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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 08:00

3ème partie. 

Pour être juste, c’est David Mack qui fut recruté en premier par Joe Q. Le glorieux run historique sur Dardevil venait juste de finir, avec le départ de l’excellent Kevin Smith, et Joe Quesada devait pallier cette perte. Mack fut donc le premier engagé et, sympa, il plaça ses copains. Joe se montra intéressé par Brian Michel Bendis mais il lui dit tout net que ce n’était pas ses talents de dessinateur qui sont retenu mais bien ceux de scénariste.
C’est peut-être un rien frustrant pour Brian, mais il va enfin pouvoir déployer ses ailes.  

La première grande série sur laquelle Brian s’exerça fut donc Dardevil.
Elle venait de connaître son heure de gloire et, il faut bien le reconnaître, était le fer de lance de Marvel Knight. Joe Quesada soigna donc particulièrement sa vitrine nommée Marvel Knight, et il assigna les meilleurs talents du moments : Bendis et Alex Maleev.
Il fut clamé à l’époque que cette série sera considérée comme culte des années plus tard et qu’elle pourrait marquer le personnage avec autant d’importance que l’ère Frank Miller.
L’annonce est, comme toujours, réellement exagérée chez les cadres de Marvel mais il est vrai qu’elle est très fortement appréciée chez les fans actuels du personnage.

L’ère Bendis/Maleev a un ton, dégage un style assez unique et apporte son lot de souffrances au personnage dont l’intérêt sinon le ressort est d’être maltraité, de subir les pires tourments pour finalement se relever. Justement, DD perdra son identité, verra la « mort » du Caïd mais, le pire du pire, sera affligé par la mort du tigre blanc.
Je ne sais pas si vous avez été marqué par la mort, vraie celle-ci, du tigre blanc ?

 Pour ma part, j’étais jusqu’alors tout content d’avoir au moins un super-héros qui porte le même nom que moi (Hector AYALA) et sa mort, même bien orchestrée avec tout le pathos qui convient, reste encore une mauvaise nouvelle. J’en veux encore à Brian Michel Bendis !
Pour le reste, Bendis et Maleev ont fort bien maîtrisé leur art en s’appropriant la série avec talent et maestria. Bendis nous offre des idées malicieuses, comme le portable que tient Iron Fist et qui permet à DD d’écouter les battements de cœur des suspects.
Définitivement une grande série !  

L’autre grande occupation de Brian Michel Bendis chez Marvel demeure Ultimate Spider-Man. Il s’agissait du fer de lance de la reconquête du marché des comics en convertissant un nouveau public jeune qui pouvait enfin prendre le train en marche.
Peter Parker a de nouveau 15 ans, il va au lycée et les relations avec ses contemporains, à peine changé, sont à nouveau exploitées.

Il s’agit ni plus ni moins, en dépit des annonces de chef d’œuvre instantané, d’un remake de l’ère Stan Lee et Steve Dikto. USM bénéficie d’une attention très soutenue de la critique qui crie au chef d’œuvre. Il est vrai que le ton est moderne, que Bendis joue habilement avec l’histoire officielle pour offrir des rebondissements étonnants mais, à mon avis, USM ne rivalise pas avec la truculence et le savoir faire de Stan Lee sur sa centaine de premier numéros de Amazing Spider-Man.
Mais Brian Michel Bendis s’en sort honorablement, que son run se continue toujours et qu’il apporte encore son lot de surprises, que Bendis caractérise avec talent ses protagonistes et qu’il offre même des péripéties amusantes. Ce n’est pas donné à tous les scénaristes de chez Marvel ou DC !   

Toujours est-il que Brian Michel Bendis mène tranquillement sa barque après quand même 110 numéros, qu’il a même été capable de produire des numéros bimensuels et qu’il ne semble pas à court d’idées.
La seule petite ombre qui le concerne sur USM demeure le fameux numéro 1 qui a été « co-écrit » avec Bill Jemas ; Jeams était un éditeur qui voulait faire bouger les lignes, certes, mais qui avait aussi des velléités de scénariste. Lorsque l’on a offert à Brian Michel Bendis le titre, dont nul ne savait alors si il serait un succès (prudent, les libraires ne commandèrent pas des quantités fantastiques), Bendis hésita.

