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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 08:00

La Sf et le cinéma français paraissent être deux notions distantes, presque incompatibles. Il y a peu d’œuvres françaises qui abordent l’horreur ou la SF ? Pourquoi ? Parce que ce genre n’est pas considéré comme noble et qu’il se faisait étriller par la critique française d’alors, qui préférait ses auteurs de la nouvelle vague, presque exclusivement. Aussi, les films de SF sont des exceptions, des tentatives ou des paris.
Alors que les Italiens tournaient des films d’horreurs, de SF pour les exploiter sur leur sol mais surtout à l’international, les français restaient sagement dans les films de cape et d’épée, dans le registre le plus divertissant dans les années 50 et  60.
Je ne connais qu’une seule exception, remarquable, à ce marasme cinématographique : le ciel sur la tête !  

Le ciel sur la tête date de 1965. Il s’agit d’un film  produit par la Gaumont, qui demeure depuis lors un poids lourd du cinéma français. Entre des œuvres commerciales, le ciel sur la tête fut soutenu par un  producteur de légende, Jean Poiré. L’approche de ce film est française, c’est à dire qu’elle évacue le spectaculaire au profit d’une approche réaliste, froide et quasi-documentaire.  

Le ciel sur la tête raconte une RR 1, c’est à dire une rencontre de type 1 entre un observateur terrien et un objet extra-terrestre. Justement le phénomène était en vogue à l’époque : les journaux reléguaient dans leurs colonnes les cocasseries de témoins d’OVNI qui étaient décidément bien nombreux dans notre douce France !
Il s'agit d'ailleurs d'une peur anscéstrale puisque les Gaulois graignaient ce fait !
Peut-être, en fait sûrement, s’ennuyait-on dans notre France profonde alors un petit coup de trop (la quantité n’est pas définie !), un face-à-face mal défini avec un éclairage trop persistant et pan : l’ovni !  

                                       ( attention : cette photo n'est pas contractuelle !)


Le ciel sur la tête ne prête pas à rire, pas du tout. Le film est réalisé et co-écrit par Yves Ciampi, un réalisateur qui nous a quitté en 1982 et dont la carrière reste hélas confidentiel. Quel dommage car le ciel sur la tête est un chef d’œuvre de concision et il ne ressemble à aucun autre film sur le même sujet.
Une alerte RR 1 sérieuse est transmise à l’armée. Celle-ci prend la mesure très au sérieux car le RR 1 pénètre notre territoire. Il est donc décidé d’envoyer les moyens, et ils sont conséquents. On mobilise donc des pilotes de chasse, les protagonistes principaux, pour aller au contact de ce R R 1. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls puisque les Russes s’affairent de leur côté.

Les chasseurs sont appuyés par le fleuron de nos porte-avions, le Clémenceau si ma mémoire est bonne, et il vont devoir affronter l’inconnu.
Mais cet inconnu, nous est-il hostile ?   

On ne plaisante pas dans le ciel sur la tête ! Nous sommes aux côtés des pilotes après avoir suivi un temps leur vie de tous les jours. Le film a un ton rigoureux, presque documentaire et nous sommes presque dans la peau du personnage principal, joué par André Smagghe.
Seule prestation recensée au cinéma pour André Smagghe, acteur au physique en granit qui semble sorti d’une bd de Buck Danny. Comme dans un roman, nous suivons l’action avec lui car ses pensées ponctuent l’action du film tout en décrivant ses doutes : quel est-cette force inconnue avec laquelle il doit entré en contact ?   

L’autre point fort du film réside dans le crescendo du suspens. La tension ne cesse de monter et on va vers l’inconnu. Pour le tournage, la marine française a largement apporté son soutien puisque il fut possible d’obtenir des images d’un porte-avion en action. Evènement rare quoique impressionnant, le ciel sur la tête se voit octroyer des moyens techniques de premier ordre. Mais toutes les défenses sont tendus vers un objectif, un seul, mais quel est cette lumière lancinante et quel sera le résultat de cette confrontation annoncée ?   

Je vous laisse hélas sur cette interrogation sachant que le ciel sur la tête est une œuvre qu’il est difficile de voir. Toutefois, il appartient à la Gaumont, donc il est susceptible de passer sur le câble. De plus, il est passé jadis sur l’excellent cinéma de quartier de l’indispensable Jean-Pierre Dionnet. Mais pourquoi ne lui a-t-on pas donné de 7 d’or, de récompenses pour son legs tellement incroyable ? Merci Jean-Pierre !

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Published by Bastien AYALA
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