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15 décembre 2008 1 15 /12 /décembre /2008 19:07

Personnellement, j’adore les films d’horreur comiques de la mouvance de Bad Taste, Meet the Feebles ou encore Brain Dead. Toutefois, il y en a un qui peut se comparer sans problèmes aux autres. Il est oublié des critiques car il est certain qu’il n’a pas eu une grosse diffusion, juste en vidéo dans nos contrées : il s’agit de Blood Dinner. Et il est tonique !


Blood dinner traite de deux frangins dégénérés, les frères Tutman. Leur pedigree familial est quelque peu compliqué : leur oncle était un illuminé religieux qui voulait le retour sur terre de la déesse Shitar, plus forte que Superman. Il a péri quelques années plus tôt après avoir troussée une victime plutôt que de la tuer. Pour expier ses fautes, il s’est coupé ses précieuses et il se dirigeait avec elles dans sa main pour aller voir ses neveux. Bien qu’abattu par la police, il continue à subsister dans un bocal, ses yeux rattachés à son cerveau et il dirige ses neveux.


L’ambition de la petite famille consiste donc à faire revenir la déesse Shitar dans cette époque. Or pour cela, il faut suivre un procédé magique qui implique de lui fabriquer un corps parmi plein de jeunes filles, puis de suivre un rituel bien contraignant. Pour réussir leur entreprise folle, les frangins et l’oncle travaillent dans un restaurant nouvelle cuisine, qui n’en est pas vraiment un !


A y regarder de plus prés, le succès incroyable du restaurant vient en fait des recettes de cuisine du culte, qui ne sont pas végétariennes contrairement à leur publicité, loin de là ! Les frangins vont donc tenter de trouver les éléments pour le corps de la déesse (la bonne conjonction des astres est proche), échapper à la surveillance d’une police dont les membres masculins sont vraiment peu doués, se débarrasser d’un concurrent qui suspecte des irrégularités dans leur recette, les inspecteurs des fraudes et de la consommation…Comment vont-ils faire, surtout qu’ils sont un  brin crétin !


Blood dinner est réellement divertissant, surtout amusant. En fait, il aligne les belles séquences comiques avec de belles moments mémorables. Les gags sont nombreux : les hommes sont vraiment crétins, les flics ramassent les morceaux de corps dans des sacs poubelles, l’inspecteur réfléchit en se grattant instinctivement son flingue sur la tête et le coup part...

Et ce n’est pas finit : la Déesse Shitar n’est pas du genre aimable, un des frères manque de se faire tuer par une victime, femme, qui lui en remontre particulièrement alors que son petit ami est K.o…

Le tout finit dans un joyeux foutoir finit en apocalypse total où les frères, des zombies, la déesse Shitar et les flics s'affrontent !


Blood dinner est une relecture du premier film gore de l’histoire, Blood feast.

Le papy des films d’horreur, qui date de 1963 par Hershell Gordon Lewis, demeure un film poussif et baclé. Il fut tourné en vidéo, en une dizaine de jours avec des effets spéciaux rudimentaires. Pour comprendre le lien de parenté entre les deux films, Blood dinner serait une suite officieuse, l’oncle serait le tueur de Blood feast et il tue également pour célébrer le festin de cette fête sanglante. Film hautement oubliable, Hershell Gordon Lewis fera beaucoup mieux avec son second film, 2000 maniaques, qui parvient réellement à mettre mal à l’aise.

Hershell Gordon Lewis en fera quelques autres, inédits en France, puis il explora d’autres domaines qui n’ont rien à voir avec le cinéma (dont directeur d’une clinique d’avortement !).


Blood dinner est quand même dû au talent de sa réalisatrice, Jackie Kong, qui a fait preuve d’un vrai talent pour la mise en scène ainsi qu’un sens certain pour l’humour transgressif et anti-macho, ce qui est somme toute assez rare.

Dommage que sa carrière ne s’est pas poursuivi pour connaître le succès que Blood dinner laissait présager.

Blood dinner demeure presque son dernier film, ce qui est réellement un gâchis. Blood dinner fut produit par Vestron, une des boîtes qui s’est effondré dans les années 80 mais dont le succès majeur était le Dirty Dancing, deux films aux antipodes l’un de l’autre !


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Published by Bastien AYALA
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