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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 08:00

4ème partie.  


Mocky le raconte bien dans un ouvrage que je vous relaterai plus tard : des gens qu’il a formés ou qui ont commencé avec lui lui tournent maintenant le dos. D’autres qu’il a vu commencer en bas de l’échelle ne lui font plus la faveur de l’écouter et de le considérer. Bref, certains se décourageraient dans de pareilles conditions, mais pas Jean-Pierre Mocky !

L’année 2000 le voient réaliser, année faste, 3 films que sont Tout est calme, le Glandeur, la Candide Madame Duff. Pas mal pour un réalisateur à qui on tourne le dos, les  financiers, et qu’une certaine bienséance aimerait voir en retraite.
Justement, Jean-Pierre Mocky est un auteur et il a encore bien des choses à produire, à créer, et surtout il a toujours le soutien de ses acteurs. Que ce soit des seconds rôles qu’il sait très bien mettre en valeur, Jean Abeille, Dominique Zardi, des chanteurs tels Eddy Mitchell ou Dick Rivers auxquels il propose des rôles assez intéressants, ou encore les fidèles –surtout Michel Serrault, Jean-Pierre Mocky est un cinéaste qui offre des rôles mémorables pour des acteurs que les autres ont tendance à cataloguer.

Mais les budgets baissent, voire relèvent de l’auto-production avec des chaînes privées ou du câble. C’est cela la télé moderne : une multitude de chaînes mais des programmations qui paraissent formidablement uniformes et proposent peu d’intérêt. Ainsi, quand la TNT fut lancé, ils ont communiqué sur le retour d’Albator 78. C’est certain, ça vaut la peine de s’abonner à ces chaînes !?
Toutefois, Jean-Pierre Mocky parvient quand même à arracher des partenariats qui lui permettent de tourner des films, mais dans des conditions de tournage frugales et rapides. Quelle gâchis de la part des télévisions modernes qui ne le reconnaissent pas en  tant qu’auteur moderne et qui déversent des millions d’euros dans des productions acéphaliques !


Mais les titres se succèdent dans une joyeuse cadence, une belle performance alors que des cinéastes-divas-auteurs mettent des années à proposer un nouveau métrage. De telles affres de la création, Mocky ne connaît manifestement pas et il nous propose Les araignées de la nuit, le fameux Furet avec Lonsdale, Serrault, Jacques Villeret et Dick Rivers. Suivent Touristes oh yes, mais aussi le Bénévole.

Si j’avais un Mocky à voir en priorité, ce serait ce bénévole tourné avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h. Lors d’une interview, Bruno Solo a rendu hommage à Mocky et il a emmené son pote Le Bolloc’h dans ce tournage. Fin cinéaste, ce qui est à rajouter à son crédit, Bruno Solo a mis en avant la carrière fabuleuse de Jean-Pierre Mocky et il a exprimé sa satisfaction à participer à ce tournage. Malin et averti, Jean-Pierre Mocky traite du travail des bénévoles, qui en France dépassent le million, qui est détourné par des âmes peu scrupuleuses…

Un bon sujet, un solide casting, le Bénévole paraît plus que solide…

Viennent après le Deal, les ballets écarlates et 13 French Street, des films qui souffrent d’un manque de diffusion, quoique Laurent Ruquier l’ait invité une paire de fois dans son émission, on n’est pas couché.

Jean-Pierre Mocky s’est donc pris en mains pour bouger. Fait rare, il a acheté un cinéma, pas n’importe lequel, pour pouvoir contrôler lui-même sa distribution. Une distribution limitée ? De toute façon, la tendance est faite au produit de masse, je n’ose pas écrire film, qui sera projeté dans un maximum de salles en un temps limité. Mocky propose donc ses films, ses programmations, dans ce cinéma mythique, un des derniers grands des années 50/60 qui déversaient jadis des quantités de films en double programmes pour des spectateurs qui ne connaissaient en majorité que le cinéma. Le Brady fut donc le dernier temple du double programme consacré au fantastique. Norbert Moutier consacra un de ses remarquables fanzines sur le Brady. Son dynamique directeur de salles d’avant confessait qu’il lui était âpre de trouver des films anciens car les droits des films étaient presque tous épuisés…

Une salle mythique donc, que j’irai visiter quand je retournerai à Paris.

Jean-Pierre Mocky a renouvelé de fond en comble le Brady, et il diffuse ses films dans un cinéma qui est devenu superbe. Il se rend également dans des villes de province où il présente ses films devant un public occasionnel, ou plutôt événementiel, puis il assure la promotion de ses œuvres après une conférence. De manière amusante, Jean-Pierre Mocky avoue lui-même qu’il revient aux grands débuts du cinéma, lorsqu’un cirque itinérant allait apporter la lumière dans une ville, comme avec un cirque, où la bobine était le trésor que l’on soignait au mieux.

Mais pourquoi donc un tel cinéaste, d’un calibre de haut rang, n’est-il pas mieux mis en valeur ou récompensé dans son propre pays ? La réponse a déjà été partiellement donnée, mais elle mérite au minimum que l’on fasse le tour du sujet…


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Published by Bastien AYALA
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