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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 08:00
La grande menace, dont le titre original est le toucher de la Méduse, est un film qui n’a pas laissé un grand souvenir dans la mémoire collective ni même chez les cinéphiles. La grande menace s’inscrit pourtant dans la vague apocalyptique des années 70 où le Diable menaçait frontalement l’humanité. Cela a commencé avec l’Exorciste, puis s’est pérennisé par un courant dont le chef de file se nommé la Malédiction. Dans son sillage, suivront Holocaust 2000 ou encore l’Antéchrist.
La grande menace bénéficie de 2 stars reconnues qui sont Lino Ventura et Richard Burton.
Mais une question se pose : que vaut la grande menace dans cette catégorie ?

Adapté d’un roman de Peter Van Greenaway, la grande menace demeure une production ambitieuse qui a su convaincre les deux grandes stars précitées de participer à ce film fantastique, genre qui ne brille pas particulièrement dans les Oscars ou les Césars. C’est donc que le script déploie manifestement des qualités.

Morlar est un écrivain à succès qui mène une vie de reclus. Alors qu’une catastrophe aérienne se produit, il est tranquillement assis devant sa télévision quand un étranger, dont nous ne verrons pas le visage, fait irruption chez lui et le frappe à la tête avec une statuette. Les coups sont si violents que le sang gicle sur la télévision et les légistes révéleront que la boîte crânienne est fracassée. L’inspecteur Brunel, joué par Lino Ventura, est dépêché sur les lieux. Il s’agit d’un inspecteur français qui officie à Londres dans le cadre d’un programme d’échanges.
Personne n’a rien remarqué puisque deux événements simultanés, un match de football ainsi que la catastrophe aérienne, occupèrent l’attention de chacun.

Contre toute attente, Morlar respire encore malgré son crâne fracassé et on l’emmène à l’hôpital alors que les docteurs estiment que son cas est désespéré, que sa vie ne tient qu’à un fil, et que son lit serait mieux alloué à une victime de la catastrophe. L’inspecteur est obligé d’enquêter sur le passé de Meldek pour trouver une piste. Il va voir sa psychiatre, jouée avec talent par Lee Remick, qui a des choses stupéfiantes à lui révéler.

Justement, l’élément le plus singulier qu’à trouvé l’inspecteur est un étrange cahier regroupant des coupures de presse de Morlar qui compile toutes les catastrophes.
La psychiatre lui révèle que Morlar souffrait d’une sorte de délire de persécution, qu’il était persuadé d’avoir le sinistre pouvoir, malgré lui, de provoquer ces catastrophes.
Ainsi, on remonte le fil de son enfance et, effectivement, ses parents meurent dans un accident de voiture improbable alors que l’enfant se sentait envahi par une force extérieur. Le même schéma se reproduit encore, notamment par un incendie mystérieux qui tue un de ses professeurs qui fut immonde avec lui. A chaque fois, Morlar jure que cela s’est produit malgré lui, comme s’il était sous l’emprise d’un pouvoir plus fort que sa volonté.
L’affaire est bizarre pour l’inspecteur qui ne sait que penser. Les faits sont troublants, les coïncidences défient de loin les statistiques et la piste de son assassin ne se dessine toujours pas. Deux faits troublants viennent se rajouter : son supérieur anglais le somme de ne s’occuper que de l’affaire Morlar tandis que ce dernier produit une activité encéphalique anormalement élevée, qui consterne tous les médecins.
L’inspecteur poursuit le fil de son enquête et il parvient à faire tomber le masque de rationalité de la psychiatre : elle est intiment persuadé que le pouvoir de Morlar est réel et qu’il a bien provoqué les catastrophes. D’ailleurs, une inauguration en grandes pompes d’une église va bientôt avoir lieu et justement, le cerveau de Morlar redouble d’intensité. Dans ces conditions, la découverte de l’assassin apparaît comme secondaire.

La force de la grande menace réside dans le processus de l’enquête qui permet de faire revivre le personnage de Morlar par des flashbacks. Personne ne croit au début à ses dires de malédictions mais tous, les personnages comme les spectateurs, le ressentent comme une évidence. Quelque chose d’important se prépare, et tout y mène avec le fatalisme de l’inéluctabilité.

Le personnage de Morlar est très intéressant. Il tente de combattre son sort mais il en est bien incapable puisque il ne trouve aucune aide. Il subit la malédiction malgré lui, sa vie privée est une hécatombe et il vit comme un reclus, avare de relations sociales. Quand le tueur s’apprête à le frapper, il a le temps de dire : « enfin ». Une grande performance de la part de Richard Burton, dont on se souvient généralement pour avoir été deux fois le mari d’Elizabeth Taylor alors qu’il a eu une grande carrière hollywoodienne. Clint Eastwood se souvient de ses problèmes d’alcool pendant le tournage de Quand les aigles attaquent, qui obligeaient le film à prendre du retard.
Mais la grand menace nous rappelle qu’il fut un très grand acteur, il est décédé en  1984, et sa conviction rend crédible ce personnage improbable, qui a une certaine épaisseur. Rien que son regard est saisissant. La grande menace demeure idéale pour redécouvrir ce grand acteur dont le talent est manifeste.

Lino Ventura demeure lui aussi crédible, quoique ce personnage ressemble à ceux qu’il a interprété pendant toute sa carrière. Ancien catcheur reconverti avec succès dans le cinéma, Lino Ventura connaîtra de grands succès jusqu’à sa mort, en 1987. Je l’associe volontiers à Jean Gabin, des sortes de figures patriarcales à qui rien ne résiste. 
L’autre bonne surprise du casting demeure nin qui joue la psychiatre. Détail amusant, elle avait justement joué la mère de Damien dans la malédiction. Lee Remick demeure convaincante de bout en bout puisque son personnage connaît un affaissement psychologique qui viendra à bout de cette femme pourtant solide.

La grande menace demeure un grand film, à découvrir au plus vite. Il vous entraînera dans sa spirale diabolique tout en vous intéressant à ses personnages qui demeurent fort bien écrits, joués et crédibles. La réalisation demeure à la hauteur et elle nous implique émotionnellement dans l’intrigue, dont le dénouement ne nous est annoncé que par indices.
Enfin, les effets spéciaux sont à la hauteur voire même surprenants pour un film de cette époque, 1977. Mais le meilleur des effets demeure le regard de Richard Burton qui demeure saisissant et qui devrait durablement rester dans votre mémoire, comme cet excellent film doit regagner la place qui est la sienne, parmi les meilleurs films de tendance apocalyptique des années 70 ! Note : Le DVD est disponible à la vente ! Achetez-le ou faîtes vous le prêter !

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Published by Bastien AYALA
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