qui va atteindre ses 70 années !


Enfin, un détail important qui ne m’a pas échappé. Lors du remake de la nuit des morts-vivants (bon film par ailleurs), un hélicoptère apparaît lors de la chasse aux zombies. Il survole la scène où les zombies sont chassés comme des animaux. Or, cet hélicoptère ressemble énormément à celui dans lequel évolue nos quatre héros de zombie ! Encore un détail, intéressant du point de vue de la rationalité, qui aura échappé à pas mal de monde !


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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Stefff56 07/07/2008 10:24

Oula, non pas d'accord sur Diary of the Dead. Tout d'abord, il s'agit de se poser la question : faut-il une conclusion ?

Pour ma part la réponse de Romero est très claire dans Diary of the dead, et elle l'a toujours été dans ces précédents films : no futur, il n'y a plus d'espoir. Le film aurait tout aussi bien pu s'appeler "Chronique de l'apocalypse".

L'héroïne fait très clairement remarquer que le nombre de morts à se relever est complètement ingérable.

Mais de manière indirecte, Romero filme bien une humanité agonisante, qui n'a d'humanité que le mot (voir la dernière scène finale, absolument terrifiante, avec cette question "meritons-nous d'être sauvé ?").

Le parcours des personnages est d'ailleurs assez clair. Romero s'acharne petit à petit à les enfermer à la fois physiquement et moralement. L'espace de déplacement se restreint doucement, passant d'une forêt à une minuscule pièce. On remarquera aussi qu'il y a de nombreux échos à la dualité nature/technologie dans le film (l'amish, l'armement de plus en plus rudimentaire). Ainsi peu à peu les héros (càd l'humanité) retournent à un état primaire (la pièce des moniteurs de contrôle devient indirectement la caverne), après avoir laissés derrière eux la civilisation (la bibliothèque, le confort, la sécurité, l'hygiène...).

Autant dans les films précédents (le trois premiers, me souvient plus très bien de Land...) on pouvait se poser la question de la survie de l'humanité, autant dans Diary, non, impossible à mon sens.

Grimm 06/07/2008 13:41

Cet hélicoptère se retrouve aussi au début du remake de Zack Snyder (L'Armée des morts)pendant l'outbreak.
Et c'est vrai que cette saga a un gout d'inachevé. Et si l'on peut estimer que Romero ne tient pas, au vu des deux derniers films, à conclure, nous laissant à notre propre imagination, ce serait bien dommage qu'il ne donne pas à ces sombres évènements sa vision finale.