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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 08:00

3ème partie : la sacralisation.   

Joe Quesada et Bill Jamas sont nommés aux commandes de Marvel, et il y a le feu dans la maison. En 1990, les ventes du Punisher, de Spider-Man et des X-men tutoyaient le million d’exemplaires vendus. Après le gros crash de 1993, les ventes s’effondrèrent pour ne dépasser que les 100.000 exemplaires à la fin de la décennie, au mieux.
Le vide créatif, les formules à répétitions qui sabrèrent l’événementiel (les morts, les crossovers, les directions événementielles piteuses) sont autant de scories qui ont coûté cher aux comics.  

La grande réponse créative est donc choisie : la ligne Ultimate.
Il s’agit des mêmes personnages que nous connaissons depuis presque 40 ans, mais en neuf.
Personnellement, le Ultimate Spider-man ne me transporte nulle part et paraît même moins intéressant que son auguste modèle. Mark Millar reprend donc les X-men. Pour une fois, ce n’est pas particulièrement probant. Ce n’est pas mauvais, il y a même des bons moments, mais on est loin du feu d’artifices de ses Authorithy. Mais Mark Millar va nous surprendre avec une nouvelle saga indispensable des années 2000 : Ultimates.  

Ultimates possèdent les mêmes qualités que Authority : excellente caractérisation, action intense, périls bigger and better, action haletante. Le palpitant est enfin revenu chez Marvel, et il se fait par la grande porte grâce à Millar et à Hitch, qui a enfin trouvé son style définitif et abouti.
C’est bien simple, Ultimate demeure la meilleure fusion du cinéma et des comics : grand écran et maxi-action.
Ces quelques numéros, plus d’une trentaine, sont tout simplement ce que Marvel a pu proposer de mieux dans le genre, depuis longtemps. Pour éprouver la réussite qu’est Ultimate, c’est bien simple : vous offrez le volume 1 à quelqu’un et il est fort possible qu’il devienne accroc. Sinon, je doute qu’il s’intéresse un jour aux comics !

Gros carton pour Marvel, les Ultimates peut enfin intéresser des lecteurs débutants qui ne trouveront pas mieux dans l’univers classique. Le pari de Bill Jemas et de Joe Quesada est remporté mais il y a des couacs : le rythme mensuel est largement dépassé !
De plus, le contrat léonin de Marvel oblige les auteurs à voir leurs idées et le contenu de leurs œuvres reprit dans les films ou les DVD, tout en touchant des cacahouètes (2000 $ selon Hitch). Bravo Marvel !
Si Mark Millar retrouve le même souffle dans son retour dans les Ultimates Fantastic Four ou Civil War, il a compris quelque chose : il faut qu’il crée quelque chose, un projet dont il a les droits.
Ce sera une pelletée de projets, qui seront lancés sous le titre Millarworld, dont le titre le plus fameux et le plus retentissant demeure pour l’instant Wanted.  


4ème partie : Le créateur à fort potentiel. 

Même si le succès est là, dans des proportions plutôt conséquentes, Mark Millar est intelligent, très avisé. Il est parfaitement au fait des réalités du métier : tout ce qu’il créera pour Marvel sera exploité sans qu’il en soit bien rémunéré ni même sans son avis.
Il connaît bien les rouages du système, l’affaire Kirby ou le cas de Len Wein qui ne touche rien sur les adaptations de Wolverine et il sent qu’il est temps de favoriser ses propres histoires.
Ce sera donc le tentaculaire Millarwolrd, qui s’étend à plein de petites maisons d’éditions comme Avatar, Top Cow ou Dark Horse. Il s’associe à des dessinateurs compétents, avec lesquels il partage les droits de suite, pour proposer au public une fournée de titres.
Jailliront ainsi les Unfunnies chez Avatar, Chosen chez Dark Horse puis le fameux Wanted chez Top Cow.

