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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 08:00

Chaque fin de décennie permet de dresser sereinement son petit bilan en terme de découvertes des talents. En ce qui concerne l’écriture, les années 2000 ont révèlé une pointure, anglaise comme les meilleurs scénaristes depuis les années 80, il s’agit bien sûr de Mark Millar. M.Millar a donc triomphé dans le domaine des super-héros avec un coup d’éclat : Authority. Pourtant, il était dans les parages depuis un petit moment et il avait grand peine à ce que son talent soit reconnu. Alors que le film Wanted, ainsi que l’édition française, sortent en France. Il est plus que temps de revenir sur ce grand talent dont les meilleurs années sont devant lui. 

1ère partie :  Les débuts. 

Mark Millar est né le 24 décembre 1969 à Cotabridge. Enfant modeste d’une fraterie de plusieurs enfants, il est fasciné par la série télé de Superman incarné par George Reeves. Il développe donc naturellement une certaine inclination pour les comics, dont ceux de DC qui sont assez largement publié en Grande Bretagne. Les écrits d’Alan Moore furent pour lui un choc, en terme de découverte, et il prit la décision d’écrire après avoir l’avoir rencontré lors d’une convention, dans les années 80. Il interrompit d’ailleurs donc ses études car ses parents décédèrent et il se tourna donc vers l’écriture professionnelle. Son premier travail date donc de 2000 avec la firme Trident.Il me semble qu’il fit aussi quelques piges dans le journalisme, et il interviewa notamment Grant Morrison qui bénéficia alors d’une aura d’écrivain talentueux à fort potentiel. Mais Mark Millar a suivi le même « cursus » que ses distingués aînés : travailler pour Fleetway/IPC.

Ce sera donc une myriades de séries pour ce vénérable éditeur qui s’est miraculeusement (par hasard, on l’air de dire ses créateurs) avec Judge Dredd. On le retrouve donc aux scripts de Judge Dredd, mais aussi des autres fleurons qui méritent tout autant votre intérêt comme Robot-hunter ou encore Rogue Trooper. Polyvalent, très capable et productif, Mark Millar est donc remarqué par DC comics, bien qu’il soit très probable que Grant Morrison les ait quelque peu aiguillé.

En 1994, il fait donc ses débuts puisqu’il co-écrit les scripts de Swamp Thing avec Grant Morrison. L’aventure chez Dc continue, mais les dirigeants sont incapables de détecter son talent ni de le mettre sur un titre majeur. Mais pour l’heure, Mark Millar est encore associé avec Grant Morrison pour créer un nouveau super-héros, Aztek. Aztek est un médecin choisi pour assumer la mission de protecteur de la terre selon une prédiction Maya contre un fléau cosmique à venir. Le titre ne dure que 10 numéros. En ce qui me concerne, je l’ai trouvé sympathique quoique guère exceptionnel. Mais Aztek demeure important en ce qui concerne les super-héros puisque ce titre remet en selle Grant Morrison sur un titre de super-héros, la JLA. La Jla marque en quelque sorte la fin définitive des mauvais titres de super-héros mal écrits comme Image en a produit tant et tant. Le public veut revoir des grands artistes sur ses héors préférés, et la Jla de Grant Morrison est à mon sens un comics majeur des années 90. D’ailleurs, Morrison clôt le destin d’Aztek dans les pages de la Jla, où il se révèle utile pour contrer le dieu maléfique anticipé par les Mayas, Maggedon.

 

 

2ème partie : la fin des années de doute.

