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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 08:00

Les critiques de cinéma ont tendance à écrire que la SF au cinéma était un genre mort avant 2001, qu’il n’y avait rien ou presque et que d’ailleurs seul Star Wars est à considérer après. Toutefois, c’est sans compter la grande vitalité d’alors du cinéma italien, qui était un bouillon de cultures.  Le très respectable Antonio Margheriti a livré 4 opus de films de Sf, la Hammer a produit son Alerte satellite 02, il y a aussi le sympathique Bataille au-delà des étoiles, aka The Green Slime. Mais 4, 3, 2, 1…Opération lune représente le modèle de la très bonne série B, que l’on peut regarder sans crainte de connaître l’ennui et qui laisserait même un agréable souvenir. 

Le Major Perry Rhodan est convoqué pour une mission. Celle-ci l’amène lui et les membres de son équipe dans un pays hostile où a atterrit une fusée de type inconnue. A son bord, se trouvent une superbe extraterrestre (de type Vénusienne ou sur les podiums de haute couture, au choix). Thora, c’est son nom, se révèle incroyablement autoritaire et regarde les terriens comme des petits enfants qui s’irritent facilement. 

Mais ayant atterri en milieu hostile, déchaînant les forces ennemies, Thora aura besoin de l’aide du sous-évolué terrien Perry Rhodan, qui aura fort à faire pour que la situation ne dégénère pas. De plus, un des camps ennemis a glissé dans son équipe un espion qui a toute sa confiance. Le Major Rhodan devra jouer serré, d’autant plus qu’à peu près toutes les factions rivales veulent cet étrange vaisseau, au matériel dévastateur et surpuissant. 

 4, 3, 2, 1…Opération lune mélange avec bonheur différents éléments comme les ingrédients de films d’espionnage, de la Sf, du charme avec des effets spéciaux économiques mais adroitement mis en scène, grâce à des plans serrés, pour créer l’illusion. Ainsi, le fameux vaisseau de Thora est suspendu par des fils qui sont cachés avec habilité  par la position de la caméra. Le principal de l’intrigue se déroule dans une carrière, probablement aux environs de Rome ou non loin d’un studio.   

Certains spectateurs tiennent le raisonnement que la faiblesse de  moyens condamne un film par son ridicule. Ce n’est pas du tout mon avis, et le réalisateur, Primo Zeglio, a bien assimilé l’essence des trucages qui doivent être des trompes l’œil pour le spectateur. Vieux routier du cinéma  d’aventures (dont le péplum), Primo Zeglio assure une réalisation tonique qui épouse bien l’histoire et ses rebondissements, du bon boulot. Lang Jeffries, un acteur chevronné du péplum et OS117 des années 60 se montre convaincant dans le rôle du Major Perry Rodhan, un héros doté de raison et de valeurs morales.
Les effets spéciaux, l’époque du film mais aussi le ton psychédélique du film, tout confère à 4, 3, 2, 1…Opération lune une belle patine des années 60 (1967 plus précisément). 

Pour finir sur Perry Rhodan, il s’agit quand même d’un héros très populaire dans son pays d’origine, l’Allemagne. Il est issu de romans de Sf qui ont bonne réputation, un mélange de Bob Morane et de Capitaine Flam qui possède toujours de nombreux fans et dont, étrangement, 4, 3, 2, 1…Opération lune demeurerait la seule adaptation (réussie) à ce jour.

La création de Perry Rhodan est amusante, un éditeur aurait défini le concept tandis qu’un pool de scénaristes aurait écrit une kyrielle d’histoires. Il me semble même qu’une Bd Perry Rhodan soit parvenu jusqu’à nous. Il est vrai que le créneau était occupé par Dan Dare, lointain cousin britannique de la firme Fleetway/IPC. 

Enfin, touche finale en forme de cette belle cerise cuivrée, la bande annonce est de toute splendeur. Selli, le titre phare de la B.o, peut vous hanter longtemps après l’avoir entendu. Elle demeure un des meilleurs morceaux de l’ époque, un rien pop que le générique illumine dans un torrent psychédélique de couleurs. L’ensemble laisse plus qu’un agréable souvenir, mais la patine d’une certaine qualité élaborée par des artisans doués, un souvenir haut en couleur d’un glorieux cinéma de jadis… 

Notes : Merci à Jean-Pierre Dionnet pour nous l’avoir montré jadis dans Cinéma de quartier.
Ce fut également l’antique éditeur vidéo Ciné 7 qui l’avait édité. Vous avez peut-être remarqué le tube Selli dans une pub de déodorant où des guerriers chinois, un homme et une femme, se battaient comme dans Tigre et Dragon.
D'ailleurs, je vous propose de jetter un bref coup d'oeil à cette pub !

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Published by Bastien AYALA
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