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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 08:00

2ème partie 

Jean-Pierre Mocky est donc un cinéaste établi à l’orée des années 70. Son style est connu, le public apprécie ses films qui sont parfois des succès ou des échecs relatifs. Mais surtout, les comédiens apprécient tout autant tourner avec lui puisque après le décès de Bourvil, d’autres deviendront des « réguliers » de Mocky. Celui-ci va continuer à tourner tout en proposant des œuvres tout aussi décalées, osées, innovantes mais surtout iconoclastes.
Les années 70 sont assez intéressantes du point du vue politique.
Après une sorte de chape de plomb, nommons là censure, où il n’était pas possible de remettre en cause le pouvoir de l’Etat et ses dysfonctionnements, Mai 68 semble avoir ouvert une digue.
On assistera donc au film à intrigue politique où un homme seul se dresse contre le système, assez crasseux par ailleurs. Yves Boisset fera des merveilles et Jean-Pierre Mocky l’abordera avec son pertinence.

Pour l’heure, Jean-Pierre Mocky propose encore et toujours une série de films qui n’ont que peu d’ éléments en commun. Citons Solo, l’ombre d’une chance, chut ou encore l’Albatros.
Je suis honnête, je n’ai hélas pas vu tous les Mocky dont cela. C’est quelque part une chance, car je sais que j’ai encore tous ces films à découvrir et je m’en réjouis, grandement car je sais que je vais passer de fort bons moments en leurs compagnies.
Aussi je vais m’attarder quelque peu sur Un Linceul n’a pas de poche.

Le thème est celui du journalisme, activité ô combien primordiale pour le citoyen et que le politique aimerait contrôler à la fois pour combiner dans son coin mais aussi pour obtenir une image valorisante. Après tout, sur quoi nous basons-nous pour élire un politique outre nos « idéaux » politique ?
Le personnage principal, joué par Jean-Pierre Mocky, devra se débattre pour se sauver de ce nid de frelons.  Nous sommes dans les années 70 dont on dit que les magouilles ont commencé sous l’ère Pompidou et il s’agit de sujets en or pour des cinéastes engagés qui n’ont qu’à ouvrir les journaux ou relever des scories de la vie moderne.

L’autre film que je retiens particulièrement est l’Ibis Rouge.
Film encore une fois que seul Mocky est capable de nous proposer, l’intrigue tourne autour d’un tueur qui assassine ses victimes à l’aide d’une écharpe brodée d’un ibis rouge.
Sur ce canevas quelque peu morose, Mocky nous sert une galerie de personnages assez fabuleuse dont un ultime rôle pour le vénérable Michel Simon.
Illustre comédien dont la carrière et l’aura se superpose parfois à Marseille, Michel Simon était alors au crépuscule de sa vie et il ne trouvait plus de rôle alors que la scène et la caméra étaient ses raisons d’être. Jean-Pierre Mocky lui confia ce dernier rôle, farfelu en diable, et les ragots sur les problèmes de mémorisation de texte de M.Simon étaient faux.

L’Ibis Rouge vaut surtout pour sa poésie assez incroyable.
Mocky filme bel et bien dans des décors réels, mais il y a toute une poésie, un décalage avec la réalité, que l’en rencontre que Jean-Pierre Jeunet ou dans le cinéma si particulier de Claude Lelouch. Une œuvre unique donc, emplie d’émotions, qui est une pierre précieuse de plus dans la carrière ciné de Mocky, qui nous a quand même proposé un beau collier.

Le roi des bricoleurs demeure lui aussi hautement recommandable.
Une paire d’entrepreneurs parie sur une maison délabrée afin de la retaper pour la revendre à un Ministre. Sachant que tout le monde, dans le roi des bricoleurs, est un peu pourri, le film peut s’apprécier comme une charge véhémente du monde des affaires, dont le bâtiment qui explosait dans ces années 70.
Ce fut aussi l’occasion pour le comique Sim de passer en premier plan. Si l’on retient de nos jours sa participation aux grosses têtes, Sim est un comédien qui, bien employé, a incontestablement une aura comique.

Mais le roi des bricoleurs demeure surtout pour Jean-Pierre Mocky et Michel Serrault de sceller une belle et profitable association cinématographique qui se terminera… le plus tard possible ! Cette association ou relation de confiance durera 11 films jusqu’en 2007, année où l’acteur est mort en nous prenant tous par surprise. Mais elle offrira de solides fleurons au cinéma français Attention, il faut saisir la nuance : le cinéma français et non le Cinéma français.

Mais cela se déroule surtout dans les années 80…

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Bastien Ayala 27/10/2008 19:13

Bonsoir Alexandre, cela fait un petit moment !
Merci pour les compliments mais, je le regrette, je n'ai pas vu tous les 51 films de Mocky. J'ai dû en voir 15-20 et encore,il faudrait que j'en revois un ou deux dont je n'ai plus grand souvenir .
Sinon, j'en profite pour annoncer que je recule la suite du dossier Brian Michael Bendis pour un hommage à Francis Lacassin. Si vous ne connaissez pas ce grand monsieur qui nous a quitté cet été, ce sera donc une grande éducation. Son hommage sera suivit de la critique de Judex !

Alexandre Bouscary 27/10/2008 13:00

très bien de parler de Mocky !
par contre vois les, Solo et l'Albatros sont très proches dans leur structure, et tous les deux excellents.

Alexandre Bouscary 27/10/2008 11:49

sympa l'article sur Mocky !
par contre, vois les, car Solo et l'Albatros ont la même structure, ils sont très proches.