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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 08:00

4ème James Bond avec Roger Moore, Moonraker est un film d’aventures assez extravaguant.

Il est à mon sens assez symptomatique des films de la série telle qu’elle a dévié des romans de Ian Fleming depuis Opération Tonnerre, en 1965. James Bond ne se contente plus de faire du renseignement, il sauve le monde régulièrement et de menaces de plus en plus folles.

Celle Moonraker est à la fois extravagante, tout comme le film mais le film passe  comme du petit lait. Retour sur un film qui mérite une analyse pour en soulever les lièvres.

Le film commence par le rapt d’une navette spatiale en plein vol. Un des pilotes la détourne et elle disparaît des radars ( ?). C’est assez inhabituel et peu réaliste, mais nous sommes toujours dans la fiction (cela va d’ailleurs monter d’un cran).

James Bond enquête donc sur un magnat suspect, Drax, qui possède et développe la technologie des fusées spatiales. Il s’avère que la piste d’Hugo Drax est complexe à suivre puisqu’elle mène à Venise, pour une savoureuse séquence de gondole de type James Bond qui se transforme en aéroglisseur. Là encore, un grand moment puisque c’est après une enquête que James Bond se fait attaquer. Tout est improbable, voire délirant dans cette séquence : les pièges qui lui sont tendus, sa gondole spécifiquement faite pour Venise, les hors-bords qui l’attendent… On est dans le grand spectacle !

L’enquête, ne parlons plus d’intrigue tellement elle est confuse, superficielle et elliptique, mène notre agent à Rio. Après quelques démonstrations hilarantes de Gadgets, Bond se heurte au requin, qui a justement une mâchoire contre lui depuis le dernier opus de la série !

Encore une séquence des plus insensées, mais amusante, sur un téléphérique qui défie les lois de la pesanteur et notre agent triomphe.

Son nouvel indice le mène en Amazonie où, sur un bateau, il se fait attaquer par d’autres hors-bords qu’il malmène grâce à des savoureux gadgets puis il avait, heureux hasard, un deltaplane prêt à l’emploi qui lui permet de triompher des chutes d’eau.

Plus bas, il parvient comme par miracle dans un Eden repli de jolies jeunes femmes. Il triomphe d’un anaconda avec la pointe de son stylo. Chanceux, cet endroit se trouve justement être le centre de lancement d’Hugo Drax. Dans l’Amazonie, il fallait y penser !

Bond se rend par subterfuge, avec Miss Goodhead (Roger Moore révèle qu’en argot, ce surnom signifie bonne suce...e), dans une navette spatiale qui l’amène à une base orbitale indétectable !

Le fin du fin en matière d’improbabilité !

Comment avoir pu édifier un tel édifice dans l’espace ?

A quoi servent donc les satellites Russes et Américains ?

Il n’y a donc aucun observatoire compétent ?

Il s’en suit une furieuse bataille stellaire où les américains se battent à coups de pistolets lasers tels que vous n’en rencontrerez encore jamais.

Bref, ce James Bond est fait avec malice, dynamisme et art.

Il parvient sans mal à nous faire gober des énormes scories dans le scénario, à passer joyeusement sur les invraisemblances nombreuses.

Ce qu’il y a d’amusant à observer, ce sont les connecteurs, les liaisons scénaristiques si vous préférez, entre les scènes. Nous, spectateurs, sommes tellement absorbés dans le spectacle que nous mettons de côté notre sens critique qui nous permet de prendre la distance nécessaire pour analyser les invraisemblances majeures du film.

Spectacle fort plaisant qui résistera à l’épreuve du temps, Moonraker fut un énorme succès mondial en son temps. Il a surtout permis aux plus jeunes de faire la connaissance de James Bond, même si celui-ci est déjà fort ben éloigné des premiers films de la série.

Moonraker fut également un succès en termes de merchandising et autres produits dérivés.

Il éloigne définitivement le personnage de la plausibilité, déjà bien entamée, du rôle de l’espion pour en faire un personnage hautement fictif.

D’ailleurs, Albert Broccoli et Roger Moore ne s’y sont pas trompés puisque le James Bond suivant, rien que pour vos yeux, sera plus tourné vers de l’action pure et épuré des fameux gadgets.

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Published by Bastien AYALA
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commentaires

Stefff56 12/03/2009 16:54

Pas vraiment d'accord avec toi, puisque pour moi Moonraker est l'un des pires Bond.

Je me permets d'apporter quelques infos supplémentaires :

- Le film sort en 1979, curieusement après le succès énorme de Star Wars.
La légende dit que c'est grâce à ce succès que ce "Bond dans l'espace" a été entrepris.

- Georges Beller, animateur de France 2, apparaît dans les rangs des sbires du méchants (habillés de jaune si ma mémoire est bonne).

- C'est la seconde (et dernière) apparition de Jaws dans la saga.

- La tentative d'humaniser Jaws est ridicule.

- Ce n'est pas tant le fait que Bond aille dans l'espace qui me gêne (après tout, les Bond se sont toujours appliqués à retranscrire les goûts de leur époque, cf. Vivre et laisser mourir), mais que le détachement général laisse à croire que personne n'y croit dans l'équipe de réalisation.