 

Bizarrement, ce n’est pas Grant Morrison qui lui donne le coup de pouce décisif. Warren Ellis est un enfant terrible de l’écriture, une des 2 meilleurs révélations des années 90’ avec Garth Ernis. Warren Ellis se distingue cependant par son aptitude à pouvoir exceller dans le genre super-héroïque qu’il renouvelle et fait progresser. Il détonne aussi dans d’autres genres, avec  des grandes œuvres comme Planetary et, dans un autre registre, Transmopolitain. Son legs aux super-héros est Authority, une ultime mouture ravageuse de StormWatch, où il fait ce qu’il veut. Le résultat est explosif, il oppose l’équipe de 7 héros à des périls chaque fois plus importants lors de 3 arcs impressionnants de furie et de quintessence dans le genre super-héros. Warren Ellis finit avec le numéro 12, où il oppose Authority face à une force démiurge (créatrice de la terre). Il est difficile de continuer dans l’escalade de menaces, et la succession paraît compliquée, mais elle sera pourtant relevée avec maestria par Mark Millar. 

Faire mieux que Warren Ellis ? Cela paraît impossible et pourtant Mark Millar réussit très bien. Authority s’oppose aux vrais tyrans, ceux qui tuent dans des pays moins « civilisés » sans que l’O.N.U ne trouble réellement. Jamais les héros de Marvel, encore moins ceux de DC n’ont osé entreprendre cela. Ce serait en effet, à mon sens, la première des priorités pour une vraie équipe. Authority relève le gant et l’équipe dérange l’ordre mondial.

La réponse consiste en une parodie féroce des Vengeurs, aux ordres d’un créateur insensé qui a vécu dans l’ombre des Présidents des USA. Authority se heurte de plein pot avec ces pseudos vengeurs, qui constituent une infime avant garde des armées insensés de Kristen, une savoureuse parodie de Jack Kirby. Ce premier arc se permet beaucoup, notamment des détails subtilement glissés puisque Apollo se fait violer par le porteur de massue ainsi que le Commandant, le Captain America dégénéré. Cette séquence doit se regarder avec attention puisque le Commandant  a les mains sur sa ceinture pour déboucler celle-ci puis on le retrouve en train de déboucler sa ceinture, à la fin de la même scène après une ellipse.

Authorithy sous l’ère Millar est puissante, et iconoclaste.
Selon la tradition inaugurée par Ellis, les arcs sont fait en 4 volets et ils confrontent les héros à une menace « bigger and better », toujours plus imposante et démesurée.
 Une autre des menaces demeure la terre elle-même qui se rebelle, pour se débarrasser des humains. Le salut passera par le recours à un docteur criminel, qui a tué avant d’être dépossédé « les 4 premiers pays selon un classement alphabétique ». L’arc est dantesque, haletant, et sa résolution est incroyable. Ce thème original de la terre qui se révolte n’est pas perdu pour tout le monde puisqu’il s’agit du thème du dernier film de Night Shyamalan, phénomènes. Millar n’a pas fait un seul coup d’éclat, il impose durablement sa marque sur la série, aidée quand même par Frank Quietly, pour faire d’Authority la meilleure série de super-héros, celle qui fixe aux comics des super-héros un nouveau standard en terme de qualité.

 

ll se passe à ce moment quelque chose d’intéressant pour la carrière de M.Millar : elle explose car le scénariste devient subitement hot.
Wildstorm essaye de l’intégrer dans un deal pour en faire son scénariste maison, ainsi que Grant Morrison. Mais le deal est délicat : Scott Dunbier les veut mais DC a moins d’entrain : les super-héros d’Authority sont violents, décadents, ils ont une vie sexuelle (dont le fameux duo gay) et le 11 septembre 2001 vient de passer : l’heure est à la modération et au retour aux valeurs héroïques. Il convient donc de nettoyer tout ce qui pourrait mettre les titres de la firme dans l’œil du cyclone, Authorithy en tête. Le deal capote, mais le salut vient de la rigide Marvel, qui se secoue subitement sous l’action de Bill Jemas et de Joe Quesada, qui veulent secouer les fondations et qui voient en Grant Morrison et, désormais le tout autant apprécié, Mark Millar.

Ce sera pour une poignée de comics dont l’écrin définitif de Marvel : The Ultimates...

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Published by Bastien AYALA
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