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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 08:00

Hubert Mounier ne s’est jamais caché de sa passion pour la Bd. C’est rare, voire unique dans les médias français et d’ailleurs, Hubert a fait bien plus que de déclarer aimer la Bd : Il en a fait ! Retour sur sa passion, mais aussi une identité visuelle du groupe, qui démontre que l’art de Cleet Boris ne se limite pas à un seul média.



Né en 1962, Hubert habite donc Lyon. Inutile de vous préciser que c’est dans cette ville, superbe par ailleurs, qu’un nombre important d’éditeurs habitaient. Il y a avait là les éditions du Rempart mais surtout LUG. Hubert a donc lu son premier Strange vers 1972, et ce fut un choc, un gros.


J’imagine donc Hubert comme un lecteur averti des adaptations américaines et il aurait d’ailleurs une fort belle collection. Justement, il est interviewé dans Strange 281 comme artiste invité, il me semble me rappeler d’un petit croquis de Tota, et l’interview est assez intéressante. Hubert révèle qu’il a TOUT les fascicules LUG depuis le premier Fantask. Il est vrai que ce type de déclaration retient l’attention des gens cupides (moi, bien sûr). Ce fut d’ailleurs une grande première pour LUG.

Ainsi la brave Claude Vistel n’y entendait pas grand chose en musique moderne [ dans une interview, ses propos permettaient de comprendre qu’elle ne connaissait rien au groupe de même que toutes ces années avec les X-men l’ont lassées].

Tout d’abord, le look d’Hubert Mounier fait référence à Tintin, ce qui est éminemment sympathique. Il y a donc une certaine correspondance entre lui, son avatar et la Bd. De plus, certains visuels, univers, ou textes de chansons demeurent emprunts à la Bd ou à un certain imaginaire des contes de notre enfance. Cette dichotomie entre textes adultes ou chansons qui regrettent ou célèbrent l’enfance demeure réellement intéressante. 

Mais Hubert s’exerce aussi au crayon, et le résultat est fort sympathique, réellement animé. Son premier album date donc de 1986 et on retrouve Cleet Boris en avatar dans la couverture de son propre album. D’ailleurs, si on y regarde de plus prés, la pochette de Chic Planète montre le groupe représenté en avatars un rien décalés, zazous. Cette pochette fut donc novatrice puisque ce type était assez rare à l’époque. C’est donc une des clefs pour appréhender convenablement l’univers de Cleet Boris : son imaginaire ne se limite pas à un seule média ou support, loin s’en faut !

Combien d’autres artistes ont transcendé l’expression de leurs arts sur d’autres supports ? Peu.

  Poue Créature, il convient de célébrer Cleet Boris comme artiste réellement remarquable. Il a mis deux ans pour parfaire au scénario, dessins et couleurs cet album.

Ses albums nous permettent de voyager un peu plus loin dans son imaginaire, le fameux univers propres aux artistes qui ne sont pas chez lui une invention publicitaire. Il est aussi intéressant de voir son coup de crayon, Cleet a plusieurs styles mais il tente une nouvelle approche pour Créature.

 Créature continue l’œuvre de Mary Shelley et nous montre les pérégrinations de la créature de Frankenstein. Cleet est à la fois dessinateur et scénariste. L’œuvre est carrée, bien amenée et on se prend d’intérêt pour cette créature, une sorte de nouveau-né que l’on veut abattre, encore et toujours. Son trait a particulièrement retenu mon attention, j’ai eu l’impression que Cleet connaissait le travail de Bernie Wrightson et qu’il suit quelque peu ses traces

. Aussi, j’ai eu l’impression de retrouver un peu le charme des dessins de Kelley Jons. Heureux hasard, j’apprécie pas mal Kelly Jons. Aussi je vous invite à vous pencher sur ce créature qui mérite une attention particulière et une place dans votre bibliothèque.


J’ai lu avec regret qu’Hubert était un peu lassé, un rien dépité des tracas de son retour pour Le grand huit qui n’a pas eu l’attention des médias.

 Il est vrai qu’avec le phénomène Star’ac, on a l’impression que la musique française est extrêmement réduite, qu’elle ne se résume qu’à une poignée de chanteurs qui doivent occuper .tout l'espace médiatique et ne rien laisser aux autres (avec très peu de qualité). Le vrai problème est surtout que l’on s’éloigne à grande vitesse des standards de qualité et les nouvelles compositions deviennent plus rares.

 Hubert Mounier fait partie de cette scène française qui nous prouve le contraire, titre après titre. Pour ma part, je souhaite qu’il renoue avec la félicité.  


                                      (le Strange 281 qui contient l'interview de Cleet)

Ce qui est impressionnant, dans les Bd comme dans les albums d’Hubert Mounier, c’est qu’ il est capable de se métamorphoser que ce soit dans les thèmes, les textes ou bien sûr son dessin. Il est ainsi capable de dessiner de plusieurs manières, de changer de style du tout au tout, de repousser leurs limites, de se renouveler à ce point. Ceci est prodigieux. Après réflexion, seul les grands artistes étaient capables de ne pas se limiter à un seul support, et l’odyssée artistique d’Hubert Mounier/Cleet Boris vaut largement la découverte. Pour ma part, j’attends avec impatience ses nouveaux sillages.

 

Note : Je vous renvoie à cet excellent site pour la carrière de Hubert et ses albums. Il s'agit du site de référence sur l'Affaire Louis Trio, qui est de très bonne qualité.

 

 

 

 

 

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Bastien Ayala 24/08/2008 19:43

Bonjour David et bienvenue !
Je remercie Grimm et l'archiviste pour leurs précisions, fort intéressantes. La semaine à venir sera dédiée au roi des singes !

David 24/08/2008 16:46

Je viens de découvrir ce blog, et il est excellent ! La qualité des articles est de haut niveau, bravo !

Grimm 24/08/2008 13:12

Corrige ton article, au début tu écris Strange 261 au lieu de 281 .... Rhalala .... sinon trés sympa de découvrir ce bonhomme.