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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 18:39

 

Cette looooongue série d’articles est né de la lecture du livre, des plus intéressants, de Jean-Pierre Mocky nommé cette fois je flingue. Un livre passionnant, que je vous incite à acheter ou à vous faire prêter. Mais pour une fois, je laisse la parole au maître lui-même avant d’entrer plus en avant dans les détails ! Cliquez ici.

Jean-Pierre Mocky a une carrière fabuleuse, d’exception. Il a connu tant et tant d’artistes, réalisateurs, acteurs, musiciens, scénaristes, producteurs, journalistes et Ministres de la culture. Son livre fourmille d’anecdotes, dont une fraction seulement ont servi à réaliser ces articles, mais il dresse un tableau sans concession de la « grande famille du cinéma » dont il semble quelque peu mis à l’écart.

Il faut quand même insister que, ceci est patent, Jean-Pierre Mocky a un caractère qui lui est propre, spécial et entier. Ceci l’a manifestement aidé autant que cela l’a desservi.
Ainsi je le perçois comme un individu, non une personne, qui n’a pas de temps à perdre et qui suit sa voie. Il trouve vain certaines conventions et il les a toujours transigés. S’il a fait tourner les plus grands du cinéma français, nommons les plus réguliers qui furent Bourvil et Serrault, il a toujours eu des rapports orageux avec les producteurs puisqu’il est royalement fâché avec…pas mal de monde.

Cette partie de son livre demeure assez intéressant, il décrit les rites et les coutumes du cinéma français qui l’ont exaspéré mais surtout il énumère certains producteurs avec lesquels il est en froid.
On peut commencer par les journalistes, qui ont tendance à se donner le mot comme des insectes pour descendre une œuvre de concert, avec celui qui trouvera la phrase la plus sentencieuse ou ironique afin de descendre l’œuvre avec panache. Le film est haché menu mais le critique peut s’enorgueillir de son trait d’esprit. Ce chapitre nommé les journalistes ne sont pas des chiens, rend honneur à certains mais en descend nommément d’autres. La liste et les circonstances sont dans ce chapitre. Jean-Pierre Mocky raconte une anecdote fabuleuse : le grand Jean Marais est tombé sur un critique assassin dans un restaurant et il l’a contraint à manger son papier vénéneux !

Il raconte également que certains de ses anciens assistants ou personnes à qui il a mis le pied à l’étrier lui ont splendidement tourné le dos. Il en donne la liste ce qui permet de, pour une fois, de passer le rideau de fumée qui cache cette partie peu reluisante du cinéma français. Jean-Pierre Mocky n’oublie pas pour autant les Ministres de la culture. Seuls André Malraux et Jacques Lang étaient selon lui des Ministres compétents et pouvant comprendre les artistes.

Le reste, il démontre qu’il ne s’agit que de relations de complaisance, de promesses sans suite ou tout simplement de politiques qui sont mis à ce Ministère faute de mieux. Jean-Pierre Mocky raconte une splendide anecdote, quand Catherine Trautmhan, Maire de Toulouse d’alors, a accepté un rendez-vous avec lui. Son assistante décommande la veille, mais il avait quand même envie d’aller au restaurant le lendemain. Il a justement aperçu la dite Ministre en train de déjeuner avec une papesse de la mode !

Jean-Pierre Mocky démonte en outre les mécanismes de l’avance sur recettes, de ce réseau obscur et manifestement partial que certains ont, et d’autres jamais ! Que ce système est basé sur l’art du courtisan et que son esprit initial est dévoyé. Un formidable bout du bouquin…

Enfin, il y a ce passage fabuleux et poignant de Alexandre Manivel, un aspirant cinéaste qui lui écrit une lettre superbe et poignante pour lui demander un coup de pouce. Jean-Pierre Mocky se fend donc d’une réponse dans son livre, en forme d’état des lieux, qui constituent le moment fort du livre. Cette réponse peut aussi s’apprécier comme un testament, d’un cinéaste rageur qui est finalement, toujours sorti des rangs. Mais à propos, quel type de statut ou de classification peut-on donner à Jean-Pierre Mocky ?

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Published by Bastien AYALA
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