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26 novembre 2008 3 26 /11 /novembre /2008 08:20

Brian Michael Bendis a beaucoup galéré pour devenir un pro, beaucoup. De ses débuts laborieux chez Caliber jusqu’à l’arrivée chez Marvel, assez vite sur des titres porteurs, il est vrai, le chemin de croix a été long. Les boulots alimentaires ont été longs, et pénibles. Il n’est pas rare, surtout dans ses premières interviews en fait, que Brian Michael Bendis y fassent référence et qu’il avoue, implicitement, qu’il ne souhaite jamais y retourner.


Ainsi Brian Michael Bendis a adopté un comportement très « corporate », c’est à dire qu’il s’est pleinement immergé dans le moule Marvel. Ce moule Marvel, quel est-il ? Ma foi un peu près ce que vous lisez, c’est à dire des séries multiples qui visent à dédoubler un succès (Mighty Avengers qui a justifié Civil War), ou encore à les répliquer (Ultimate Spider-Man, qui ne tient que grâce au talent de Bendis) ou encore les gros events téléphonnés (House of M, justement).


Brian Michael Bendis se plie à ces turpitudes éditoriales, parfois de bonne grâce, parfois de mauvaise grâce. Ainsi, il a avoué dans un Comic Box que les récentes réunions créatives chez Marvel, où chacun réagissait et apportait sa pierre à une histoire voire même la corrigeait, ne lui convenait pas du tout. LA méthode existe depuis longtemps dans le milieu des comics. Elle a donné fortuitement naissance chez DC à la mort de Superman car la storyline annuelle avait été trouvée trop moyenne (pourtant, le niveau était alors bien bas !). Aussi Jerry Ordway a dit : « Tuons-le ! ». Les séries télé aux USA se font comme cela mais Marvel a adopté cette méthode de travail, elle a le mérite d’avoir donné naissance jusqu’ici à des séries aux concepts spectaculaires, ce qui n’est pas dans le style de Bendis.


La méthode de travail de Brian Michael Bendis est justement des plus intéressantes, il aime travailler dans son coin, seul, la nuit. Brian Michael Bendis est donc un animal solitaire mais surtout très productif. Il a avoué avoir parfois jusqu’à 6 mois d’avance sur ses séries mensuelles ! En outre, il apprécie recevoir des suggestions de ses pairs dessinateurs qu’il inclut parfois dans ses intrigues. Cette remarque semble contredire l’histoire des réunions de travail, nous y reviendrons. Pour le reste, il dit avoir eu l’idée du script définitif de Ultimate SM en une nuit mais il n’a pas voulu se hâter et il a été traîné dans un centre commercial pour capter l’air du temps ou les coutumes des ados. C’est cela Bendis, un scénariste ultra-rapide, concis, qui est aussi ultra fiable. Aussi il a pleinement la confiance des éditeurs, qui savent tranquillement qu’il accomplira son travail dans les délais et ils peuvent même lui confier une surcharge de travail, que ce soit des mini-séries supplémentaires ou alors même tenter de lui confier le fameux crossover annuel, clé de voûte commercial de tout éditeur qui se doit d’être réussi, ou à défaut de présenter un potentiel excitant.


On a donc pu avoir Bendis sur le lancement d’Elektra, ce qui était un certain atout commercial car Bendis était, il l’est encore, un nom commercial. Sa réussite chez Marvel a été médiatiquement orchestré en haut lieu puisque Bill Jemas lui-même ne tarissait pas d’éloges sur ses dispositions à l’écriture : il est bon, excellent et chacune de ses séries sont des must à acheter. Une réussite qui est confirmée depuis déjà plus d’un septennat. Un petit bémol encore, le même précédemment exposé que dans la première partie de cette conclusion, consiste à appréhender sa grande productivité comme de très bon niveau, mais qui ne se hisse quand même pas aux cimes du comics book… C’est dommage, réellement regrettable….

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Published by Bastien AYALA
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