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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 08:09

Judex est une oeuvre qui, paradoxalement, entretient des rapports de parentés lointains avec les comics. En fait, plutôt que les comics, il s’agit des sérials, ces films divisés en 12 chapitres qui étaient projetés le samedi matin aux kids américains. La firme la plus populaire fut la Republic mais son activité finit dans les années 50 Sur les centaines de sérials américains, seuls une trentaine fut diffusée en France. Pourquoi ? Parce que nous avions nous-mêmes ce type de programmes. Judex est un film, le film qui rend hommage à cet art de l’épique, c’en est même le meilleur fleuron.

Avant de traiter quelque peu Judex, il convient de rappeler le grand cinéaste qu’était George Franju. George Franju (1912-1987) était un critique de cinéma qui s’est tourné après à la réalisation avec des documentaires assez incroyables et fort réalistes. Il a co-fondé en 1936 la Cinémathèque française, une excellente réalisation qui, de nos jours, honore véritablement la pluralité du Cinéma et du Cinéma. Après maintes choses, George Franju est passé à la réalisation grâce à Jean-Pierre Mocky avec le film la tête contre les murs. Il a ensuite donné un film incroyable, les yeux sans visage, ainsi que les nuits rouges. Sa trentaine de réalisation n’est pas connue du plus grand nombre, mais les films cités, dont Judex, font le bonheur de nombreux cinéphiles, et pour cause.

Judex était le projet de cœur de George Franju pour rendre hommage à la magie des romans feuilletons de son enfance, surtout Fantômas. Il s’agit manifestement d’équivalents aux sérials mais je n’ai pas trouvé de terminologie précise. Ils sont nommés les romans feuilletons cinématographiques. Pour en revenir à Judex, des problèmes de droit ont incité George Franju à créer son propre personnage qui a un contexte très agent secret/ comics/ bd populaire, mais avec une direction artistique sans faille.

Judex, justicier en latin, concentre ses efforts sur le banquier Favraux, qui a gagné son statut et sa place en tuant, trompant depuis ses débuts. Favraux reçoit un ultimatum qui le somme de restituer l’argent gagné honteusement avant la fête qu’il donne pour les fiançailles de sa fille, sans quoi il meurt. Le mot est signé Judex. Favraux engage donc un détective assez savoureux, Cocentin, mais il s’écroule lors de la fameuse scène de bal, de toute beauté, à l’instant dit.

Sa fille l’enterre mais la préceptrice de sa fille, en réalité une belle garce, cambriole les papiers du banquiers véreux afin d’exercer quelques chantages lucratifs. Mais elle intercepte un coup de fil de Favraux qui est bien vivant, car séquestré en réalité par Judex. Si Judex a des ressources incroyables, la préceptrice se révèle être une guêpe des plus venimeuses.

Difficile de revenir en détails sur les incroyables péripéties qui émaillent le film, car Judex a une intrigue qui ne cesse de rebondir avec des lignes et des situations qui ne cessent de varier.

On peut même parler d'intrigues, car c’est une addition d’intrigues, qui ne cessent de bouger. Opposant des oersonnages aussi dangereux l’un contre l’autre, Judex est aussi une réussite du point de vue du scénario, le mérite en revient à Louis Feuillère et aussi à Francis Lacassin qui a récrit l’adaptation sans temps mort tout en préservant une habile et bienvenue caractérisation de tous les personnages.

Judex est donc un incroyable hommage, une brillante réactualisation, un film de tout premier ordre qui, s’il date un peu, demeure à découvrir avec une curiosité toute aiguisée ! Beau travail Mrs Lacassin et Franju ! Vous avez donné un film qui résiste aux dommages du temps, qui est susceptible de plaire aux nouvelles générations mais aussi qui, quelque part, immortalise un super justicier que les bandes dessinées françaises n’ont pas développé ! Etonnant quand même ?

Bonus : La fameuse séquence du bal du début qui résume bien le charme envoûtant de Judex. Chaque personnage est régi par une chorégraphie. Les masques d’oiseaux sont mémorables, chaque personnage principal est personnifié par un rapace qui reflète sa personnalité. Si vous la voyez pour la première fois, laissez-vous aller !

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

fred 21/11/2008 19:01

Super boulot... J espère que Jean Pierre a vu sa... Pense aussi a faire un post sur mon projet golden comics Bastien