Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 08:00
2éme partie

3 Fathom : la sirène à Michael Turner !


1998 représente en quelque sorte la seconde vague d’Image comics. La première date de 1992 avec les 7 artistes qui partaient du giron oppressif de Marvel. L’un d’eux, le médiocre dessinateur Jim Valentino, déclarait à juste titre que si un créateur engendrait un personnage et qu’il devait payer pour avoir un comics ou un produit dérivé issu de sa propre création, cela était profondément injuste. 

Mais ce fut une nouvelle ère pour Image, les talents qu’elle avait formés et qui ont explosé (Scott J.Campbell), ou qui sont venus d’ailleurs (Mad ! ou encore Humberto Ramos) vont avoir leur propre titre dans une division crée par Wildstorm, spécialement pour eux ! Si Image fut red super hot à ses débuts, ce vent de folie s’est beaucoup essoufflé. La ligne Cliffhanger devait redonner à Image de sa superbe.

Et Michael Turner dans tout ça ? Les propositions de Jim Lee étaient alléchantes et faire parti de cette grande aventure était des plus tentantes mais il s’est résigné à rester dans le giron de Top Cow, par reconnaissance envers Marc Silvestri.
Il créa donc Fathom, une sorte de succédané de Namor et des légendes relatives au mythe de l’Atlantide. Il est à noter que Michael était un grand sportif et que justement, la plongée était l’une de ses passions.

Que dire de ce comics même si chacun a son avis ?

Ma foi, le storytelling demeure réellement mauvais. Pour lire ces numéros de Fathom, il faut tourner son comics de 45° afin de suivre les péripéties de Aspen, son héroïne.
Mais la série est un hit, un gros, qui permet à Top Cow de renouer avec les premières places du top 100. Fathom, bien que toute nouvelle, aura le droit de participer à des crossovers incongrus avec Lara Croft et Witchable, le tout dessiné par Michael Turner en personne, s’il vous plaît !

Mais Michael Tuner ne peut tout assurer, la poursuite de sa série et les demandes de Marc Silvestri, dont le travail de son poulain lui permet encore de pérorer que Top Cow demeure une firme majeure des comics.
Michael Turner a ses propres ambitions personnelles, et il souhaite faire ce que son boss a fait auparavant en quittant Marvel : voler de ses propres ailes.

Mais il y a un problème, et un gros : Marc Silvestri

 

4 Les années éprouvantes !

 

Marc Silvestri considère en effet que le département de Top Cow lui demeure redevable sous prétexte que Silvestri a alloué des sommes qui ont permis à Michael de développer son univers. Pour faire bref, Silvestri ne veut pas laisser partir son meilleur poulain et il emploie des moyens que vous saurez apprécier par vous-même. En tout cas, si Marvel avait usé de tels procédés, il n’y aurait pas eu d’Image comics ni même de Top Cow.

Le salut viendra des artistes/scénaristes Jeph Loeb et Geoff Johns. Alors que Silvestri a assigné le distributeur Diamond pour ne pas diffuser un seul des comics estampillés Aspen, les deux scénaristes font intervenir DC pour aider Michael. En 2003, les poursuites judiciaires entre Top Cow et Aspen sont closes. La procédure aura durée une année. Il en résulte un deal bizarre : une myriade de couvertures ainsi deux histoires assurées par son studio pour DC comics.

Ce sera donc une histoire relative à Superman, Godfall, après le numéro 206 du titre. Cette histoire a bien fonctionné même elle ne demeure pas un sommet inoubliable des comics.
La seconde et plus notable collaboration fut  le retour de Supergirl dans les pages alors hot de Superman/Batman.

Avouons qu’il s’agit d’une assez bonne histoire, bien ficelée et que le choix de Michael en tant que dessinateur demeure assez pertinent tant il est doué pour croquer les femmes. Jeph Loeb est en forme et cette histoire s’impose comme une référence dans l’histoire de Superman.

