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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 08:00

5  L’ère Bob Harras.


Les comics sont en pleine déconfiture, les titres étaient très nombreux mais la qualité était, elle, rare. Les ventes chutaient à un point tel qu’on se demandait si le média allait mourir.

Pour redresser la barre, et barrer d’urgence, les actionnaires misaient sur l ‘homme qui éditait la famille de série la plus lucrative qui avait toujours la côte : les X-Men.

Et ils s’attendirent à ce que Bob Harras fassent aussi bien en appliquant la même recette à l’ensemble des autres titres Marvel. Nous allons voir en détail la composition de la  dite recette, et franchement, elle est indigeste.


Tout d’abord, Bob Harras est l’homme de l’exploit, celui d’avoir déboulonné Chris Claremont de son poste après 16 ans passés sur les X-men. Non seulement Claremont a développé un univers incroyablement florissant, avec plein de personnages attachants, mais il a toujours répondu présent quand il fallait créer un nouveau titre X pour multiplier les achats des fans, et faire fructifier la franchise pour devenir à-elle seule le pivot de Marvel (on écrivit même qu’elle pouvait être aussi conséquente un temps que les ventes de DC !).

Mais Harras est directif et il personnifie l’éditeur qui est capable de rejeter un script sous prétexte qu’il ne correspond pas « aux attentes de la firme et à l’essence du personnage ».

Aussi il réécrit les scénarii de ses auteurs, en les modifiant sans prévenir, ce qui provoque des clashs. Ainsi Marvel perd sa seconde étoile majeure après Kirby (Stan Lee est toujours dans le circuit pour faire sa promotion) et on renouvelle la confiance à Harras.

Il occupe donc en 1995 le poste d’éditeur en chef et les pires catastrophes s’abattent sur les personnages de Marvel.


Tout d’abord, c’est le règne des auteurs/éditeurs où les histoires se font en interne, presque comme une famille consanguine. Les Jo Duffy, Howard Mackie, oTom De Falco, Danny F., Louise Simonson et Bob prirent les rennes pour donner leur vision des personnages. Si des éditeurs ou des gens issus de leurs rangs furent parfois bon, citons Anne Nocenti ou Claremont, Peter David ou encore Mark Waid, on allait lire dans cette période des sacrés catastrophes en terme d’inspiration et de créativité.

La pire est la saga des clones où cette pénible histoire allait durer sur deux années. Pire, le Spider-man que l’on connaissait n’était pas le bon mais le clone de l’ère Gerry Conway !

Idéal pour les vieux lecteurs qui gardaient jusqu'alors de bons et solides souvenirs et qui furent attachés affectivement à Spider-man pour apprendre que leur personnage est finalement bafoué.


Fantastique également pour les nouveaux lecteurs qui doivent assimiler de telles scories qui rendent métaphysique et alogique toute approche rationnelle de l’univers Marvel.

Le serpent se mord la queue et il approche de sa tête.

De plus, Stan Lee arrive et clame que finalement, une année dans la réalité correspond à six années dans le Marvel Universe ! Le coup de grâce !

C’est donc la pire des périodes Marvel où les décisions les plus folles sont prises comme le rachat de Malibu pour que les personnages de ce catalogue soient finalement mis de côté.

MarveL achète un réseau de distribution et oblige ses acheteurs à leur régler plus vite, c’est un naufrage pour les boutiques indépendantes (beaucoup vont mourir) et Marvel devra revenir sous le giron de Diamond qui devient l’unique distributeur de comics depuis lors !


 On est content des nouvelles numérotations des comics à 0, des heroes reborn avec ce nul de Rob Liefeld, puis le heroes return. Quand les personnages sont à ce point utilisés pour servir l’éditorial, ils perdent de leur substance et de leur aura auprès de leurs lecteurs qui se détournent, prennent leur distance, consultent les œuvres des auteurs plus matures ou même, jettent l’éponge !


On est loin du charme de l’ère Stan Lee avec des histoires denses et fraîches.

La fusion Marvel/Mac Do est totale et ma foi, Marvel occupe le terrain de l’événementiel.

Ce sera une des caractéristiques de Marvel, une communication d’enfer sur le tout nouveau projet à la mode qui se doit d’être super hot, prenons 1402 par exemple, et qui au final se révèle être moyen une fois le buzz passé, puis carrément dispensable une fois relu les années écoulées.

C’est à mon sens la méthode Marvel qui, pour un très bon Ultimate, survente des comics dispensables (Ultimate X-men, les FF hors M.Millar).


Pour revenir sur la période Harras, la firme tombe en banqueroute en 1996, et c’est très ironique. Personne ne sait quoi faire au juste, alors on confirme Bob aux manettes.

Et c’est reparti pour des histoires parfois dénuées de substances qui grève notre attachement aux histoires. Le renouvellement créatif de 1998 avec Heroes for Hire, Alpha Flight, Deadpool (celui-là connaît un bon début), Maverick, Kazar et autres joyeusetés est un échec sans appel. Quasiment aucun des ses titres ne survit, alors que Claremont revenu sur les X-men est plus proche de l’éditorial.

Il nous promettait alors du sensationnel et de nouvelles idées fraîches. 

On attend toujours !


Il n’en sera rien si ce n’est que quelques comics lisibles et variablement sympa mais pas comparables avec le DC post-Crisis. Il y a bien John Byrne qui s’amuse tout seul avec ses relaunch dispensables de Hulk (où il sabote l’origine en touchant aux fondations du mythe), Spider-man (tout le monde s’accorde à le trouver enfin lisible mais guère plus) et les premiers X-men dans la période manquante entre la première mouture et la seconde de Giant X-men (vive le vent nouveau !).

Bref, Marvel entame la côte d’amour de ses personnages auprès du cœur des lecteurs et beaucoup se lassent et peu de nouvelles troupes ne vient pour compenser. On en arrive à un tirage maximum de 100.000 exemplaires, ce qui est ridicule pour 300 millions d’américains !


Le vent frais et nouveau vient de Joe Quesada et ses Marvel Knight, un prestataire de service extérieur qui apporte enfin de la qualité sur Dardevil et les Inhumains.

L’aura est plus grande que le résultat lui-même, les autres titres seront passés sous silence critique, et il sera retenu en 2000 au poste d’éditeur en chef. Comme toujours Marvel clame là qu’une nouvelle ère de qualité va illuminer les comics ! J’en doute…


Pour conclure, Marvel est davantage une boîte où le média comics n’est plus qu’une partie de l’empire (un tiers, le plus négligé). Il rapporte moins que les licences et que le cinéma puisque Marvel devient un acteur à part entière.


La firme est naît de la créativité de quelques créateurs en pleine possession de leur moyen. Mais qu’en est-il désormais ? D’abord, depuis l’affaire Kirby, la firme a une sale réputation pour les créateurs : Kirby a été spolié, Len Wein ne touche rien sur Wolverine, Les royalties que touchent Claremont sont floues et les créateurs du Ghost Rider ont-ils été célébrés ? Rien n’est moins certain… Le dernier personnage majeur est Venom. Il faut remonter encore avant pour dénicher Elektra.

Qui ferait cadeau d’un personnage à potentiel à une firme qui ne vous reverserez que dalle alors que des producteurs prolixes en déclarations empochent des millions de dollars ? Ni vous, ni moi…

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Coverdale jr 16/02/2009 19:15

Très interessant tout ça, bravo. Par contre fais gaffe aux fautes d'orthographe...