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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 08:00

2ème partie 

Marshall Rogers jouit, en ces toutes fins des années 70, d’une renommée chez les fans de comics, d’une audience, de l'attention des éditeurs mais aussi d’un prestige. Alors qu’on aurait pu l’attendre sur de gros projets chez Marvel ou chez DC, il suit son compère avec lequel il a revampé Batman : Steven Engelhart.  

Steven Engelhart est un auteur très capable, mais il a clairement eu une période où il était plus inspiré que par la suite. Il peut être clair et ingénieux autant qu’il a produit des écrits, par la suite, où il était contemplatif et ses personnages méditatifsdans des intrigues pas toujours convaincantes.  Bref, un auteur qui  était bon mais qui est devenu  moins brillant,  et qui l'ignore.

En tout cas, Marshall le suit pour produire Coyote, un personnage de Steven Engelhart chez Eclipse comics. Coyote n’est pas un personnage qui n’aura suscité de passions, autre que celle de Steven Engelhart. Outre une petite poignée de numéros pour Docteur Strange, Marsall Rogers aura suivi Steven Engelhart dans son propre univers, qui est parfois un peu lassant. Ainsi suivra le détective Scorpio Rose, une autre création de Steven Engelhart qu’il porte dans son cœur. Mais la carrière de Marshall devient confidentielle, bien que des fans soient déjà conquis. Le marché est volatile, et de nouvelles gloires attirent davantage l’attention que lui.  

Aussi il collabora à quelques comics, son nom reste prestigieux, mais ce ne sera pas l’explosion tant attendu. Artiste lent qui ne reste guère plus d’une poignée de numéros sur un titre, Marshall va s’éparpiller sur des projets qui, même quand ils sont intéressants, ne sont pourtant pas de premier plan. Ainsi on va le revoir dans le mainstream sur Justice League Europe, pour 2 petits numéros afin de soulager Bart Sears, mais aussi sur Excalibur dont le départ d’Alan Davis enlève à ce titre sympa et enjoué beaucoup de son charme. Cet épisode 20 de la Jle avec le Beeffeater est une grosse rigolade, avec ce nouveau  super-héros  qui veut reprendre  le flambeau de son père, qui a  essentiellement  usé ses capacités  dans  un pub  plutôt  que dans  des combats.  Le Beeffeater  parviendra  quand même  à  mettre en  péril  la comique et  inspirée Jle, malgré  lui alors qu'il était venu pour rejoinre ses rangs !
 

Le problème est que le style de Marshall Rogers semble s’étiolé. Il a perdu son trait fort et précis. Son art de placer ses personnages dans les décors permettait de faire des configurations démentes, un style que seul lui maîtrisait à ce point. Dans cette seconde partie des années 80, Marshall ne maîtrisait aucun de ses deux points forts, ce qui est quand même une déception. Pour les lecteurs non avertis de ces deux titres, Marshall Rogers n’est qu’un remplaçant qui n’égalait ni Alan Davis, ni Bart Sears alors que ses travaux de Detective comics semblent déjà loin, très loin. Le trait de Marshall est moins puissant, les contours sont moins marqués et il semble qu’il ait perdu la main. 

Le compagnon de toujours, Steven Engelhart, pense à lui pour la grande reprise de Silver Surfer. Stan Lee a quitté les affaires, lui qui avait demandé à ce qu’on ne touche pas ce personnage après lui mais Marvel ne veut laisser aucun terrain en friche.

Steven Engelhart est donc assigné à la reprise du Silver Surfer, et ses épisodes ne seront pas convaincants. Le Silver est donc un être qui se déambule dans l’espace au grès des luttes contre les factions extra-terrestres antagonistes. L’intrigue est lourde, pesante. L’action est atone, et les enjeux ne sont guère palpitant. Silver Surfer vit des aventures redondantes, qui capitalisent sur l’héritage passé et puisent dans le bestiaire alien de la Marvel (très développé). Le titre réussit à endormir le lecteur et seul Jim Starlin viendra rendre le titre passionnant, mais il réintroduira ses propres créations.  

Marshall Rogers tiendra 10 numéros de suite pour ne revenir que de manière erratique. Steven Engelhart a dit de lui dans une interview qu’il se lasse des retards de son collègue et, à demi-mots, qu’il pourrait le lâcher. Belle reconnaissance envers son collègue qui l’a pourtant suivi dans des comics à la gloire des créations de Engelhart et qui servent ses propres aspirations. 

En 1989, Marshall Rogers est choisi pour dessiner Batman dans son strip ! Une grande première qui permet de retrouver le trait si intéressant de Marshall, fin et précis qui confère au chevalier noir puissance et majestuosité quand il se déplace à travers les building. Mais encore une fois, Marshall Rogers ne tient pas la distance et il passe la main à…Carmine Infantino. Si ce dernier artiste est bon, sa période de gloire date quand même d’il y a 25 ans et il fait démodé, énormément ! D’ailleurs, le strip s’arrêtera assez vite. 

La carrière de Marshall Rogers devient donc erratique et quelque peu dure à suivre. Il est toujours plus ou moins lié à DC pour lequel il livre de temps en temps des dessins pour des chartes graphiques ou encore quelques épisodes exceptionnels (deux d’affilé, guère plus). Il reprendra la suite d’Erik Larsen dans le titre Spider-Man pour deux numéros spéciaux.

En revanche, Marshall Rogers est plus présent pour ce qui est le para-comics : les dessins pour les conventions, les commissions pour les fans (de très très belles qui montrent qu’il n’a rien perdu quand il voulait bien se donner la peine).  

Mais Marshall Rogers collabore encore une fois avec son ancien partenaire de la dream team de Detective comics, qui convainc des nouvelles générations de fans et qui s’inscrivent durablement comme des épisodes de légendes. Steven Engelhart clame à tout va que ces épisodes ont même servis pour le film de Batman en 1989. J’ai quand même un doute…
En tout cas, Batman Dark Detective est un événement en 2005 quand ces 6 numéros sortent enfin. Le Joker est de retour, Steven Engelhart nous le promet fou mais inspiré, Silver Saint Cloud revient, bref c’est l’événement.  

 Que vaut le résultat ?

C’est relativement intéressant, le feu sacré se ressent à travers quelques cendres, mais guère plus, du moins au scénario. Le Joker revient, pour une élection pour laquelle il veut être le seul candidat à l’arrivée. Les scénarios sont quelque peu macabre, un rien violent et la relation entre Siver Saint Cloud et Bruce/Batman est le  ressort émotionnel de ce Dark Detective. Marshall Rogers opère une synthèse de ses deux styles, celui élégant des années 70 et le second plus éthéré des années 80, qui lui ont moins été profitables.
Marshall Rogers opère un retour en force, très appréciable.   

Ce sera en quelque sorte son champ du cygne , puisque son fils le retrouve mort, inanimé sur son bureau en 2005 suite à une crise cardiaque. Une légende qui s’éteint, après un dernier baroud d’honneur mais ses travaux méritent surtout d’être découvert, notamment par les nouvelles générations. Personnellement, Marshall Rogers est l'un des mes artistes préférés. Son interaction avec les décors demeure de tout premier ordre et il a innové en ce sens, crée. Il n'a certes pas tenu toutes les promesses ou les attentes qu'on pouvait attendre de lui mais il reste à mon sens un artiste dont je ne me lasse pas d'admirer les oeuvres !
 

 

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Published by Bastien AYALA
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