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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 08:00
1ére partie


Michael Turner, une star de la seconde génération image nous a quitté ce samedi 27 juin 2008. Voilà un artiste qui compte de nombreux fans passionnés mais aussi des détracteurs tout aussi virulent. Mais Michael a quand même connu un parcours étonnant dans les comics, une ascension rare de nos jours puisqu’il est un des derniers à avoir su monter une firme de comics sur son nom : Aspen. Mais voilà que la maladie l’a emporté, finalement, alors que Michael Turner avait plein de projets, d’entrain, et que sa carrière aurait du l’emmener haut, bien plus haut.

1 Les débuts

 

Michael Turner était ce que j’appelle un talent spontané : petit, il griffonnait des pages et des pages en reproduisant des personnages de comics. Lors de l’entrée de la vie active, passé le cap de ses vingt ans, il réalise que l’emploi qui le ferait le plus rêver serait quand même une aspiration qui le titille depuis longtemps, être dessinateur de comics.

Cela peut sembler un rêve un peu fou mais justement, une nouvelle vague de comics dégage un nouveau souffle et une énergie peu commune : Image comics.

Michael se fait un portofolio puis part tenter sa chance dans les conventions. Il est repéré par le truculent Marc Silvestri. Silvestri demeure un dessinateur intéressant de comics mais la proximité de stars sur le point d’exploser, Jim Lee pour ne pas le nommer, lui permet de faire évoluer son style. Ainsi, Silvestri se trouve au bon endroit au bon moment. Ses prestations réussies sur Wolverine constituent une des toutes meilleurs périodes du titres et il devient, lui aussi, « hot ». Il se lancera dans l’aventure Image et franchement, il n’aura pas à le regretter.

Michael Turner est donc engagé dans le studio Top Cow. Une des qualités de ce studio est d’engager, de former puis de faire mûrir des talents à leurs propres rythmes (un peu comme les vieux studios de jadis). Ainsi, Michael Turner a commencé en faisant des décors pour une série. Puis on lui confie une mini-série sur le personnage de Ballistic, un des personnages hautement oubliables des X-men maisons de Top Cow dont il est difficile de se souvenir, plus encore de relire.

Mais Michael Turner a passé avec succès ce premier test et il est prêt, fin prêt pour une série d’envergure. Celle-ci va venir et elle va exploser, pour une bonne partie grâce au talent de Michael…

 

2 La sorcière la plus hot qui soit : Witchblade !

 

C’est donc une série née de l’imagination (avec limites) de Marc Silvestri et de David Whol qui apparaît enfin en 1995. Le concept est simple, vraiment basique. Il demeure en quelque sorte issu de la mode des « bad girls » en vogue dans les années 90, bien que la recette comporte quelques pincées de romantisme, d’héroïc fantasy, le tout dans un contexte moderne. Une femme policière trouve un gant magique qui agit de manière symbiotique avec sa porteuse. Elle en hérite, en quelque sorte, de même que les nombreux problèmes qui vont de pair.

Le concept est assez limité, l’histoire elle-même est assez redondante. Elle est pourtant le fruit de Christina Z. et de Brian Haberlin qui suivent la bible de Silvestri et de Whol. Mais le grand intérêt de Witchblade sera la forme, à défaut du fond. Michael Turner rend la série fortement attrayante sur le plan graphique. Il donne un attrait incroyable à cette Sarah Pezzini qui demeure sexy en diable. Certes, la formation du studio Top Cow n’insiste pas sur les règles du storytelling ou du nombre cases réglementaires que nécessite une page  afin de développer une histoire.

Mais le succès de Witchblade a deux explications : le dessin de Michael Turner qui rend glamour la série ainsi que les très faibles ressorts scénaristiques qui posent le dilemme à Sarah d’affronter un homme pour lequel elle a un fort penchant.

Une des raisons du succès de la série demeure assez singulière : les filles apprécient le ton de la série, l’aspect romantique ainsi que les graphismes capiteux et élégants de Witchblade. C’est bien simple, Witchblade demeure ce qu’il y avait de mieux pour proposer une passerelle aux fans de mangas vers les comics.

La série demeure un hit, un gros. Il s’agit en quelque sorte de la seule trouvaille de Marc Silvestri pour son studio. Il n’aura de cesse de la décliner avec notamment son pendant masculin, Darkness. Toutefois, alors que Michael s’en va après le numéro 25, il semble que l’attrait et la fascination exercée par Witchblade s’essouffle dangereusement, comme si le personnage avait épuisé tout intérêt après ces 25 premiers numéros.

Pour anecdote, Paul Jenkins fut embauché par Top Cow afin de rendre le studio cohérent et rationnel, si cela pouvait être possible… Quand il demanda aux têtes pensantes de Top Cow ce qu’était en fin de compte la Witchblade, on lui dit que personne n’en savait rien !

Cela n’empêchera pas la Sorcière à la lame d’avoir le droit à une série télévisée, une adaptation en animée et ce fameux film annoncé depuis des années. Après tout, si Top Cow a épuisé toutes ses ressources créatives en un seul personnage, autant en tirer parti le plus possible !

 


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Published by Le Royaume des Avis
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