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8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 06:06

Le monde, la chair et le diable est un film très solide qui date de 1959. Son sujet a été repris par la suite : la terreur nucléaire a frappé et il reste très peu de survivants. En fait, il en resterait à peine 3 pour les USA (ce qui est peu, une grande chute des statistiques). Ce film demeure donc le premier, à ma connaissance, à mettre en scène un fantasme que l’a tous eu : et si j’étais tout seul avec une fille ultra-canon ? Mais Le monde, la chair et le diable développe un propos intelligent, bien plus intelligent que cela.

Un jeune homme noir travaille dans une mine, très profond. Il subit un éboulement et il s’en sort par miracle, au bout de plusieurs jours. Il remonte finalement mais il finit par réaliser ce qu’il réfute le plus tard possible : les bombes ont éclaté et tout le monde est mort. Ralph Burton s’organise donc et il se rend à New-York dans l’ espoir inconscient de rencontrer d’autres survivants, d’abord par instinct. Aux portes de la folies après plusieurs jours de solitude, il s’organise pour être constructif, remettre le courant, sauver des vestiges du passé mais la folie le guette, sournoisement mais sûrment. Toutefois, une femme l’épie depuis de quelques temps, elle –aussi a des réactions équivoques mais elle se révèle à lui. 

Ils affrontent donc le néant, tentent de construire un quotidien pour retrouver un semblant de but, mais leur raison est éprouvée. La femme tente de se rapprocher de Ralph mais celui-ci se méfie. Après tout il est noir et sans cet événement, l’aurait-elle regardé ?
Le monde, la chair et le diable scrute quelque peu ces événements, se permet de crédibiliser ses personnages grâce à la justesse de leur comportement : les gestes mécaniques de la survie font place à ceux du remords d’être en vie puis au seuil douloureux de la raison de vivre encore et malgré tout.  

Alors que leurs rapports semblaient positivement évoluer, l’incroyable se produit : un troisième survivant parvient jusqu’à eux en suivant les appels de Ralph sur les ondes.
Benson, joué par Mel Ferrer, est blessé et il se remet sur pieds. Il n’est pas particulièrement méchant mais, peu à peu, l’instinct de reproduction et de propriété de l’être désiré, la femme, envenime la situation. Le thème de la chair, élément du titre, est subtilement amené. Il s’agit de l’instinct animal qui se superpose avec force à la raison sociale, il peut justement se nommer le diable, comme l’implicite le film.   

Benson va donc pousser à bout Ralph, malgré toute l’intelligence dont sont capables les deux hommes afin de gagner la proie de leur instinct, qui les guide inexorablement. Ils vont prendre les armes pour s’affronter dans un Ney-York vide, alors qu’ils sont presque les derniers sur terre…  

Le monde, la chair et le diable a un propos mais surtout un traitement adulte. Les personnages ne sont pas des caricatures, le problème de la condition des noirs demeure habilement traité ( ce qui a l’époque dans ce pays demeure courageux, des cinémas pouvaient brûler) mais le thème de l’instinct sexuel qui guide et ronge les hommes jusqu’à la folie demeure réellement brillant. Le résultat est réellement avant-gardiste pour son époque.  

Le monde, la chair et le diable aborde un thème très fort, un des plus puissants même. On l’a également vu dans la dernière fille sur terre, de Roger Corman, mais aussi dans un épisode de la quatrième dimension avec Charles Bronson et il demeure un corollaire des meilleurs films de zombis, dont le Jour des morts-vivants. Le monde, la chair et le diable paraît sans conteste la meilleure version que j’ai vue pour le moment. 

Enfin, c’est aussi l’occasion de rendre hommage à un grand acteur qui aura parcouru de multiples genres et de courants. Mel Ferrer nous a quitté tout récemment à l’âge de 91 ans. Ce grand acteur de l’âge d’or d’Hollywood, marié 5 fois et grand ami d’Elizabeth Taylor, aura traversé la galaxie Hollywoodienne (ok) mais aussi le pire de Cinecitta. On l’aura donc vu dans les plus atroces films de zombies et de Cannibales dans la fin des années 70 et le tout début des années 80. Mel Ferrer incarne pour moi une des pires compromissions en terme de carrière pour un acteur jadis de premier plan. Deux petits films, la secte des cannibales et l’avion de l’apocalypse au  milieu d’une très riches filmographies, mais qui font très tâche !

 

 

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Published by Bastien AYALA
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