C’est un beau cadeau que fait Millar à la firme de Marc Silvestri, dont un projet demeure enfin au niveau des ambitions affichées de Silvestri, qui sera producteur exécutif pour l’adaptation ciné.
Wanted est le gros morceau du Millarworld, sachant quand même qu’un projet nommé Run avec Aslhey Wood demeure encore à ce jour non réalisé. Wanted est une adaptation d’un vieux projet qui visait à reprendre un comics de chez Dc dédié aux super-vilains : Secret society of super-vilains.

Wanted raconte donc l’engagement de Wesley, suite à la mort de son père, dans un des 5 camps de super-vilains qui ont terrassé les héros en 1986 puis qui ont manipulé la réalité afin de releguer leurs souvenirs au rang de héros de comics ou de séries télé bas de gamme. L’enjeu de Wanted est double : deux des camps de vilains veulent tout faire péter tandis que nul ne sait exactement qui est l’assassin de son père.
Le ton est iconoclaste, les punch-line sont nombreuses, parfois plusieurs dans chaque page et les vilains de DC revus par Millar sont hilarants.
 Ainsi, Fox est en fait Catwoman, Clayface est tas-de-merde, Sivana est le leader du camp de Wesley, le Parasite a une face de cancrelat et, cerise sur le gâteau, Bizarro est le gros con, la version trisomique de Superman (belle idée). Un des points forts demeure aussi que l’assassin ultime est quand même Deadshot, le personnage recrée par Steven Engelhart et Marshall Rogers. Mark Millar a été astucieux pour attirer l’attention des producteurs : son héros ressemble à Eminem et sa Fox a les traits de Halle Berry. 

Mark déborde de projets et il les mène habilement. D’une part il assure les commandes de Marvel dont il est l’un des tout meilleurs scénaristes, Bendis est quand même remarquable, de l’autre il fait éditer ses projets dont le War Heroes chez Dark Horse. L'actualité du moment est le fameux Kick-ass qu'il édite chez Icons, la branche created-owned de chez Marvel. C'est le déjà vétéran John Romita Jr qui signe les dessins, ce sera d'ailleurs sa seule co-création dont il a les droits. Il était temps !

Mais il a un potentiel bien plus fort : il aimerait proposer une version du Capital de Karl Marx où un auteur différent s’occuperait d’un segment particulier. Un grand projet qui lui permettrait d’accéder à un niveau supérieur, encore un. Mark Millar est aussi quelqu’un avec une vision politique certaine qu’il distille de temps en temps dans ses écrits, quand cela est possible bien sûr.
Ainsi Millar continue ses projets chez Marvel. Cette firme assez ingrate, quand aux suivis des droits, lui permet cependant une visibilité du grand public. Millar alterne donc avec talent ses propres projets dans la ligne Marvel Icons ou avec d’autres éditeurs puis il continue à entreprendre de gros projets chez la maison aux idées. Un bel équilibre, quoique je pense qu’il quittera un jour Marvel pour autre chose.    

 

Cet autre chose pourrait bien être le cinéma. Ainsi Millar s’est proposé pour écrire le nouveau Superman mais la Warner, décidément, ne lui a pas facilité les choses. DC avait censuré son retour sur Authority, reculé la parution de son excellent Superman : Red Son, une des toutes meilleurs histoires sur Sup dont la fin transcende le récit. Waener a prétexté que Millar était employé chez Marvel, donc qu’il y avait incompatibilité. Outre le manque de nez creux, Warner semble être de mauvaise foi puisqu’un artiste exclusif chez Marvel est attaché au projet Green Lantern. Pour ma part, je gage qu’un Mark Millar en pleine forme sur un film Superman serait un sommet de la saga…

Brillant, excellent  scénariste qui a des idées  de haut calibre,  un  sens certain de la narration ainsi qu' un réel  intérêt pour le genre super-héros, Mark Millar vient désormais d'être remarqué  par sa  capacité à fournir des concepts  qui  sont  lucratifs pour le cinéma. A mon sens, il devrait travailler pour ce méduim et nous livrer des histoires, de haute tenue comme toujours. Belle revanche pour l'enfant de Cotabrige qui rêvait devant Superman à la télévision !

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Published by Bastien AYALA
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