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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 07:23


Exercice difficile que de proposer un avis, de statuer sur un cinéaste qui a tant fait et tant accompli dans tous les genres ou presque, qui a tourné avec les plus grands du cinéma français tout en ayant une culture encyclopédique du cinéma.  Toutefois, il faut quand même que je boucle ce cycle sur Jean-Pierre Mocky par une conclusion.
Mais avant mesurons encore une fois l’hauteur de sa stature.


Le caractère de Jean-Pierre Mocky demeure lui-même des plus singuliers.
Voilà un homme qui n’aime pas perdre de temps avec les usages mondains et les hypocrisies sociales qui jalonnent la bonne société. Notre homme est au-dessus de cette inanité et il n’en a d’ailleurs pas tiré le meilleur parti, c’est évident. Ce tempérament est d’ailleurs artistique, par essence. Je suppose, laissez-moi cette liberté, que l’homme est tourné par l’avenir, préoccupé par ce qu’il doit encore accomplir et que jamais son besoin d’accomplir, de produire une œuvre, ne semble se tarir.

Jean-Pierre Mocky a pu emmener des vrais personnalités dans ses films.
Ne parlons pas des « acteurs commerçants » mais de vrais passionnés.
Que ce soit les rôles principaux, ou dans les seconds rôles, Jean-Pierre Mocky aime les seconds couteaux pittoresques, une véritable galerie de rôles, de personnalités forment une addition de talents impressionnantes.
Jean-Pierre Mocky parvient aussi à obtenir la participation de chanteurs à qui il a proposé des rôles intéressants et remarquables. Citons Dick Rivers, Nino Ferré qui a composé la musique de l’Albatros et qui a également joué dans Litan un personnage fort intéressant.
Mais celui qui a été le mieux servi demeure, à mon sens, Eddy Mitchel dans A mort l’arbitre.
Il s’agit d’un de ses meilleurs rôles et il est formidablement bien mis en valeur si bien que l’on s’en souvient des années après, surtout de son destin final.


Jean-Pierre Mocky a des budgets qui sont moindres, des conditions de tournage indignes de sa personne, de son talent et de sa stature. Et alors ?
Personnellement, je méprise quelque peu les grands films hollywoodiens qui se foutent de moi en alignant des dizaines de millions de $ dans un film et oublie complètement de proposer un scénario digne de ce nom. Des bouses en diamant telles que Independance Day, Godzilla, Bad Boys, Mission Impossible 2 ou encore tellement d’autres me débéctent de plus en plus par la viduité qu’elles érigent en norme.

Jean-Pierre Mocky ou les jeunes cinéastes talentueux ont le mérité de proposer des œuvres, des films parfois imparfaits, certes, mais qui ne proposent pas de schéma usé jusqu’à la corde et qui n’endorment pas mon encéphalogramme jusqu’à devenir plat et, finalement, inopérant.
Mocky n’a plus de budget valable ?

C’est une honte alors qu’il pourrait être subventionné par des chaînes comme Arte, former des bataillons de jeunes cinéastes ou techniciens qui pourraient alors mettre le pied à l’étrier, événement très précieux dans une carrière où le clinquant du Cinéma dissimule bien des conditions miséreuses et douloureuses.
L’argent gagné dans les Julie Lescaut, ou autres séries que je ne regarde jamais, ne peut pas être redistribué dans un circuit novateur qui  permettrait à de vrais talents de faire leurs premiers pas ?
Mais n’est-ce pas le but du CNC et des chaînes de télévision de soutenir la création ?

Au lieu de cela, nous avons des blockbusters franchement loupés ou indignes comme Arsène Lupin ou Belephégor (mais comment peut-on parvenir à un résultat aussi indigent ?). Ce genre d’affaires continuent à se produire et on perd une chance de tirer parti de l’expérience exceptionnelle de Jean-Pierre Mocky, une honte…



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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Eric Lavigne 20/11/2008 11:26

Bonjour, j'ai découvert votre blog en cherchant des informations sur Jean-Pierre Mocky. Ce fut une belle surprise de tomber sur une série conséquente d'articles documentés qui tentent véritablement d'appréhender ce cinéaste. De plus, en parcourant votre blog, j'ai pu constater que vous aimez la variété au sens large, BRAVO !