Il faut quand même prendre en considération que le titre était déjà planifié, cadré par les dirigeants et que sa marge de manœuvre était étroite.
Toujours est-il que le scénario, ou les idées majeures, lui vinrent en une nuit. Pour parfaire son script, il se promena dans des lieux qu’affectionnent les jeunes afin qu’il puisse observer leurs habitudes vestimentaires et leurs comportements.
Il me semble que l’on retrouve quelques similitudes dans le film Spider-Man de 2002, notamment la séquence de la piqûre par l’araignée ou encore la relation trouble entre Spider-Man, Harry et le bouffon vert.  

Si certaines recréations m’ont paru décevantes, le bouffon vert lui-même mais surtout Venom, Brian Michel Bendis demeure incontestablement le maître d’œuvre de USM et il est la preuve qu’une série repose essentiellement sur un scénariste, une sorte d’architecte qui permet à l’édifice de trouver ses fondations, solides en l’occurrence, et de le faire monter vers les sommets. Mais les dessinateurs de USM, qu’en est-il ?

C’est Mark Bagley qui assura quand même un record de numéros sur USM !
Mark Bagley est un professionnel de Marvel comics. C’est à dire qu’il répond toujours présent pour assurer les « coups de feu » lorsqu’on lui demande.
A ses débuts, il dessina 2 épisodes de Visionnaries en…48 heures ! Qui dit mieux ?
Il s’est surtout fait remarqué par l’assez bonne création avec Fabien Niecezia de New Warriors. Une bonne série, solide, qui rivalisa et même surpassa les New Titans de chez DC qui étaient quand même leurs modèles.
Puis il hérita de Amazing Spider-Man où il ne brilla pas tellement en comparaison de Todd Mac Farlaine et de Eric Larsen. Puis il se montra très polyvalent pour assurer des mini séries comme une de Venom ou d’autres choses moins intéressantes.  

Toujours est-il que, en 2000, on lui demanda s’il était partant pour dessiner cette fameuse nouvelle série sur Spider-Man. La ligne Ultimate prenait déjà du plomb dans l’aile puisqu’il fut envisagé Howard Mackie comme scénariste, définitivement pas le bon cheval, et Bagley en tant que dessinateur.
Pour une série qui voulait apporter quelque chose de neuf, USM proposait des vieux pots usés !

Même si les premières couvertures semblaient offrir quelque chose de neuf et d’excitant, Mark Bagley s’en sort honorablement, sans être un haut calibre de la profession tel un Jim Lee mais il a fait de notables efforts et surtout, il est terriblement régulier.
Il ne s’est jamais fait remplacer et il a même répondu présent quand il fallait produire un rythme bimensuel !
Mark Bagley bosse presque 80 heures de travail et il doit même manger à sa planche à dessin !

Il a souvent dit qu’il était tenté par DC et il a finalement sauté le pas sur la série annuelle Trinity qui doit regagner les galons que détenaient 52 mais que Countdown a dilapidé une fois le soufflet créatif éventé.
Toujours est-il que Bagley est un artiste qui certes doit bénéficier de contrats juteux, mais qui pourrait accéder à un niveau supérieur si il expérimentait d’autres pistes. Ce sera peut-être pour un jour pour cet artiste qui ressemble quelque peu à Mark Hammil !  

Quand à Brian Michel Bendis, ni Dardevil ni USM ne constituent les seules aventures mensuelles qu’il est capable de fournir puisqu’il a redresser à lui tout seul une série Marvel qui n’avait jamais connu jusqu’alors autant de succès commercial : les Vengeurs !

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Published by Bastien AYALA
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