Ainsi Michael Turner a le feu vert pour lancer comme il se doit Aspen. Il va embaucher quelques dessinateurs qui ont un trait proche du sien : citons Koboll, JT Krull ou encore Talent Cadwell.

Hélas, si Michael fait un carton lors de ses prestations chez les deux grands, sa firme et ses créations ne remportent pas le même succès. Peut-être, après tout, que le lectorat souhaite voir les artistes sur les grands héros mainstream, ou alors, il faut un concept béton, ce qui n’était pas le cas de la firme Image. Ses séries, comme Soulefire, sont sympathiques mais elles ne constituent pas un sommet créatif. Peut-être que le public en a assez de lire des histoires mal ficelées comme en a proposé Image comics ou encore des studios qui s’annonçaient prometteur mais qui n’ont pas tenu leurs promesses (le studio Avalon). 

Mais le vrai problème de Michael demeure le cancer, celui des testicules en l’occurrence.

Après un accident survenu lors de l’une de ses pratiques sportives, on lui diagnostique en l’an 2000 ce cancer qui nécessite des traitements très lourds et fastidieux. Michael aurait été soigné dans le même établissement que le fils de Jeph Loeb, qui est hélas décédé. On aurait ainsi enlevé une importante partie des tissus osseux de sa hanche ainsi qu’une autre ablation.

Il semblait pourtant que Michael était sorti d’affaire, tous l’espérait, et qu’il participait de manière occasionnelle avec Marvel, avec un deal semblable à celui de DC pour développer des couvertures mais surtout quelques comics avec son ami Jeph Loeb.
Il est vrai ces projets ont été repoussés, mais à une époque ou des divas telles que Mad ! sont incapables de pondre 5 comics d’affilés, nous n’avons pas été particulièrement attentifs à sa santé. Aussi sa mort fut un choc immense, dont l’onde de choc ne s’est pas encore atténué… 


Michael Turner était donc un prodige de l’ère Image. En quelque sorte la dernière superstar que nous a révélé cette firme. Peu de dessinateurs ont pu s’imposer aussi vite, encore moins créer aussi vite leur firme. Ironiquement, il demeure même le dernier à l’avoir fait et ce dans un contexte aussi peu porteur. Certes il avait des défauts. Certaines couvertures, telles celles de Civil War, ont clairement fait apparaître des lacunes d'odre anatomiques, surtout en ce qui concerne les éléments de la vie courantes et les hommes.
Il est vrai que l’école de Marc Silvestri privilégie un certain esthétisme plutôt qu’une anatomie rigoureuse ou encore un storytelling adroit. Une anecdote plaisante à propos de l'art de Michael Turner est que l'on retrouve ses dessins dans d'autres domaines que les comics, comme le tunning ou des sites dédiés aux femmes. Il est rare qu'un artiste de comics puisse en effet voir célébrer ses dessins dans d'autres médias, comme s'il était dans l'air du temps.
En outre, Michael Turner nous peut tous nous faire rêver, consciemment ou inconsciemmment. Qui n'a pas n'a pas rêvé de travailler dans les comics et de voir son travail susciter un tel engouement ?
Il incarne, même si je considère que ce concept est en quelque sorte un miroir aux alouettes, le fameux rêves américain bien que le destin a été cruel envers lui. De plus, comme il était un trentenaire, la perspective de sa mort s'appréhende plus facilement pour la plupart d'entre nous qui sommes trentenaire.
Qu’importe, il a suscité un réel engouement, et il a même amené une audience vers les comics, ce qui demeure une belle performance. Je parie même qu’il aurait corrigé ses défauts dans les années à venir afin de parfaire son art… si le destin lui en avait laissé le temps.

 

Note : Aspen est publié en France par Delcourt.

Il y aussi un site français dédié à Michael Turner, cliquez ici.

 


Partager cet article

Repost 0
Published by Le Royaume des Avis
commenter cet article

commentaires