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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 08:07


Brian Michael Bendis est né en 1967, à Cleveland. Comme le rappelle avec malice Brian K.Vaughn, dans l’excellent comics The Escapist, Cleveland a vu naître un nombre incroyable de grands talents des comics, à commencer par deux amis d’enfance qu’étaient Joe Shuster et Jerry Siegel.
Le jeune Brian a très tôt choppé le virus des comics. Il était clair dans son esprit, dès l’âge de 13 ans, qu’il serait un jour un professionnel des comics. Et il visait haut puisqu’il voulait en effet être l’égal de George Perez, c’est à dire un dessinateur !

Pour se faire la main, et en quelque sorte, prendre ses marques et de bonnes habitudes, le jeune Brian va donc s’exercer au dessin, abondamment, en faisant lui-même ses propres histoires. Ces titres de jeunesse reprennent bien sûr les personnages qui le fascinent, essentiellement ceux de Marvel qu’il dévore assidûment.
Il n’a pas négligé, ce sera heureux pour la suite de sa carrière, le travail d’écriture qui est quand même le corollaire du dessin. Ainsi, il a proposé au collège une novelisation des X-men et des Starjammers, il fallait oser quand même ! Son professeur, manifestement ouvert et progressiste, le gratifia d’un A+, soit la note maximale. Un début d’encouragement qui dû rester dans un coin de sa tête lors de ses moments de doute. Et des moments de doute, hélas, il en subira beaucoup.  

De 20 à 25 ans, Brian Michael Bendis subira son chemin de croix. Il est obligé de postuler chez les éditeurs, dont les plus modestes, pour tenter encore et encore de décrocher le premier travail qui en amènerait d’autres.
En attendant, Brian galère et il se souvient encore, mi-amusé, mi-désabusé de ses périodes de vaches maigres. En l’occurrence l’ingrat travail chez Mac Donald qui lui permettait de payer les factures tandis qu’il s’allouait du temps pour se perfectionner, encore et encore malgré les refus. Une longue file de refus qui ne le découragea pas, sachant quelle était sa voie et tâchant de s’y tenir.



Un petit mot  pour son style graphique d’alors. Même s’il a bien sûr connu de grands progrès, dû à un travail exigent et permanent, j’ai cru reconnaître le style de Paul Gulacy, lui-même disciple du grand Jim Steranko. Brian Michael Bendis reconnaît en effet Steranko comme une de ses grandes influences qui, ce n’est pas un hasard. Steranko est reconnu comme l'un des pères du roman graphique.  


Brian Michael Bendis n’a pas de chance. Lui et ses amis de sa générations, que le public actuel connaît puisque ceux-ci sont quand même David Mack ou encore Mike Oeming, vont débuter avec lui chez un éditeur modeste mais dont les succès critiques parlent pour lui : Caliber press. Ce petit label fondé en 1989 a quand même publié prés de 1300 comics, il fut considéré comme le leader des éditeurs indépendants mais il mis la clé sous la porte en 2000… Outre ces grands talents qui font les beaux jours du marché mainstream actuel, citons également la découverte et la publication des premiers travaux de Ed Brubaker mais surtout The Crow, de James O’Barr qui fera grand bruit ! L’échec de cette petite structure est une perte immense  pour l’industrie toute entière, car elle permit la découverte de talents qui trouvent là leur première porte ouverte. Un gâchis !  

Toujours est-il que les efforts répétés de Brian Michael Bendis finissent par payer, puisqu’à défaut de salaires mirobolants, il parvient néanmoins à attirer l’attention de la critique avec la publication de ses premières œuvres, qui sont indéniablement prometteuses. Goldfish demeure en effet très aboutit. Il s’agit d’un roman noir sur les turpitudes d’un joueur professionnel qui va devoir mener une lutte acharnée et complexe dans l’univers de la maffia afin de retrouver son jeune fils. Un des intérêts majeurs de l’intrigue demeure que son plus grand adversaire et la mère de son môme, qui ne se laissera pas déposséder de son bien le plus précieux, quoique son pouvoir de caïd lui tient autant à cœur. Une œuvre intéressante, qui ne fait pas pâle figure par rapport aux romans noirs.  Brian Michael Bendis honore les comics et démontre par la même occasion que ce médium peut se hisser au même niveau que les livres, pour peu que l’on soit quelque peu ambitieux. 

 Brian Michael Bendis  connait  donc un début de carrière long, difficile. Mais il va produire une oeuvre qui va rester et qui va le faire exister aux yeux des critiques et des professionnels : Torso.

 

Note : merci à Franck Mars pour sa collaboration active !


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Published by Bastien AYALA
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Bastien Ayala 13/10/2008 17:42

Oh, oh... Merci Franck pour la correction ! Je me souviens maintenant avoir bien lu Goldfish. Bendis sera là pour les deux semaines de comics qui comprennent la bio et deux œuvres.
La première œuvre, que j'ai choisie, sera l'excellent Torso !

Franck Mars 13/10/2008 12:57

BMB a été une véritable révélation pour moi lorsque je l'ai découvert chez Caliber. Ses premiers pas chez Marvel ont également été plutôt enthousiasment. Je crois qu'il a eu une réelle influence sur le petit monde du comics mainstream en remettant en avant l'importance des dialogues. Dommage qu'il se soit perdu dans les méandres des séries évènements en tout genre.

Un correctif : la série que tu décris n'est pas Jinx, mais A.k.a. Goldfish, une série en 5 parties qui a précédée Jinx. Jinx mettait en scène un personnage féminin.