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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 07:47

2ème partie

Brian Michael Bendis est un tenace. Il a persisté alors que tant d’autres ont abandonné. Il faut dire que le marasme économique des années 90 ont vu le marché s’effondrer de près de 90 % et les lecteurs passer à autre chose. Mais le salut viendra d’un des leaders du marché, un leader qui manque de souffle quelque 5 ans après sa création mais qui lui donnera une opportunité qu’il saisira : Image comics.

Image comics a connu un succès qui laisse songeur. Tous ses premiers titres furent des succès, qui se vendirent en centaines de milliers d’exemplaires pour les premiers numéros. Mais la spéculation s’est effondrée, l’engouement spectaculaire est passée et on a vu un peu plus près, une fois le brouillard dissipé, la valeur réelle des histoires.

Ironiquement, si le mainstream était le créneau majeur de Image, la reposition stratégique d’Image se fera davantage avec des courants créatifs, voire d’auteurs. Un sacré virage en quelque sorte. Mais pour l’heure, en 1997, c’est Todd Mac Farlaine et son Spawn qui tiennent toujours le sommet de l’affiche grâce à des ventes qui sont toujours dans le top 100.
Spawn et Mac Farlaine sont des cas à part. On a l’impression tenace que Mac Farlaine n’est pas capable ou n’a pas la volonté d’insuffler un renouveau, un second souffle à son personnage. Il a d’ailleurs abandonné les crayons au numéro 20 ou peu de temps après et il signe les scénarios. Mais les scénarios à la mode Todd Mac Farlaine sont d’une rare indigence. Si la méthode Marvel consiste à donner un script sommaire, la méthode Mac Farlaine est une page griffonnée à la hâte qui contient les grandes indications, à charge pour le dessinateur de trouver le rythme et la scénographie de l’œuvre.  

De plus, Mac Farlaine laisse sur son titre le même scénariste, Brian Haberlin, qui ne casse pas des briques, il ne les polit même pas. Spawn suit donc son petit bonhomme de chemin, avec quelques déclinaisons dont on se demande même si l’ensemble sert à vendre les jouets de la gamme. 
Mais Mac Farlaine repère Brian Michael Bendis sur Torso et il lui propose une série dérivée sur les détectives qui font partis de l’univers de Spawn, Sam et Switch.

Le concept est infime, tout comme la série centrale, mais Brian Michael Bendis va néanmoins insuffler quelque substance au titre. Mieux, il va raconter une histoire passionnante dans les 10 numéros sur lesquels il travaillera.

L’arc nommé nnn verra enfin quelque chose de passionnant se produire chez Mac Farlane production. Enfin un comics digne d’intérêt depuis l’Angela de Neil Gaiman ou encore le Violator de Alan Moore. 
L’intrigue voit des tueurs sans face débarquer partout et tuer tous leurs opposants. Sam et Switch auront la vie sauve, mais ils la conserve de peu. Si le dénouement déçoit, l’ambiance, le caractère haletant ainsi que l’action sont prenants. Une grande première pour cet éditeur d’Image, mais aussi une grande dernière qui ne durera que guère plus de 10 numéros.

En tout cas, Brian Michael Bendis est repéré par Joe Quesada et il sera le fer de lance de l’ère de Marvel que Joe met en place.  Dessinateur exceptionnel au style qui ne cesse d’évoluer, Joe Quesada a franchi à pas de géant les marches de débutant à celui de rédacteur en chef, en à peine 10 ans !

Joe avait une formation artistique puis il fit quelques travaux pour une boîte de jeux vidéos. Un gamin d’un magasin dans lequel il bossait lui aurait montré le Dark Knight de Frank Miller, ce fut un choc. Il entra dans un comics shop où on lui conseilla un numéro de Watchmen, ce fut un second choc. Quesada tenta sa chance et, prenons un raccourci, il se retrouva chez DC pour dessiner 6 numéros très appréciés de the Ray nouvelle version qui le firent remarquer. Il dessina avec maestria Batman/Azrael, une des toutes meilleures aventures de Batman. Il redesigna le costume du nouveau Batman, une réussite intégrale puis il alla bosser chez Vaillant, la firme qui clama crânement être la troisième du marché, un temps.

Après quelques très bons numéros de Factor-X chez Marvel, avec un Peter David au top de ses capacités, il réflechit aux propositions de Image, qui lui proposa de rejoindre ses rangs. Tout compte fait, en gardant de bonnes relations avec un peu près tout le monde, Joe Quesada finit par ouvrir sa propre boîte de comics avec son copain Jimmy Palmiotti.

Event comics produisit donc différents comics dont le fameux Ash, un gars ordinaire qui trouva lors d’un incendie un mystérieux objet lui conférant des pouvoirs et une apparence hors du commun. Magnifiquement dessinés, Quesada est un des plus brillants de sa génération voire l’un des tout meilleurs, Ash ne bénéficie pas des scénarios qui puissent soutenir sa réussite graphique. Quel dommage…
Après quelques succès d’estime, dont 22 brides, il était devenu évident que Event avait un sacré potentiel mais ne l’exploitait pas correctement, en tout cas pas de la bonne manière.  

La bonne direction prit forme en 1998 avec les débuts de l’aventure Marvel Knight. L’ère Marvel selon Bob Harras, piètre scénariste mais dirigeant à la poigne de fer, se traduisit par une détérioration qualitative de tous les titres de la firme mais aussi de l’usage abusif de crossovers peu convaincants.
Marvel Knight fut donc un deal où des personnages extérieurs, Dardevil (Quesada et Kevin Smith), les Inhumains (Jae Lee et Paul Jenkins) ou encore le Punisher (Bernie Wrightson en petite forme) en encore Dr Strange par le créateur de Concréte (Paul Chadwick).

Le sensationnel, la qualité reviennent enfin chez Marvel, enfin par des tiers. Marvel, qui ne cesse de communiquer agressivement et se vanter de monter les meilleurs projets, parfois des déceptions, peut se vanter de tenir une équipe de grand talent, voire plusieurs et même enfin d’insuffler du sang neuf dans leurs comics.
Ce seront Dardevil, et dans une moindre mesure les Inhumains, qui mériteront cette réputation flatteuse. Les deux autres comics sont quelque peu à reléguer dans un endroit…moins exposés. Qu’importe, la réputation de Joe était établie, et elle repose sur un schéma simple : qualité = auteurs de talents + concepts neufs, ou rénovés. Tiens, c’est le même postulat que l’ère Stan Lee et Jack Kirby presque 25 ans plus tôt !

En 2000, devant l’effondrement créatif et le marasme des ventes, un coup de tonnerre se produisit : Joe Quesasa devint le nouveau rédacteur en chef de Marvel et on nous promettait, vive la magie de la communication moderne, un nouvelle impulsion pour la maison aux idées.  Personnellement, je fus plus mesuré que cela mais d’autres se chargèrent de crier à l’événement, ou du moins de le reléguer.

Toujours est-il que J.Quesada applique une recette simple mais logique : il faut mettre des talents sur les séries les plus porteuses ou emblématiques. Et c’est là qu’intervient le recrutement de Brian Michael Bendis...

 

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Published by Bastien AYALA
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