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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 08:00

 

Hubert et Vincent Mounier forment un groupe en 1979, le troisième comparse, François Lebleu, les rejoint en 1981 et le nom du groupe, ironique et léger comme à l’habitude du groupe, est adopté en 1982.
Les noms de scène sont donc volontiers parodiques et les membres se nomment donc Cleet Boris, Karl Niagara et Bronco Junior. A part pour Hubert Mounier, les deux autres membres piochent dans l’imaginaire du western, ce qui dénote un des nombreux liens qu’entretient le groupe avec la bd et la culture populaire.


Le fameux premier album, Chic planète, sort donc à la fin des années 80.
Dans une interview radio, je me rappelle que Cleet Boris expliqua que le trio avait remporté haut la main un festival musical, et que l'album put alors se concrétiser.

Le titre phare, le fameux Chic Planète, reste un standard des années 80, une chanson qui restera associé à son époque. Le clip de l'époque nous montre donc notre trio, acccompagné d'un quatrième comparse, aux prises avec un décor délirant en images de synthèse. Le rythme est entrainant, le ton est léger, et le style vestimentaire est typique de l'époque. Un album intéressant qui va en appeler d'autres grâce à son succès.
 

Le second album, le Retour de l’âge d’or, est bien plus maîtrisé que Chic planète bien qu’il ne soit sorti qu’une année après. Le groupe s’affirme par cet album qui propose des titres remarquables dont les textes et les mélodies se retiennent avec plaisir, encore des années après.
Comme du Redigalo, un succès de larmes, adieu à l’amour, Bob et Linda ou encore le sympathique Bois ton café sont des titres que seuls l’Affaire a su nous proposer.
Personne d'autre n'a osé proposé de tels titres mais ils méritent amplement d'être découvert ! De très belles balades, d'excellentes mélodies font que tous ces titres se retiennent amplement et bourdonnent dans votre tête. Des réussites exemplaires !

Les médias, qui ont tendance à créer des « légendes » musicales, nous parlent souvent d’univers musical afin de distinguer un artiste. Pour l’Affaire, ce terme permet de bien les caractériser puisque leur univers est en effet des plus intéressants. Le ton est léger, enjoué et les influences du retour de l’âge d’or se précisent : de nettes références à un la richesse musicales des années 40 et 50 panachent avec bonheur l’album. On s’est demandé tout récemment qui pouvait bien être le successeur du regretté Henri Salvador. On a dit qu’il n’avait pas un successeur mais plusieurs. Bien que fut évoqué Emmanuel Danza, je pense que cet album de l’Affaire mixe avec bonheur ces albums désuets et ces airs des temps jadis qui respiraient la bonne humeur, quelque chose de léger qui marquait une insouciance apparente.

Le retour de l’âge d’or est donc un bel album, qui se penche vers le passé tout en affirmant l’identité du groupe. Un album classieux donc, qui en sera suivi par un autre encore plus réussi.  

En 1990 sort Sans légende, le troisième album de ce que je considère comme une trilogie de leurs débuts et qui marque l’aboutissement musical du groupe et la fin d’un cycle.
  Nous sommes toujours dans cet esprit frais, rétro et réussi avec des mélodies ou des balades très appréciables, mais les mélodies, les textes ou les thèmes abordés sont encore meilleurs !

Le caractère et l’identité bd sont encore plus accomplis dans certains textes de Sans Légende.
 Des titres comme Sous la lune, Le chat a toujours raison font la part belle à un certain imaginaire qui palpite depuis notre enfance, quelque part dans notre inconscient. Si les contes ou les dessins animés nous ont donné une image, L’affaire leur offre sur un plateau d’argent de savoureuses chansons et des mélodies pour les mettre en musique. Comme ces chansons ne proposent pas de formes picturales, elles permettent de refaire travailler notre imaginaire et des les réinterpréter à nouveau.

 Ainsi, le groupe fait très fort en mêlant Alice et le Chat, dans de belles balades qui permettent aux adultes de renouer avec des thèmes enfantins, mais qui offrent de fait une nouvelle saveur. 

Mais sans légende ne se limite pas à cette seule interprétation. L’Affaire Louis Trio aborde en outre des thèmes graves, comme La balle perdue qui demeure assez marquante, pour le peu qu’on lui ai prêtée une juste attention.

Mais la perle de Sans légende demeure à mon sens le titre Les arbres verts. Totale réussite tant au point de vue des textes que de la mélodie, Sous les arbres verts esquisse un portrait de la féminité fort habile. Pour certains, le plus beau titre de la chanson française se nomme la vie en rose, pour moi, il s’agit des arbres verts. Beaux, poétiques, les arbres verts sont chantés par Karl Niagara, qui offre ici une belle prestation, adaptée à sa voix fluette qui convient parfaitement sur ce titre enjôleur. Une oeuvre majeure dans un album qui ne contient pourtant que des titres déjà de grande qualité.

Le reste de l’album propose également d’autres titres qui s’écoutent avec bonheur des années après comme Sous la lune ou chacun de son côté.

 Il y a peu d’albums ou encore de groupes où le potentiel des albums ne s’épuisent pas, écoute après écoute. Or cette première trilogie de l’Affaire Louis Trio s’écoute toujours avec autant de bonheur et d’intérêt des années après, comme si le potentiel ou l’attrait des albums se bonifiait encore et encore.

Il s’agit de la marque des grands, et l’Affaire va encore mûrir dans son approche et dans ses thèmes pour un nouveau et remarquable cycle d’albums qui place la barre encore
plus haut… 

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

L'archiviste 19/08/2008 09:02

C'était dans Fantask vol.2 n°5 de janvier 2002 (uniquement par souscription) dans lequel Cleet Boris signe le scénario et les dessins d'une histoire intitulée "L'Apache" qui raconte l'histoire du premier super-héros français apparut dans les années 1920.
Au détour d'une vignette, on voit nettement Fantax participer à une réunion de super-héros de type "JSA à la française".

Bastien Ayala 19/08/2008 08:29

Voilà un fait qui m'avait échappé !

L'archiviste 18/08/2008 17:09

A noter pour faire un pont entre deux articles que Cleet Boris a dessiné Fantax (tout du moins une apparition discrète de ce personnage) !
Quelqu'un se souvient-il dans quelle revue ?